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CREPUSCULE A WATERLOO

Le duc de Wellington à Waterloo, par Robert Alexander Hillingford (1825-1904), coll. part.

L'épopée napoléonienne s'achève le 18 juin 1815 à une vingtaine de kilomètres au sud de Bruxelles, entre les villages de Waterloo et Mont-Saint-Jean.

 

L'empereur Napoléon 1er (45 ans) est vaincu par une coalition anglo-prussienne conduite avec brio par le duc de Wellington, né Arthur Wellesley (45 ans), et le feld-maréchal prussien Gebhardt von Blücher (72 ans !).

 

Sa défaite va clore la période révolutionnaire et inaugurer en Europe près d'un siècle de prospérité et de paix relative, sous l'égide de monarchies conservatrices.

 

Fin des Cent-Jours

Onze mois après son départ pour l'île d'Elbe, où il avait tenu le rôle d'un roi d'opérette, Napoléon 1er a réintégré le 20 mars 1815 son palais des Tuileries.

 

Réunis en congrès à Vienne, les Alliés viennent tout juste de s'entendre sur les conditions de paix avec la France et se disputent sur le sort du royaume de Saxe que la Prusse veut démembrer à son profit. Ils ne sont pas loin de se faire la guerre !

Pris de court par le retour du proscrit, ils refont leur unité et le déclarent hors la loi. Ils le livrent à la vindicte publique «  comme ennemi et perturbateur de la paix du monde  ».

 

 

Le retour de l'Empereur, 20 mars 1815 (lithographie de François-Joseph Heim)

 

L'empereur des Français tente dans un premier temps de convaincre les coalisés de son désir de paix.

Mais ses avances étant repoussées, il n'a d'autre choix que de ranimer l'esprit de la Révolution et retrouver le soutien des classes populaires, artisans et paysans, qui craignent le retour de l'Ancien Régime et honnissent les émigrés royalistes.

 

Face à la menace d'invasion, il ne se hasarde pas pour autant à relancer la conscription. Il n'est plus question non plus pour lui de recourir à des contingents étrangers.

 

Avec l'armée royale et les vétérans, il arrive à reformer une armée d'active de 290.000 hommes à laquelle s'ajoute la garde nationale, une armée auxiliaire de 220.000 hommes.

 

Pour défendre en premier lieu la frontière du Nord, il réunit en toute hâte 125.000 vétérans, soit à peu près la moitié de toute l'armée française.

Sa stratégie est limpide : battre ses adversaires séparément pour bénéficier à chaque fois de l'équilibre des forces. Il décide d'attaquer les Anglais et les Prussiens en Belgique, avant qu'ils ne soient rejoints par les Autrichiens et les Russes.

 

Le suicide du fidèle maréchal Berthier, le 1er juin, vient contrarier ses plans. Il perd avec lui un excellent chef d'état-major qui savait à la perfection traduire et transmettre ses ordres. Il le remplace par le maréchal Soult, bien que celui-ci se soit compromis comme ministre de la Guerre de Louis XVIII.

 

 

Les forces en présence

Les ennemis de Napoléon n'ont pas encore démobilisé leurs troupes quand ils décident, le 10 mars 1815, de constituer une septième coalition pour faire face au retour de l'Aigle. L'Angleterre, l'Autriche, la Prusse et plusieurs autres États allemands, la Russie et l'Espagne rassemblent au total 800.000 hommes.

 

Arthur Wellesley, 1er duc de Wellington (30 avril 1769, Dangan Castle, Irlande – 14 septembre 1852, Walmer, Kent), par Francisco de Goya (1812-1814), National Gallery

 

Début juin 1815, cinq armées sont déjà sur les frontières de la France : l'armée d'Italie sur les Alpes (près de 95.000 hommes), l'armée austro-bavaroise sur le haut Rhin, sous les ordres du prince Charles-Philippe de Schwarzenberg (près de 250.000 hommes), l'armée russe de Barclay de Tolly (225.000 hommes)... Enfin, sur le bas Rhin, l'armée prussienne de Blücher (environ 135.000 hommes) et, dans les Pays-Bas, l'armée anglo-néerlandaise de Wellington (environ 90.000 hommes).

 

 

Notons que l'armée de Wellington compte un 1er corps de 25.000 Néerlandais sous le commandement du jeune prince Guillaume d'Orange-Nassau (22 ans) et un très important détachement hanovrien (allemand) d'environ 20.000 hommes, la King's German Legion (KGL).

Les Britanniques ne sont au total guère plus de 25.000, soit moins du tiers des effectifs.

