Bienvenue dans mon Univers

Bienvenue dans mon Univers

ACTUALITE

 

L'actualité, ce peut-être parfois un vacarme insensé,

 

Ce sont ces mille choses qui font de nos journées,

 

Des instants peints en rose, regards éberlués,

 

Elle est tantôt lointaine et nous atteint à peine,

 

Ou bien si près de nous,

 

Qu'elle nous rend un peu fou .

 

Faite d'évenements égrénes par le temps,

 

On se raccroche à elle pour exister vraiment !

 

MARTINE



BARACK OBAMA - LE GRAND ENTRETIEN

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Pour écouter l'entretien cliquez sur le lien ci-dessous :

 

https://www.france.tv/actualites-et-societe/temoignages/2103205-barack-obama-le-grand-entretien.html

 

 


23/11/2020
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TRUMP OUT OUT OUT !!!!

Les images de l’intérieur du majestueux bâtiment, qui abrite le Sénat et la Chambre des représentants, situé au cœur de la capitale fédérale américaine marqueront l’histoire ce mercredi 6 janvier : élus portant des masques à gaz, agents de la police en civil arme au poing.

 

Elles resteront à jamais associées à la fin du mandat tumultueux de Donald Trump, qui refuse d’accepter sa défaite depuis deux mois et souffle sur les braises de la division en brandissant des théories du complot.

 

Des militaires de la garde nationale ont été envoyés pour rétablir le calme après plusieurs heures d’extrême tension. Un couvre-feu est entré en vigueur dans la ville à 18 heures locales. Peu après, un responsable a annoncé que le Capitole était de nouveau sécurisé.

 

Source : lemonde.fr

             You Tube

 


07/01/2021
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15 JANVIER 1200 : PHILIPPE AUGUSTE FONDE L'UNIVERSITE DE PARIS

 

 

Le 15 janvier 1200, un diplôme de Philippe Auguste fonde l'Université de Paris. Il s'agit pour le roi d’institutionnaliser une diversification de fait des écoles existant depuis le milieu du XIe siècle. Il lance ainsi l’une des plus grandes aventures éducatives et culturelles de l’Occident chrétien.

Sophie Favrolt
 
 

Scriptorium du monastère de l’Escurial au XIIIe siècle, Paris, BnF. En agrandissement, leçon à l’intérieur du chœur d’une église gothique, illustration tirée des commentaires de Nicolas de Lyre, moine franciscain, sur le Pentateuque, XVe s., médiathèque du Grand Troyes ms 129, folio 32.

En finir avec le monopole des évêques

Au tout début du Moyen Âge, les écoles étaient essentiellement religieuses. Les monastères furent les premiers à tenir école afin de former leurs futurs membres. Insuffisantes en nombre, ces écoles furent épaulées par la création d’écoles paroissiales (VIe siècle) puis cathédrales, dites aussi épiscopales (VIIIe-IXe siècle). Toutes avaient pour but d’éduquer enfants et adultes pour le service de la liturgie.

 

 

Petrus Lombardus (Pierre Lombard), enseigna la théologie à Notre-Dame, Troyes - BM - ms, 1158. En agrandissement, un exemplaire des Sententiæ (Quatre livres de sentences de Pierre Lombard) utilisé dans les universités médiévales comme manuel théologique de base, à partir des années 1220 jusqu'au XVIe siècle, Florence, Biblioteca Medicea Laurenziana. Pour les enfants intelligents et sans fortune, il n’est pas de plus sûre façon de gravir l’échelle sociale. Le meilleur exemple en est donné par Suger, fils de paysan éduqué par les moines de Saint-Denis et appelé à gouverner le royaume sous les règnes de Louis VI et Louis VII (XIIe siècle).

 

À l’école épiscopale, l’éducation est assurée par les chanoines. Clercs attachés à la cathédrale (l’église de l’évêque), ils sont en charge de sa maintenance aussi bien spirituelle que matérielle.

 

 

 

À Paris, les chanoines de Notre-Dame vivent dans un quartier qui leur est propre, au nord de la cathédrale Notre-Dame. Ils y disposent de maisons privées, où, dès le XIe siècle, peuvent loger quelques étudiants.

 

 

« Vue de la principalle entrée de l’Eglise de Nostre Dame de Paris, Bastie sous le Regne de Philippes Auguste environ l’an 1200. Tout cet édifice eft fondé sur Pilotis et creux par-dessous en plusieurs endroits, la hauteur des Tours ou Clochers eft de 65 Toises. Ce lieu est estimé le plus bas de Paris ».

