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HPI : ENQUETE SUR UN TRES JUTEUX MARCHE

 

 

MERCI A YVES POUR CET ENVOI

 

En prendre connaissance  permet de nous alerter sur le sujet.

 

Un jugement de valeur sur ce sujet  sera retenu en consultant uniquement  les professionnels de santé  compétents en la matière.

 

Martine

 

 

 

H.P.I. Trois lettres. Une définition : Haut Potentiel Intellectuel. En France, depuis 10 ans, les demandes de détections explosent. 

 

 

Serions-nous tous surdoués ? Ou persuadés de l'être ? 

 

L’Oeil du 20H a enquêté sur ce phénomène qui fascine. Et fait recette.  

 

 

Surdoué. Génie. Précoce. Et depuis quelques années, un nouveau terme : HPI, pour désigner un quotient intellectuel (QI) supérieur à 130. Cela ne concerne que 2,3% de la population française.  

 

 

Et pourtant aujourd'hui, le Haut Potentiel Intellectuel s’invite partout. Sur Youtube,  dans les groupes Facebook et les Blogs.

 

 

Dans les librairies aussi, le HPI devient une mode. Parmi les livres les plus vendus sur le sujet figurent, notamment, ceux de la psychologue Jeanne Siaud-Facchin. De quoi décider certains parents à pousser la porte de son cabinet parisien. 

 

 

Nous y avons rencontré Ines, 11 ans, qui vient d’être diagnostiquée HPI. Elle nous confie : "Je ne me sentais pas très bien en général. J’avais beaucoup d’angoisses, surtout le soir”. Sa mère abonde en expliquant s'être posé des questions sur un "état dépressif", ajoutant : "On explorait des pistes mais on se sentait un peu démunis". "En tout cas, ce résultat nous a rassurés", conclue t-elle. 

 

 

Pour ce test HPI, cette maman a dû débourser 98 euros pour une première consultation, 410 euros pour le test de QI, 98 euros pour compte-rendu, et enfin, 88 euros pour une consultation de guidance familiale. Comprendre : apprendre à gérer ce diagnostic HPI. Soit au total : près 700 euros .

 

 

Mais sur quoi repose ce diagnostic ? Outre le test de QI classique, reconnu par la communauté scientifique, Jeanne Siaud-Facchin, psychologue clinicienne, y associe un test de sensibilité, le test Z de Zulliger qui consiste à interpréter 3 planches.

 

C’est devenu sa spécialité. Elle l'assure : "On peut pas du tout faire de la psychologie généraliste, on est vraiment obligé de faire du cousu main. Du cousu coeur avec eux. Le HPI, c’est très rare que ça n’aille pas avec une hyper sensibilité, et la sensibilité, c’est quelque chose dont le monde a besoin pour se saisir de l’invisible, comprendre l’implicite".

 

 

Sa formule a du succès. Jeanne Siaud-Facchin en a même fait une marque. Elle a fondé en 2003 les centres Cogito'z. Il y en a désormais 7 en France, et bientôt 4 à l’étranger. 

 

 

Mais certains anciens patients tirent la sonnette d’alarme. Ils affirment avoir été "bernés" et dénoncent ce qu’ils appellent “un business”.

 

Comme cette quadragénaire, diagnostiquée HPI, alors qu’elle présentait, selon elle et son ancienne psychiatre, un trouble autistique : "Ça faisait des années que j’étais en thérapie et je ne comprenais pas pourquoi j’étais aussi différente des autres.

 

Je cherchais donc des réponses. Je suis donc allée chez Cogito’z. J’avais l'espoir que l'on me fasse un bilan de neuropsychologie complet, qu’on aille explorer les spécificités qui auraient pu montrer l’autisme. 

 

En fait, ce qu’on me propose, c’est uniquement un test de QI qui révèle que je suis HPI. Ils s’arrêtent au diagnostic HPI parce que c’est un diagnostic facile à entendre et que derrière, ils peuvent proposer éventuellement de la guidance. C'est connu dans ces centres, on voit bien les affiches qui proposent les ateliers gestion des émotions".

 

 

 

Deux psychologues qui ont travaillé par le passé dans deux centres différents dénoncent “une forme d’emprise sur les patients” et des diagnostics qui seraient faits "au doigt mouillé".

 

Elles témoignent anonymement : "C’était très marketing, il fallait faire beaucoup de chiffre, les gens venaient vraiment pour le haut potentiel, et l'équipe psy pouvait mettre en évidence des hauts potentiels quand il n’y en avait pas.

 

Dès qu’un patient entrait chez Cogito’z, il n’en ressortait pas. Il n’y avait pas d’ouverture vers d’autres professionnels, d’autres institutions.

 

Ce qui est malade chez Cogito’z, c’est le côté clanique". 

 

 

Huit requêtes d’anciens patients de centres Cogito’z ont été adressées à la Mission Interministérielle contre les Dérives Sectaires (Miviludes) qui nous confirme :

 

"La Miviludes a reçu des informations inquiétantes sur des situations décrites par des proches, de changement de comportement, accompagnés de ruptures familiales et amicales, progressives et rapides, après que des personnes ont procédé à des formations dans des centres Cogito'z"

 

 

Nous avons transmis ces témoignages à Jeanne Siaud-Facchin qui défend le sérieux de son travail et évoque “des mensonges, fanfaronnades et exagérations”, destinés, dit-elle, à lui nuire. 

 

 

Parmi nos sources (liste non-exhaustive) : 

 

La déclaration de la Miviludes à notre enquête 

 

 

Télécharger

 

Le business des HPI par Nicolas Gauvrit, mathématicien et chercheur en sciences cognitives

 

 

Lire "Psychologie du haut potentiel : Comprendre, identifier, accompagner" de Nicolas Gauvrit & Nathalie Clobert

 

 

Infos et intox sur l’intelligence par Franck Ramus, Directeur de Recherche en Sciences cognitives au CNRS

 

 

 



09/06/2022
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