 

 

Napoléon dispose quant à lui de 90.000 hommes, dont 22.000 cavaliers, et 366 canons. L'armée inclut les 26.000 hommes de la Garde impériale commandés par le général Antoine Drouot, ainsi que le 1er corps d'armée de Drouet d'Erlon (20.000 hommes), le 2e corps de Reille (22.000 hommes), le 6e corps de Mouton, le 3e corps de cavalerie de Kellerman (3700 cavaliers) et le 4e corps de cavalerie de Milhaud (3000 cavaliers). À quoi s'ajoute le détachement du maréchal Grouchy : environ 35.000 hommes.

 

 

15, 16 et 17 juin :

Napoléon inspecte la plaine de Waterloo la veille de la bataille (détail), par Brown (musée de Bordeaux)

 

À la tête de ses troupes, Napoléon pénètre le 15 juin dans ce qui deviendra la Belgique. C'est la dernière fois dans l'Histoire européenne qu'un chef d'État commande en personne une opération militaire...

 

Il traverse la Sambre à Charleroi en vue de se placer entre les deux armées ennemies.

 

Première déconvenue : le général comte de Bourmont, ancien chouan et royaliste tardivement rallié à l'Empereur, choisit de déserter avec son état-major. Le feld-maréchal Blücher refuse avec mépris de recevoir ce « jean-foutre ». Bourmont aura plus tard l'honneur de commander l'expédition d'Alger et recevra le bâton de maréchal pour ce fait de gloire...

 

 

Côté anglais, le duc de Wellington a déjà vaincu au Portugal et en Espagne des maréchaux français mais n'a jamais affronté directement Napoléon 1er.

Informé de son approche, il ne se démonte pas. Le soir venu, il se contente d'une brève apparition au bal de la duchesse de Richemont, à Bruxelles, auquel il était invité ainsi que ses officiers. Là-dessus, il prend la route de Waterloo.

 

 

Gebhard Leberecht von Blücher1 (16 décembre 1742, Rostock - 12 septembre 1819, Krieblowitz - Mecklembourg), portrait par George Dawe

 

Le 16 juin, Napoléon envoie son aile droite commandée par Grouchy contre les Prussiens de Blücher, surnommé Vorwärts («  En avant !  »).

Contre les Anglais, il envoie son aile gauche commandée par le maréchal Ney, lequel a pris la tête de la cavalerie en lieu et place de Murat, qui a dédaigné de rejoindre l'Empereur. 

Ce dernier se tient prêt à porter secours aux uns et aux autres.

 

Les Prussiens sont battus à Ligny, non loin de Fleurus, entre Charleroi et Namur. Blücher chute de son cheval et manque d'être capturé mais son armée se retire néanmoins en bon ordre grâce au sang-froid du chef d'état-major, le comte de Gneisenau.

 

Napoléon n'a pu anéantir l'armée prussienne faute d'avoir obtenu à temps le renfort du 1er corps d'armée, son commandant Drouet d'Erlon ayant reçu des ordres contradictoires.

 

Pendant ce temps, Ney a la surprise de se heurter au gros des troupes anglaises au lieu-dit Les Quatre-Bras, à l'intersection des routes Bruxelles-Charleroi et Namur-Nivelles. L'affrontement est rude et donne l'avantage au maréchal. 

 

Le lendemain, 17 juin, Napoléon, dans l'indécision, laisse les Anglais se retirer vers le nord. Ils vont se retrancher solidement sur le plateau de Mont-Saint-Jean, au sud du village de Waterloo. L'Empereur ordonne à Grouchy de poursuivre les Prussiens et d'empêcher leur jonction avec les Anglais.

 

18 juin :

Les cuirassiers français chargent les carrés anglais (détail), par Félix Philippoteaux (musée Wellington, Londres)Enfin arrive la rencontre fatale.

Napoléon veut affronter au plus tôt les Anglais.

 

Il projette d'empêcher leur jonction ultérieure avec les Prussiens par une attaque sur leur gauche, malgré un terrain médiocre. 

 

Le champ de bataille est exigu, d'environ 3 à 5 kilomètres de côté, avec le plateau de Mont-Saint-Jean et, plus au sud, le plateau de la Belle-Alliance, une taverne où s'est installé l'Empereur. Les deux plateaux sont séparés par un vallon et distants de 1200 mètres. 

 

Les Anglais tiennent le hameau de Mont-Saint-Jean et ont fortifié les fermes voisines de Papelotte et la Haye-Sainte. Ils ont aussi fortifié la ferme de Hougoumont, cachée dans un bois et que ne peuvent voir les Français.

 

Wellington a choisi son terrain. Comme son infanterie est moins habile que les Français à la manoeuvre, sa tactique, mise au point en Espagne, est simple : mettre en avant l'artillerie et les tireurs d'élite ; placer l'infanterie derrière les crêtes, hors de la vue de l'ennemi. 

 

Le sol ayant été détrempé par un violent orage survenu la veille, l'artillerie française se déplace mal et Napoléon doit donc différer l'attaque jusqu'à la fin de la matinée.

