Il est mort, dit-on, dans les bras de François 1 er . Le 2 mai 1519, Léonard de Vinci meurt à 67 ans dans le château du Clos Lucé à Amboise où le Roi de France l’a invité quelques années plus tôt. Dans son testament, le maître italien lègue un terrain planté de vignes près de Milan à Salaï et ses carnets, dessins et travaux préparatoires à Melzi.

 

Salaï et Melzi, deux hommes qui partagèrent des années durant le quotidien de Léonard. À quel titre ? Élève ? Apprenti ? Modèle ? Confident ? Amant ? Le génie resta toujours très discret sur sa vie privée et jamais ne se maria. Mais on sait qu’il fut accusé à 24 ans d’avoir participé à un viol collectif sur la personne de Jacopo Saltarelli, qu’il passa deux mois en prison avant d’être relâché faute de preuves, mais à jamais traumatisé.

 

L’emprisonnement incita sans doute Léonard de Vinci à rester discret et prudent sur ses amours. Mais une telle réserve attisa la curiosité et les spéculations dès le XVI e siècle.

 

 

 

Aujourd’hui, après Sigmund Freud, de plus en plus d’historiens affirment que le peintre de La Joconde aima ses deux modèles, Salaï et Melzi.

 

C’est le 22 juillet 1490, que Léonard, alors âgé de 38 ans, tombe nez à nez avec un gamin pauvre et sale en train de chaparder dans l’atelier de Milan où il travaille pour le duc Ludovic Sforza. Pour punir l’enfant et lui faire payer les dégâts occasionnés, le peintre lui demande de venir travailler.

 

Gian Giacomo Caprotti, âgé de 10 ans et que le peintre va vite surnommer Salaï, “Petit diable ” en italien, va y rester en échange de quelques florins donnés à son père. À 15 ans, le garçon devient le disciple de Léonard et le modèle de bien de ses toiles, tant le jeune garçon est séduisant avec son profil grec et ses cheveux bouclés. D’aucuns disent même qu’il a posé pour “La Joconde ” avant que Léonard ne lui donne les traits de Mona Lisa.

 

Des dessins préparatoires jetés sur le papier attestent d’une figure féminine sans poitrine et aux larges épaules. La morphologie du visage de Salaï, que de Vinci peint à plusieurs reprises, est proche de celle de Mona Lisa. Quoi qu’il en soit, Salaï restera 25 ans auprès de son maître, entretenant avec lui des relations passionnées faites de dépenses somptuaires et de disputes mémorables. On a trouvé dans les carnets de Vinci ces mots : « Salaï, je ne veux plus jamais faire la guerre avec toi car je capitule ».

 

Volcanique, le jeune homme alors âgé de 28 ans accepte difficilement l’arrivée en 1506 de Francesco Melzi, un jeune et bel aristocrate de 16 ans à la peau claire et aux yeux en amande. Melzi veut devenir peintre. Il sera davantage : l’élève chéri du maître, son secrétaire, son intendant et peut-être son amant. On sait en effet que de nombreuses querelles éclatèrent entre Salaï et Melzi. Mais les deux jeunes gens finiront par accepter de partager le quotidien du génie et l’accompagneront jusqu’en France, où Léonard s’installera après ses ennuis avec la papauté. Salaï quittera le maître un an avant sa mort. Malzi restera fidèle jusqu’au bout, recevant son testament.