 

 

Les leçons sont données dans le cloître ; y assistent aussi des étudiants externes, logeant en ville. Les débordements de ces derniers troublant la quiétude du cloitre, lieu de prière et de silence, l’évêque fait transférer la salle d’études au sud de la cathédrale, près de son palais – sous ses fenêtres en quelque sorte, de manière à mieux contrôler que les étudiants ne s’y livrent pas à la boisson ou à des jeux bruyants.

 

 

Scène d’enseignement ornant le début du Colliget florum medicinae de Pierre de Saint-Flour, manuscrit du XIVe s., Paris, bibliothèque de la Sorbonne. En agrandissement, un chanoine enseigne, manuscrit du XVe s., Paris, bibliothèque Mazarine.Les chanoines perdent le privilège de l’hébergement mais continuent d’enseigner. Cette décision des évêques (1127, réaffirmée en 1160) amorce le glissement de l’enseignement de Paris vers le sud de l’île de la Cité, voire vers la rive sud du fleuve. Ce qui ne tarde pas à se produire.

 

Vers 1180, face à l’augmentation du nombre d’étudiants, des maîtres et des élèves quittent les entours du palais épiscopal et traversent le petit bras de la Seine vers le quartier d’Oultre Petit Pont, sur la rive gauche, ouvrant de fait des écoles « privées ».

 

 
 
Le rayonnement intellectuel de l'universitas magistrorum et scholarium Parisiensis

Pour pouvoir exercer dans une société médiévale marquée par le corporatisme et l’idée de collectivité, maîtres et élèves se dotent des apparences d’une corporation de métier en prenant le nom de universitas magistrorum et scholarium Parisiensis (« communauté des maîtres et des élèves de Paris »). Ses acteurs furent louangés pendant plusieurs siècles :
« Ces hommes spéculatifs, exempts de passions terrestres, et qui ne recommençaient tous les jours que par amour du vrai leurs combats intellectuels. L’objection de l’un est résolue par l’autre, les réfutations, les répliques se succèdent ; on admire tout ce qu’une main puissante est capable de construire et de fortifier sur le terrain mouvant de la dispute (…) » (Jean de Jandun, XIIIe siècle, Collège de Navarre).

 

Leur migration n’est pas du goût des autorités épiscopales, car elle rapproche géographiquement ces écoles libres de l’abbaye de Sainte-Geneviève, plantée au sommet de la rive gauche, et qui ne répond qu’à l’autorité du pape. Et si les écoles allaient en faire de même ?

Sceau de l’Université de Paris au XIIIe siècle (au centre la Vierge, encadrée par Saint Nicolas de Myre, patron protecteur des écoliers et Sainte Catherine, patronne des écoliers, des nourrices et des notaires). En agrandissement, les premiers statuts de l'université de Paris en août 1215, donnés par Robert de Courson, Paris, bibliothèque interuniversitaire de la Sorbonne, DR.Faisant perdre à l’évêque le contrôle territorial et juridique sur les écoles et sur les discours qui y sont tenus. Une rivalité s’engage donc entre les différents centres d’éducation parisiens, nourrie par des étudiants volontiers turbulents, quelle que soit l’école dont ils dépendent.

Le diplôme signé du roi en janvier 1200 clarifie la situation de chacun et accorde à l’Université plusieurs privilèges : le « for ecclésiastique », qui permet à ses membres de n'être jugés que par un tribunal ecclésiastique, comme des clercs – ce qu’ils sont, leur tonsure en atteste ; puis vient l’exemption de taxes et de charges militaires et l'excommunication pour quiconque porte la main sur eux.

Le document, rédigé par le légat pontifical Robert de Courçon, est reconnu en 1215 par le pape Innocent III.

 

 

Rose du transept Nord de la cathédrale Notre-Dame de Laon (Aisne) : la Rose des Arts libéraux. Les médaillons représentent les 7 arts libéraux, auxquels ont été ajoutées la Médecine et la Philosophie (médaillon central). Le vitrail date de 1200 à 1210, mais quatre médaillons ont été réalisés par Adolphe Charles Edouard Steinheil en 1865 (la Philosophie, la Rhétorique, la Musique, la Médecine).

Organisation des études

La charte regroupe les écoles en facultés selon leur spécialité. L’étudiant passe d’abord par celle des Arts Libéraux, où le cursus est composé du trivium et du quadrivium.