 

Quand celle-ci débute enfin, à 11H30, les défenses anglaises se montrent d'une redoutable efficacité, en particulier à Hougoumont. Leurs tireurs et leurs canons font des ravages parmi les fantassins de Drouet d'Erlon et de Jérôme Bonaparte, le frère de l'Empereur.

 

Et voilà qu'à 13h, Napoléon, de son poste d'observation de la ferme du Caillou, aperçoit sur sa droite la cavalerie prussienne de Bülow qui s'apprête à rejoindre les Anglais. Décontenancé, il charge le général Mouton de l'arrêter au niveau du village de Plancenoit, avec une partie de ses réserves, dont la Jeune Garde.

 

L'Empereur reporte par ailleurs le gros de ses efforts sur le centre de l'armée anglaise. Il s'agit de défaire Wellington avant que n'arrive Blücher...

 

Vers 16 heures, le maréchal Ney emporte enfin la Haie-Sainte, au centre du dispositif ennemi, après avoir franchi avec ses cavaliers un redoutable chemin creux. La ferme de Papelotte est prise aussi. Wellington fait mine de se retirer et sans doute y songe-t-il vraiment. 

 

Aussitôt, Ney charge les carrés anglais. Il croit la victoire proche et réclame à Napoléon des renforts pour en finir. Las ! Les réserves ont déjà été employées pour arrêter les avant-garde prussiennes.

 

 

Emmanuel de Grouchy (Paris, 23 octobre 1768 ; Saint-Étienne, 29 mai 1847)

 

Dans un sursaut d'énergie, les carrés anglais résistent au choc et la cavalerie de Kellermann tourne autour d'eux sans pouvoir les briser.

 

Le maréchal Ney, au seuil du désespoir et n'attendant plus rien de ses reniements successifs, cherche une mort qui ne vient pas. À pied, tête nue, ayant déjà perdu cinq chevaux sous lui, il hèle ses hommes : « Venez voir comment meurt un maréchal de France ! »

 

Pendant ce temps, les avant-garde prussiennes attaquent avec un certain succès la droite de l'armée française, commandée par le général Lobau.

 

À la fin de la journée, à 19h30, Wellington s'avance au-devant de ses troupes et donne l'ordre de la contre-attaque générale : « Tenez ferme, mes garçons ! Que dirait-on de nous, en Angleterre, si nous quittions d'ici ? ».

 

Napoléon se résout à donner la Vieille Garde, l'élite de l'élite, jusque-là tenue en réserve. Mais elle recule elle aussi sous le feu nourri des Anglais. Et c'est alors que Blücher et le gros de son armée débouchent de façon inattendue sur le flanc de l'armée française...

 

Comment ne pas citer ici Victor Hugo même si son récit est plus fulgurant qu'historique !

 

« Le soir tombait ; la lutte était ardente et noire.
Il avait l'offensive et presque la victoire ;
Il tenait Wellington acculé sur un bois,
Sa lunette à la main, il observait parfois
Le centre du combat, point obscur où tressaille
La mêlée, effroyable et vivante broussaille,
Et parfois l'horizon, sombre comme la mer.
Soudain, joyeux, il dit : "Grouchy !" - C'était Blücher. »
(Les Châtiments, 1853).

 

 

Dans ses récits ultérieurs, Napoléon fera porter à Grouchy une responsabilité écrasante dans la défaite.

 

D'aucuns reprocheront même au maréchal d'avoir préféré finir son dessert de fraises en compagnie de l'aubergiste de Wavre plutôt que de céder aux instances de ses officiers qui le suppliaient de « marcher au canon ».

 

Dans les faits, il semble qu'il n'ait rien eu à se reprocher. Il n'a reçu qu'à midi l'ordre d'arrêter les Prussiens à Wavre et s'en est correctement acquitté.

 

 

La bataille de Waterloo (William Sullivan, 1898)

La débandade

Pierre Cambronne (Nantes, 26 décembre 1770 ; 29 janvier 1842)C'est la débandade aux cris de «  Trahison !  ». La Garde impériale, le corps d'élite de l'armée française, n'échappe pas au sort commun. Elle aussi s'enfuit à l'exception de deux bataillons de grenadiers, dont celui du général Cambronne, qui se disposent en carré et font front.

 

Le général Pierre Cambronne, cependant, n'a jamais prononcé le mot ni la formule que lui a prêtés la postérité. La formule « La Garde meurt et ne se rend pas !... » lui a été attribuée six jours après la bataille par Le Journal général de la France dans le désir de sauver l'honneur de la Garde...

 

Quant au Mot, il a été inventé un demi-siècle plus tard par... Victor Hugo dans Les Misérables : « ... Braves Français, rendez-vous ! Cambronne répondit : Merde ! ».

