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LE MUSEE DU BARDO

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Le bâtiment tunisien a été frappé par une attaque terroriste qui a fait 22 morts. Le centre culturel est un symbole de diversité et de mélange des cultures au sein du Maghreb. Ses œuvres les plus célèbres ont été réalisées avant 622.

Le musée le plus ancien de Tunisie, le musée du Bardo vient d'être attaqué par un groupe de terroristes qui a fait, selon les dernières informations transmises, 22 morts. Le centre culturel est un lieu hautement symbolique. Le bâtiment mêle les cultures et présente des œuvres de toutes les époques mais ce sont les trésors préislamiques qui font sensation parmi la cinquantaine de salles et de galeries.

● Le Triomphe de Neptune

Le musée est connu pour ses très nombreuses mosaïques datées de l'Antiquité. Le Triomphe de Neptune est l'une des plus impressionnantes. Elle a été réalisée au milieu du IIe siècle après J.C. Le visiteur y voit Neptune au centre, debout sur son char qui vogue sur les mers. Autour de lui, se trouvent quatre personnages féminins, un dans chaque coin de la mosaïque en marbre. Sur chaque côté de l'œuvre se dresse un animal représentatif d'une des quatre saisons. À côté de lui, un homme s'attèle à une tâche, différente elle-aussi selon la saison.

● Le buste d'Aphrodite

L'histoire du buste d'Aphrodite, la déesse de l'amour et des plaisirs grecque, est aussi singulière que la beauté de l'œuvre elle-même. La création de la pièce est estimée au cours du IIe siècle avant J.C. Elle a été retrouvée lors des fouilles sous-marines de Mahdia, une ville tunisienne située sur la côte est du pays, près de laquelle a échoué un navire marchant du Ier siècle avant J.C. Les fouilles ont été effectuées en deux temps, d'abord de 1907 à 1913 puis de 1948 à 1993. Les pièces trouvées sont réunies dans l'exposition intitulée Trésors de la Méditerranée. L'autre pièce phare de ces fouilles est une sculpture d'Agôn en bronze.

● L'hérmaion d'El Guettar

Le musée comporte l'une des, si ce n'est la, premières manifestations religieuses de l'histoire de l'humanité. Estimé à 40.000 avant J.C, l'hérmaion découvert à El Guettar dans la région de Gafsa au sud de la Tunisie est de ce fait, devenu l'un des joyaux les plus choyés du musée. Il s'agit de la pièce centrale du site moustérien de la ville qui fait référence au Paléolithique moyen. L'hémaion est un amas de 75 cm de haut, pour 1,50m de large, composé de pierres, silex et ossements d'animaux découvert par Michel Gruet. L'archéologue a considéré que cette structure était un édifice réalisé en offrande à la source voisine, aujourd'hui asséchée.

● Virgile

La pièce sobrement baptisée Virgile est d'une importance majeure. Il s'agit du seul portrait que l'Homme ait de l'auteur des Bucoliques ayant vécu pendant le Ier siècle avant J.C. Le poète latin est représenté écrivant les vers de L'Énéide, son ouvrage le plus célèbre. Sur cette mosaïque, l‘écrivain antique est inspiré par les muses Clio et Melpomène. La pièce de marbre dont la réalisation est estimée au IIIe siècle après J.C a été découverte à Sousse, une ville portuaire de l'est de la Tunisie.

● Mosaïque représentant Dionysos faisant un don à Ikarios

Une autre pièce emblématique du plus ancien musée de Tunisie est un pavement représentant le dieu grec Dionysos faisant le don de la vigne à Ikarios. Un cadeau qui a visiblement inspiré l'homme vivant à l'Antiquité puisqu'il est aujourd'hui considéré comme le premier viticulteur de l'histoire. L'œuvre est située dans la salle de Carthage.

Source : Le Figaro - Claire Courbet

Célèbre pour ses mosaïques, l'établissement tunisien pris d'assaut ce 18 mars par deux terroristes avait récemment doublé sa surface afin de faire revenir les touristes. François Hollande l'avait visité lors de sa visite officielle en Tunisie, le 5 juillet 2013.

L'entrée de l'ancien palais du XVIe siècle a été condamnée. Les visiteurs pénètrent dans le Bardo, à Tunis, par une plaza aux allures d'établissement californien. Un immense hall blanc et des salles modernes ont été inaugurés il y a un peu plus de deux ans, doublant la surface de l'ancien musée.

En prologue, le Triomphe de Neptune, une mosaïque romaine posée à la verticale et plongeant sur deux étages. Il ouvre sur le seul musée du Sud méditerranéen qui accepte de mettre à l'honneur, dans un même lieu, cultures arabe, islamique, chrétienne, romaine, hellénistique, punique et même juive. Les collections sont le fruit de fouilles archéologiques faites en Tunisie, à partir du XIXe siècle, et reflètent l'histoire mouvementée de la région. Les fresques chantant les prouesses de Dionysos voisinent donc avec un manuscrit du Coran bleu trouvé à Kairouan, une stèle représentant des divinités puniques ou une mosaïque tombale représentant une église, venant de Tabarka.

«Le Bardo est un musée universel, ouvert à toutes les civilisations qui ont fait notre pays», nous expliquait en juillet 2013 Soumaya Gharsallah-Hizem, sa directrice, petite femme énergique. Les travaux du Bardo avaient été lancés en 2009, afin de contribuer à la diversification du tourisme. Pendant des décennies, l'Europe entière a débarqué sur les plages d'Hammamet, oubliant souvent d'organiser un détour par les sites de Carthage, de Sousse ou au Bardo.

Trois fois moins de visiteurs

Mais à peine l'extension du musée entamée, la révolution s'est profilée, laissant tout en plan. En 2011, on parlait davantage de vols de biens archéologiques que de stratégie patrimoniale. Les touristes avaient alors déserté le pays. Et il faudra attendre 2012 pour que les choses redémarrent au Bardo, dans un climat incertain, avec trois fois moins de visiteurs (600.000 à 200.000).

À l'occasion de sa visite officielle en Tunisie, en 2013, François Hollande avait fait un tour au Bardo, s'attardant dans la salle de Carthage, dont les statues ont été restaurées grâce au Louvre. Dans le livre d'or, le président de la République a ainsi encouragé les Français «à venir admirer ces merveilles». Il aurait pu aller plus loin, et exalter, à l'heure du regain islamiste, le passé commun de la France et de la Tunisie.

Grâce à une étroite collaboration avec le Musée du Louvre, une dizaine de statues installées au cœur du musée, dans la partie de l'ancien palais autrefois réservée aux femmes, avaient été restaurées. En 2009, lorsque l'actuel patron du Louvre, Jean-Luc Martinez, était directeur du département des antiquités grecques, étrusques et romaines, il avait convaincu sa maison de se lancer dans une coopération avec le Bardo.

Source : Le Figaro - Claire Bommelaer



02/04/2015
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