 

Les sept arts libéraux dans l'Hortus deliciarum d'Herrade de Landsberg, 1180. Entourant la philosophie, la grammaire, la dialectique, la rhétorique, l'arithmétique, la musique, la géométrie et l'astronomie.

Il s'agit d' un cycle trois années - respectivement dédiées à la grammaire, la dialectique et la rhétorique - qui, après examen, délivre le baccalauréat ; puis un cycle de quatre années - arithmétique, géométrie, astronomie, musique – au terme duquel le bachelier obtient la licentia docendi - la permission (ou licence) d’enseigner – et le grade de maître ès-Arts.

 

C’est le plus haut degré des études « artiennes », lesquelles sont vantées par la sagesse populaire : « Qui les Sept Arts toutes sçaroit, En toutes loix creus seroit. »

Le maître ès-Arts, qui a assimilé le savoir contenu dans les œuvres d’Aristote, Sénèque, Cicéron, Boèce, Isidore de Séville, Boèce… peut alors poursuivre dans l’une des trois autres facultés spécialisées : Décret (ou droit canonique), Théologie ou Médecine.

 

 

À l’issue de ce nouveau cycle sont obtenus le grade du doctorat et le titre de docteur. Devenu professionnel de sa spécialité, le docteur peut participer aux débats intellectuels, spirituels ou juridiques en tant qu’expert. Bien que les docteurs en théologie, médecine et droit soient considérés comme supérieurs aux maîtres es-Arts, c’est parmi ces derniers qu’est élu le Recteur de toute l’Université. À ses côtés, se tient le Chancelier, représentant l’évêque au sein de l’institution. Cette organisation va perdurer jusqu’à la Révolution Française.

 

Le maître, un père de substitution
 

Un tel cursus s’entame souvent aux alentours de 13-14 ans et peut prendre jusqu’à 15 ans. Il n’est pas rare que l’élève trouve dans son maître un père de substitution. Pour le le meilleur comme pour le pire.
Cours de théologie, Sorbonne, enluminure XIIIe s.Ainsi, parlant de Pierre Abélard, Jean de Salisbury (Metalogicon, 1159) écrit :
«  (…) Sur la montagne Ste Geneviève, [mon] illustre et admirable maître, l’emportait alors sur tous. Là, à ses pieds (…) tout ce qui sortait de sa bouche, je le recevais avec toute l’avidité dont était capable mon esprit (…) La pratique scolaire parfois fait croître la science jusqu’à l’enflure. [J’ai connu] une école philosophique dans laquelle on considérait comme insurmontable la question de savoir si un porc qui est emmené au marché, l’est par l’homme ou par la corde à laquelle il est attaché.  »

 


Les souvenirs des excellents professeurs n’excluent pas cependant, une fois l’élève parvenu à maturité et professeur lui-même, de faire preuve d’esprit critique envers les circonvolutions des doctrines dont il a été l’auditeur.

 

Les relations maîtres-élèves peuvent être fort brutales et physiquement douloureuses : « Presque chaque jour j'étais lapidé par une furieuse grêle de soufflets et de coups de fouet, (…) frappé de manière honteuse, je portais de multiples meurtrissures dont sans raison il [le précepteur] ne cessait de zébrer ma peau.  » (Guibert de Nogent, De vita sua, vers 1115).

 

 

Registre des conclusions de la nation de Picardie, 1476-1483, Paris, bibliothèque interuniversitaire de la Sorbonne, DR. En agrandissement, les blasons des nations à l'université de Bologne (Italie).Elles blessent aussi moralement, comme lorsque Gilbert de la Porrée, désespéré du niveau de ses élèves, leur recommande d’aller plutôt faire carrière dans la boulange. (Les métiers de bouche sont alors les moins considérés car les moins spécialisés, tout le monde pouvant faire du pain).

 

Ces « escholiers », venus parfois de très loin, oscillant entre vénération, crainte et irrévérence, sont répartis par la faculté des Arts en quatre Nations, selon leur origine géographique. On distingue la nation française (qui inclut jusqu’aux régions méditerranéennes), la nation normande et la nation picarde, à laquelle s’adjoignent les Flamands et les Hollandais.

 

 

 

 

 

 

 

Enfin, la nation anglaise accueille aussi Scandinaves et Allemands et, après la Guerre de Cent Ans, quand ce qui est anglais n’est plus le bienvenu, devient la nation allemande.