 

Les cuirassiers français chargent les carrés anglais (détail), par Félix Philippoteaux (musée Wellington, Londres)

 

Napoléon 1er, après avoir un moment cherché la mort en s'exposant au feu ennemi, est entraîné par ses officiers loin de la canonnade et hissé sur un cheval.

 

Bien qu'ayant cruellement souffert des hémorroïdes (!) pendant toute la journée, il doit de cette façon quitter le champ de bataille, en abandonnant sur place ses confortables berlines.

 

Il retourne à Paris pour sauver ce qui peut l'être de son trône et laisse le commandement des dernières troupes à son frère Jérôme.

 

La France perd à Waterloo sa prééminence militaire en dépit de quelques ultimes faits d'armes comme celui de Grouchy à Wavre, le lendemain, et celui d'Exelmans à Rocquencourt, près de Paris, le 1er juillet 1815.

 

 

Pour l'Empereur vient l'exil définitif à Sainte-Hélène.

 

Le soir venu, les pillards de tous poils se ruent sur les bagages et les armes abandonnés par les Français, cependant que les chirurgiens anglais pratiquent les amputations à la chaîne. Beaucoup de blessés, faute de pouvoir être sauvés, sont fusillés sur place.

 

Le peintre anglais William Turner a donné de Waterloo, en 1818, une dramatique représentation qui montre non les combats mais la dramatique solitude des blessés et des vaincus au soir de la bataille.

 

 

Le champ de bataille de Waterloo (William Turner, 1818, Tate Britain Gallery)
Médisance

Selon une rumeur tardive, le banquier Nathan Rotschild aurait été informé de la défaite de Napoléon alors que les Londoniens croyaient encore que Wellington avait fait retraite. La Bourse étant en chute libre, le banquier en aurait profité pour acheter un maximum de titres au plus bas, d'où l'origine de son exceptionnelle fortune !... Il ne s'agit en fait que d'une fable aux relents antisémites qu'aucun mouvement boursier exceptionnel ne vient corroborer.

 

 

Épilogue

Le bilan des pertes au cours de la journée du 18 juin est évalué à 25.000 Français morts ou blessés et 7.000 disparus ; 15.000 Anglais et 7.000 Prussiens. Total des morts : 10.000. Mais ce bilan demeure très incertain du fait de nombreuses désertions sur le champ de bataille.

 

 

La bataille avait dans un premier temps été baptisée par les Français d'après Mont-Saint-Jean où s'étaient déroulés les principaux combats. Mais c'est en définitive le nom de Waterloo qui prévaudra, d'après le village où Wellington rédigea son compte-rendu au soir de la bataille.

 

Le général anglais s'est vu attribuer la gloire de la victoire, sans doute de façon excessive. Il a plusieurs fois commis des erreurs tactiques et, au milieu de l'après-midi, se disposait à battre en retraite quand ont surgi les premiers Prussiens. Aussi devrait-il par équité partager les lauriers avec son allié Blücher... Pour cette raison sans doute, les Britanniques tiennent Waterloo en moindre estime que d'autres victoires comme Azincourt (1415), Trafalgar (1805) ou la Bataille d'Angleterre (1940). 

 

 

Waterloo marque la fin de l'épopée napoléonienne. C'est aussi la dernière grande bataille «  façon XVIIIe siècle  ». Un demi-siècle plus tard, en Crimée, en Italie et aux États-Unis, surviendront des batailles autrement plus meurtrières, dans la boue des tranchées et sous le feu de la mitraille, préfiguration des batailles du XXe siècle.

 

 

La rencontre de Blücher et Wellington au soir de Waterloo (Rugendas, musée de l'Armée, Paris)

Concluons avec Victor Hugo :

 

« Waterloo ! Waterloo ! Waterloo ! morne plaine !
Comme une onde qui bout dans une urne trop pleine,
Dans ton cirque de bois, de coteaux, de vallons,
La pâle mort mêlait les sombres bataillons.
D'un côté c'est l'Europe et de l'autre la France.
Choc sanglant ! des héros Dieu trompait l'espérance ;
Tu désertais, victoire, et le sort était las.
O Waterloo ! je pleure et je m'arrête, hélas !
Car ces derniers soldats de la dernière guerre
Furent grands ; ils avaient vaincu toute la terre,
Chassé vingt rois, passé les Alpes et le Rhin,
Et leur âme chantait dans les clairons d'airain ! »
(Les Châtiments, 1853)

 

 

Waterloo  morne plaine... pas tant que ça !

Proche de Bruxelles, le site de la bataille a attiré dès le lendemain des foules de curieux, inaugurant ainsi le «  tourisme de mémoire  ». Il est aujourd'hui en partie protégé de l'urbanisation galopante de l'agglomération bruxelloise.

 

 

La butte du Lion, sur le site de Waterloo (Belgique), DR

 

En son centre, on peut voir un tumulus artificiel de 52 mètres, la Butte du Lion, érigé entre 1823 et 1826 à l'endroit présumé où le prince Guillaume, futur roi des Pays Bas, a été blessé. Du haut du tertre se découvre l'ensemble du Champ de Bataille, resté intact.

 

Au sommet des 226 marches est juché un lion en fonte, symbole de la victoire alliée. De façon prématurée, il «  annonce le repos que l'Europe a conquis dans les plaines de Waterloo  ».

 

 

Reconstitution de la bataille de Waterloo (photo : Grégory Bellemont)

 

Deux musées valent la peine d'être visités : le musée Wellington à Waterloo et le musée de Ligny.

 

Tous les ans, des milliers de passionnés d'Histoire et de nostalgiques de l'Empereur se réunissent sur le champ de bataille de Waterloo pour des spectacles et une reconstitution de la bataille. Les manifestations du bicentenaire doivent accueillir 200.000 visiteurs les 19 et 20 juin 2015... soit davantage que de soldats deux siècles plus tôt.

Waterloo dans les livres et au cinéma

La bataille a donné au cinéaste soviétique Sergueï Bondartchouk le prétexte à un film à grand spectacle : Waterloo (1970), avec l'acteur américain Rod Steiger dans le rôle de Napoléon... et 20.000 soldats de l'Armée rouge pour la figuration de la bataille. C'est, aux dires de l'historien Jean Tulard, le meilleur film sur l'épopée napoléonienne et nous partageons pleinement son avis.

 

 

Côté lecture, Waterloo donne lieu à de nombreuses publications comme toute la geste napoléonnienne. Parmi les titres récents, citons le petit livre très didactique de François Pernot, 1815... Waterloo ! (Honoré Champion, 2015, 144 pages, 9,90 euros).

 

Accordons une prime spéciale au livre très documenté et au ton romanesque de l'historien Alessandro Barbero : Waterloo (Flammarion, 2008, 520 pages, 9 euros).

 

Antoine Reverchon a par ailleurs publié une uchronie perspicace : Et si Napoléon avait gagné à Waterloo ? (Économica, 2015, 19 euros) dans laquelle il montre qu'après tout, une victoire de l'Empereur n'eut pas été si nuisible que cela au Vieux Continent. Le journaliste a aussi supervisé un supplément très documenté dans Le Monde daté du 18 juiN 2015.

 

26 septembre 1815

Signature de la Sainte-Alliance

 

Le 26 septembre 1815, le tsar de Russie Alexandre 1er, l'empereur d'Autriche François 1er et le roi de Prusse Frédéric-Guillaume III signent à Paris le pacte de la Sainte-Alliance.

Sur les décombres de l'empire napoléonien, abattu quelques mois plus tôt à Waterloo, ces trois monarques absolus s'engagent à promouvoir les préceptes de justice, de charité et de paix «au nom de la Très Sainte et Indivisible Trinité des trois puissances orthodoxe, catholique et protestante» !

 

 

Frédéric-Guillaume III, François 1er et Alexandre 1er

 

Ils veulent surtout se garantir mutuellement contre toute nouvelle offensive révolutionnaire ou libérale dans une Europe en ébullition et assurer la pérennité de l'Acte final du Congrès de Vienne.

 

Dans les mois suivants, le pacte va évoluer vers une alliance à quatre avec l'Angleterre, sous l'influence du ministre autrichien Metternich et du secrétaire britannique aux Affaires étrangères Castlereagh.

 

Cette Quadruple-Alliance veut prémunir l'Europe contre un réveil guerrier de la France. Elle veut aussi garantir le statu quo en Europe en organisant périodiquement des congrès internationaux.

 

 

Les Quatre deviennent Cinq

La France de Louis XVIII, libérée de l'occupation étrangère, a la satisfaction de rejoindre la Sainte-Alliance en 1818. C'est ainsi que l'Europe va vivre dans une paix relative pendant près d'un demi-siècle, hormis quelques expéditions militaires destinées à restaurer les monarchies.

 

En 1823, l'ambassadeur de France à Londres, qui n'est autre que le poète et vicomte François de Chateaubriand, obtient l'aval des trois autres souverains de la Sainte-Alliance pour intervenir en Espagne, où le roi Ferdinand VII est menacé par un soulèvement libéral.

 

Une expédition peu glorieuse à Cadix et la prise du fort du Trocadéro permettent à l'armée française de rétablir le despote sur son trône.

 

Chateaubriand, devenu entre temps ministre des Affaires étrangères, se félicite que la France ait renoué à peu de frais avec la gloire militaire...

 

Plus sérieusement, la bourgeoisie européenne tire parti de la nouvelle stabilité politique pour faire entrer le continent dans la Révolution industrielle.

 

 

20 novembre 1815

Second traité de Paris et fin de l'Empire

Le traité de Paris du 20 novembre 1815 sanctionne le retour de Napoléon de l'île d'Elbe et sa défaite à Waterloo.
 