Une seule langue pour pléthore de préjugés
 
 

Pour se comprendre, ces émigrés d’horizons différents recourent à la seule langue qui leur soit commune : le latin. Il s’agit d’un latin médiéval ou latin d’Église assez éloigné du latin classique de Cicéron. L’Université de Paris devient alors « le pays latin » (la trouvaille serait d’Érasme lui-même), bientôt changé en « Quartier Latin ». Mais les clichés de l’époque ont la peau dure comme le témoigne la prose de Jacques de Vitry (1180-1240), prédicateur qui décrit ainsi les Nations de l’Université de Paris :
«  Les Allemands étaient voleurs et maquereaux, les Anglais, ivrognes et couards, les Français, orgueilleux et efféminés, (…) les Bourguignons grossiers et sots, les Lombards, avares et pleins de malice, (…) les Flamands, adonnés à la bonne chair, les Brabançons, incendiaires et voleurs.  »

 

 

La Logique - La Réthorique., manuscrit du XVe s., Paris, BnF.

Être « escholier » au Pays latin

Pour mieux comprendre comment est composé ce corpus estudiantin, l’origine géographique doit être corrélée avec l’origine sociale. Paris « recrute » d’abord son contingent dans les régions proches (domaine royal, pays de Loire) ; ce sont alors des fils d’artisans, de commerçants, de maréchaux-ferrants, de notaires… que l’on retrouve sur la Montagne Sainte-Geneviève.

 

 

Leçon de droit à l’université, enluminure du XVe s., Bologne, Museo cívico medievale.Il y a bien quelques rejetons de nobles ou de chevaliers mais moins que de jeunes de la classe moyenne, car la noblesse n’attend pas après les études pour trouver des postes à sa progéniture. Cette dominante aristocratique est finalement plus présente parmi les étudiants étrangers. Car seules les riches familles de contrées lointaines ont les moyens de payer le long voyage vers Paris. Et la réputation de l’universitas est telle qu’elle vaut bien la dépense.

Au fur et à mesure qu’apparaissent d’autres universités, elles aussi recrutent parmi leurs « nationaux » : ainsi, il y a moins d’étudiants anglais à Paris lorsqu’Oxford atteint son apogée. Le choix de l’université dépend aussi de la matière recherchée : Paris est très réputée pour le droit ; après sa création, l’université de Montpellier attire en revanche plus volontiers les prétendants, même parisiens, au beau métier de médecin.

 

 

Il existe des cas, plus rares, d’enfants d’origine très modeste voire pauvre, repérés pour leurs capacités lors de leur passage dans les écoles « primaires » tenues dans les cures des villages et qui sont poussés dans la voie d’études plus longues, grâce à l’appui d’érudits ou de monastères locaux, qui peuvent subvenir à leurs besoins.

 

 

Leçon de médecine à l’université, enluminure d’un recueil des œuvres de Gui de Chauliac et Bernard de Gordon, 1461, Paris, BnF. En agrandissement, la plus ancienne représentation en couleurs d'une leçon d'anatomie : Leçon d'anatomie dans la Chirurgie de Guy de Chauliac, XIVe s., manuscrit H 184 de la bibliothèque interuniversitaire de Montpellier, DR.

 

La vie matérielle reste compliquée pour les jeunes gens qui ne reçoivent pas toujours l’accueil escompté. Ainsi Rutebeuf, clerc et poète, décrit-il l’ambiance générale : «  Étudiants exceptés, les autres clercs sont tous agrémentés d'avarice.  » ( Les plaies du monde, 1252).

 
La complainte de Rutebeuf

Pour rattraper leurs folles dépenses, les étudiants doivent trouver des expédients :

Les dés que les détiers ont faits
M’ont dépouillé de mes habits,
Les dés m’occient
Les dés me guettent et m’épient
Les dés m’assaillent et me défient
La Griesche d'hiver (1250-60)

 

 

Il faut dire que les étudiants n’ont pas toujours une conduite exemplaire. Leur tenue, aussi bien morale que vestimentaire, laisse vraisemblablement à désirer et les rixes entre eux ne sont pas rares, d’autant que beaucoup sont armés. : «  Vont les escoliers court vestus par ville, dagues et cousteaux à la ceincture.  » (Nicolas de Baye, 1400-1417)

 

 

Ils se livrent aussi à des activités peu recommandables, dans une recherche parfois effrénée de plaisir et sont nombreux à se laisser tenter :
Tandis que je revenais d’une taverne sous l’empire de Bacchus,
Je me suis aperçu qu’elle jouxtait un temple de Vénus.
(Carmina Burana , vers. 1230)

 

 

Scènes de vie des étudiants au collège de Hubant ou de l'Ave Maria (Paris), 1387, Archives nationales. Les étudiants doivent se répartir les livres de la bibliothèque.