Du premier traité aux Cent Jours

L'année précédente, après l'abdication de Napoléon 1er, les vainqueurs avaient permis à la France de conserver ses frontières de 1792 par le premier traité de Paris (30 mai 1814). Ils s'étaient contentés de lui enlever les conquêtes de la Révolution tout en lui laissant Mulhouse, Montbéliard, le comtat Venaissin, la Savoie, les forteresses de Marienbourg, Philippeville, Sarrelouis et Landau, ainsi que la plupart de ses colonies à l'exception de l'île de France (qui deviendra l'île Maurice), Sainte-Lucie et Tobago, dans les Antilles.

 

Les Français ayant restauré la monarchie, le roi Louis XVIII se montre prêt à tous les arrangements et «octroie» une charte constitutionnelle...

 

 

Malheureux Cent Jours

Cependant sur l'île d'Elbe dont il est devenu le prince, en conservant le titre d'empereur (!), Napoléon 1er cultive la nostalgie de sa famille, du pouvoir et de la guerre. Son épouse Marie-Louise n'a pas attendu son abdication de Fontainebleau pour s'enfuir à Vienne auprès de son père l'empereur d'Autriche, en emmenant leur fils.

 

S'étant refait une santé, l'ex-empereur quitte son île en catimini et débarque par surprise à Golfe-Juan, le 1er mars 1815, avec 900 grenadiers. Il profite du mécontentement latent chez les paysans et surtout dans l'armée pour s'emparer du pouvoir et chasser les Bourbons.

 

 

 

Malgré l'invocation de la Liberté et de la Révolution par l'ancien autocrate, cette escapade dure à peine cent jours avant de s'achever à Waterloo par la défaite militaire (18 juin 1815). Les conséquence des Cent-Jours vont s'avérer désastreuses pour la France.

Des vainqueurs moins accommodants

Les diplomates européens réunis à Vienne pour refaire le monde n'ont même pas à interrompre leur congrès. Ils laissent l'affaire aux militaires et signent l'Acte final du Congrès le 9 juin 1815 avant même que Napoléon n'ait été battu. Les délégués des grandes puissances se retrouvent à Paris cinq mois plus tard pour signer un second traité en vue de liquider les séquelles de la Révolution et de l'Empire.

 

 

Tremblants de frayeur rétrospective, les Alliés se montrent beaucoup plus durs que l'année précédente lorsqu'il s'agit de négocier un nouveau traité avec la France. Celle-ci perd des terres qui étaient siennes depuis longtemps. Le duché de Bouillon et les forteresses allemandes de Philippeville et Marienbourg sont cédées aux Pays-Bas. Sarrelouis et Sarrebrück sont cédées à la Prusse. Landau est remise à la Bavière, le pays de Gex à la Suisse, la Savoie au roi de Piémont-Sardaigne.

 

 

La France doit aussi payer une indemnité de 700 millions de francs et subir l'occupation étrangère pendant trois ans.

 

L'historien Jean Tulard conclut : «Le retour de l'île d'Elbe a en effet été malheureux, à plusieurs titres. Premièrement, parce qu'il s'est mal terminé. Deuxièmement, parce qu'il a fallu restituer les oeuvres d'art prises à l'étranger. Troisièmement, parce que nos frontières ont dû être à nouveau rectifiées. Quatrièmement, parce qu'il a jeté le trouble dans l'esprit des fonctionnaires qui ne savaient s'ils devaient rester fidèles à Louis XVIII ou se rallier à Napoléon».

 

On pourrait ajouter que l'ex-empereur y a gagné la palme du martyre en échangeant la principauté tranquille de l'île d'Elbe contre un exil dans la lointaine Sainte-Hélène.

Vers le redressement

Le gouvernement du roi Louis XVIII va appliquer à la lettre les termes du traité, ce qui lui vaudra de réintégrer le concert des nations européennes trois ans plus tard.

 

Guidés par l'école romantique, les Français se consoleront en exaltant le souvenir de la Révolution et de l'Empire.

 

5 mai 1821

Mort de Napoléon 1er à Sainte-Hélène

 

Le 5 mai 1821, Napoléon 1er s'éteint dans sa maison de Longwood, à Sainte-Hélène, un îlot perdu au milieu de l'Atlantique sud où l'ont exilé les Anglais en 1815 après la défaite de Waterloo et son abdication. Il n'a pas 52 ans.

 

 

Hors la loi

 

Napoléon 1er, mis hors la loi par les représentants des puissances européennes réunis en congrès à Vienne, a vite compris qu'il n'avait aucune indulgence à attendre d'eux.

 

Joseph Fouché, son ancien ministre de la police, lui suggère de quitter Paris pour Rochefort, un port de l'Atlantique, en l'entretenant dans l'espoir d'une fuite aux États-Unis. L'ancien ministre de la Police veut surtout qu'il libère la place au plus vite.

 

Napoléon se rend d'abord au château de Malmaison, près de la capitale, où plane encore le souvenir de Joséphine de Beauharnais, son amour de jeunesse, morte un an plus tôt, le 29 mai 1814, des suites d'un refroidissement sur l'étang de Saint-Cucufa.

 

Arrivé à Rochefort avec le dernier carré de fidèles, l'ex-empereur s'aperçoit que la flotte anglaise bloque le port. Un ordre de Paris, sans doute émis par Fouché, lui interdit qui plus est de faire marche arrière. Le voilà à la merci des Anglais, qui ne cachent pas leur haine de «Bony», surnom donné à Bonaparte.

 

Risquant le tout pour le tout, il adresse une lettre au Prince Régent d'Angleterre, le futur Georges IV :


«Altesse Royale,


En butte aux factions qui divisent mon pays et à l'inimitié des plus grandes puissances de l'Europe, j'ai terminé ma carrière politique et viens, comme Thémistocle, m'asseoir sur le foyer du peuple britannique. Je me mets sous la protection de les lois que je réclame de Votre Altesse Royale, comme du plus puissant, du plus constant et du plus généreux de mes ennemis».

 

Las, ce beau discours n'émeut pas les Anglais. Le 16 juillet, Napoléon, dans son uniforme favori de colonel des chasseurs de la Garde, embarque sur le Bellorophon sans aucune cérémonie. Le navire se rend en Angleterre mais on se garde bien de laisser le prisonnier mettre le pied sur le sol anglais. C'est qu'il pourrait dans ce cas bénéficier des garanties juridiques de l'Habeas Corpus.

 

Il est transféré sur le Northumberland et conduit à Sainte-Hélène, sans espoir d'évasion. On lui laisse choisir trois officiers pour l'accompagner : le général Bertrand, grand maréchal du Palais, le général de Montholon, aide de camp, et le général Gourgaud, officier d'ordonnance. Embarque aussi le comte de Las Cases, conseiller d'État, qui a l'avantage de parler anglais.

 

Suivent les épouses de Bertrand et Montholon, le fils de Las Cases, le valet de chambre Bertrand, le maître d'hôtel Cipriani, le (faux) mamelouk Saint-Denis, dit Ali, le chirurgien irlandais O'Meara et quelques autres domestiques. Au total une cinquantaine de personnes.

 

 

Tout ce petit monde s'installe dans une maison de maître en partie délabrée, Longwood, sur les hauteurs de Sainte-Hélène. Cette partie de l’île, peu engageante, infectée de multiples insectes, est soumise tantôt à une chaleur torride, tantôt aux pluies, sans oublier le brouillard et une humidité persistante. «Le diable a chié cette île, envolant d’un monde à l’autre !», s’exclame en arrivant l’épouse du général Bertrand, qui n’en croit pas ses yeux.

 

 

Même le gouverneur britannique de l’île, sir Hudson Lowe, reconnaît l’état vétuste des logements : «Ni le mobilier, ni l’aspect général ne correspondent à ce qui pourrait être fourni à un officier dégradé de général dans tout autre endroit, car le tout est d’une qualité très en deçà de ce qui équipe ma maison, écrit-il dans un rapport à son ministre de tutelle.

 

 

 

Albine de Montholon devient la maîtresse de l'auguste reclus, histoire de le désennuyer ; de retour en France, elle accouchera d'un enfant qui mourra en bas âge.

 

Certains exilés volontaires n'attendent pas la mort de Napoléon pour rentrer en France. Ainsi du comte de Las Cases, pressé de publier les confidences de l'empereur, qui trouve habilement moyen de se faire expulser dès le 30 novembre 1816. Le général Gourgaud se fait expulser à son tour après une dispute avec Montholon.

 

Pendant les premières années de l'exil, les habitants de Longwood ne vont cesser de jouer au chat et à la souris avec le gouverneur de l'île, sir Hudson Lowe, terrorisé par la crainte que son prisonnier ne s'enfuie. Ses multiples vexations et maladresses vont contribuer à embellir la légende de l'Empereur victime de la perfidie anglaise.

 

 

La fin de l'épopée

Napoléon ressent en mars 1820 une première et violente douleur au ventre. Il comprend que sa fin est proche. Dans les mois qui suivent, son état se dégrade très vite. Selon le diagnostic publié par le gouverneur britannique de l'île après son autopsie, sa mort aurait été provoquée par un cancer de l'estomac, comme celui qui emporta son père. Elle a été accélérée en tout cas par l'amertume de l'exil.

 

 

À Paris, la nouvelle de la mort de Napoléon arrive dans un salon où sont présents ce soir-là Wellington, le vainqueur de Waterloo, et Talleyrand, l'ancien ministre des Relations extérieures de l'empereur. Quelqu'un s'exclame : «Quel événement !» et Talleyrand de laisser tomber : «Ce n'est plus un événement, c'est une nouvelle».

 

Marie-Louise, veuve de Napoléon, épouse quatre mois après sa mort l'homme avec qui elle vit désormais et dont elle a déjà eu deux enfants, le feld-maréchal autrichien comte von Neipperg.

 

 

Napoléon a-t-il été empoisonné ?

En 1961, un toxicologue Suédois évoque pour la première fois l'hypothèse d'un empoisonnement à l'arsenic de l'empereur, sur la base d'une analyse de quelques cheveux rapportés par l'entourage de Sainte-Hélène. Plusieurs chercheurs l'ont reprise depuis lors mais elle paraît peu plausible. Pour Jean Tulard, grand historien de l'Empire (et spécialiste du roman policier) elle ne relève que de la littérature romanesque.

Naissance d'une Légende

Pendant ses deux mille jours d'exil, l'ex-empereur a peaufiné sa légende en dictant ses souvenirs et ses réflexions au comte de Las Cases ainsi qu'à Bertrand, Gourgaud et Montholon.

 

Las Cases publie ses notes l'année qui suit la mort de l'empereur sous le titre : Le Mémorial de Sainte-Hélène. Cette hagiographie, servie par le talent d'écriture de Las Cases, recueille immédiatement un immense succès et va contribuer à la naissance de la légende.

 

Dans la France pacifiée, prospère et ennuyeuse de la Restauration, l'épopée napoléonienne et les récits des demi-soldes font rêver la jeunesse romantique.

 

L'espoir d'une restauration de l'Empire s'éloigne avec la mort en 1832 du fils de Napoléon et Marie-Louise, l'ex-roi de Rome. L'Aiglon, devenu Franz, duc de Reichstadt, meurt de tuberculose, maladie romantique par excellence, au palais de Schönbrunn, près de Vienne. Il a 22 ans.

 

En 1840, le président du Conseil, Adolphe Thiers, négocie avec Londres le retour des cendres de Napoléon à Paris. Il veut, par cette initiative, redresser le prestige du roi Louis-Philippe 1er.

 

Gourgaud lui-même revient à Sainte-Hélène quérir les cendres de l'empereur. Le transfert donne lieu à une cérémonie populaire et grandiose à laquelle assistent un million de Français enthousiastes qui n'hésitent pas à crier «Vive l'Empereur !».

 

 

Le principal bénéficiaire de l'opération est le courant bonapartiste. Celui-ci reprend vie et il ne lui faudra que huit ans pour amener au pouvoir Louis-Napoléon Bonaparte, neveu du regretté empereur.

 

Napoléon 1er repose depuis lors aux Invalides, sur les bords de la Seine. C'est la première fois que le tombeau d'un autocrate trône au centre d'une capitale et d'un pays.

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L'idée a été reprise et amplifiée au XXe siècle, sous les régimes communistes, à Moscou, Pékin, Sofia... dans une tentative de remplacer les religions traditionnelles par le culte d'un «grand» homme.

 


1815-1848

L'Europe du Congrès de Vienne


1814 ! Après avoir bouleversé l'Europe comme jamais auparavant pendant un quart de siècle, la France rend les armes. L'empereur déchu Napoléon 1er s'en va pour l'île d'Elbe.

 

Ses vainqueurs se réunissent en congrès à Vienne pour définir un nouvel ordre européen. Ils sont Quatre (Angleterre, Prusse, Autriche et Russie) mais l'habile Talleyrand trouve moyen de se joindre aux discussions pour faire valoir les intérêts de la France.

 

 

Aux éprouvantes négociations, les représentants des puissances secondaires préfèrent les bals et les fêtes qui accompagnent le Congrès. «Le Congrès danse», dit finement le prince de Ligne. Le retour de Napoléon de l'île d'Elbe et les «Cent-Jours» affectent à peine ses travaux et l'Acte final est signé le 9 juin 1815, avant même la bataille de Waterloo (18 juin) qui ruinera les espoirs de Napoléon.

 

 

 

 

L'Angleterre est amplement récompensée de sa lutte déterminée contre l'«ogre corse» : elle reconstitue autour du monde un deuxième empire colonial plus puissant que le premier, entamé par l'indépendance des États-Unis.

 

L'empire d'Autriche est, en Europe continentale, le grand vainqueur de la défaite de Napoléon et de la France, quoique son triomphe soit fragile (État multinational). Le nouvel ordre international se fonde sur le renforcement des principales dynasties légitimes. Celles-ci s'unissent dans une «Sainte Alliance» sous l'égide de Metternich, chancelier autrichien. Il sera mis à l'épreuve par les révolutions romantiques et nationales de 1848 mais s'en sortira à peu près intact...

 


Source : Hérodote.net


23/06/2015
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