 

 

Pour ceux qui ne finissent pas mauvais garçons, quels sont les débouchés envisageables pour ces bacheliers ou docteurs, notamment en droit ou théologie, spécialités parisiennes ? Ils peuvent évidemment devenir professeurs de la faculté qui les a eux-mêmes formés, voire recteur de l’Université.

 

Le service de l’État ou d’un prince est également une ambition facilitée pour les étudiants parisiens, car les gens de cour viennent régulièrement visiter les locaux. Ainsi, au début du XIIIe siècle, Gauthier Cornu, docteur en droit, devient conseiller de Saint Louis ; au XIVe siècle, Nicolas de Baye, né serf, atteint, grâce à ses études, la charge de premier président au Parlement de Paris.

 

 

Albertus Magnus, 1352, Tomaso da Modena, Trévise, église San Nicolò. En agrandissement,  Saint Thomas d'Aquin (détail vitrail), église Saint-Patrick, Columbus, Ohio.Cette période est celle où les souverains puisent le plus dans la manne universitaire pour octroyer des postes : à l’exemple de Gilles de Rome, professeur de théologie appelé par le roi Philippe III pour être le précepteur de l’héritier du trône.

 

 

Certains anciens « escholiers » parisiens accèdent même à la fonction suprême tels le Cahorsin Jacques Duèze ou le Pyrénéen Jacques Fournier, respectivement devenus les papes Jean XXII (1316) et Benoît XII (1334) ; voire à un niveau encore supérieur en méritant la canonisation : l’Italien Thomas d’Aquin († 1274), le Bavarois Albert von Bollstädt (saint Albert le Grand † 1280), l’Espagnol Ignace de Loyola († 1566).

 

 

 

 

 

 

 

 

Enfin la carrière des lettres et de la pensée est une autre possibilité, comme pour le poète angevin Joachim du Bellay, le réformateur genevois Jean Calvin ou le philosophe Érasme de Rotterdam.

 

Il est même de si bon ton d’être passé par Paris, qu’on peut le prétendre même s’il n’en est rien : c’est le cas du poète toscan, Dante Alighieri, dont on est toujours incertain de la présence sur les bords de la Seine dans les années 1300, même si la Divine Comédie (Paradis, chant X) mentionné son maître Siger de Brabant :


C'est la lumière éternelle de Siger
qui, enseignant dans la rue du Fouarre,
syllogisa des vérités qui éveillèrent l'envie.

 
Les regrets de François Villon
 

Passer par l’Université demeure donc longtemps un moyen de se trouver une place dans le monde. Être réfractaire aux études semble, en revanche, le plus sûr chemin vers la déshérence. C’est la morale que François Villon étudiant joueur, voleur voire même assassin – tire de sa propre expérience, alors qu’il attend la mort dans un cachot du Châtelet :

 

Hé ! Dieu si j'eusse étudié
Au temps de ma jeunesse folle
Et à bonnes mœurs dédié
J'eusse maison et couche molle ;
Mais quoi je fuyais l'école
Comme fait le mauvais enfant.
(Le Testament, 1461)

 

Vue du collège de la Sorbonne en 1550, Rouen, musée national de l’Éducation. En agrandissement, vue et perspective de l'église de la Sorbonne par Adam Perelle en 1670.

La notion médiévale de collège

Il est difficile de donner des chiffres pour des périodes hautes n’utilisant pas la statistique ; les estimations les plus raisonnables évoquent 5 000 étudiants, les plus enthousiastes 20 000. Ce dernier chiffre semble bien avoir été atteint mais pas avant le milieu du XVe siècle.

 

À cette époque, Paris compte à peu près 150 000 habitants, chiffre similaire à celui des années 1250. La Peste Noire ayant tranché dans le vif d’une population montée à 275 000 habitants au début des années 1330. Pour loger cette foule, se créent des collèges. Ce sont des lieux de vie, non des lieux de cours. Étudiants et professeurs y sont logés aux frais du fondateur de l’établissement, mais apprennent et enseignent ailleurs, parfois même en pleine rue.

Porte Bordelle et abbaye Sainte-Geneviève sur le Plan de Truschet et Hoyau, 1550. En agrandissement, l'université à la fin du XVe siècle, Atlas historique de la Ville de Paris.  Ainsi, subventionnés par de généreux donateurs, des professeurs dépourvus de toute charge matérielle peuvent enseigner gratuitement à des élèves venus de tous les horizons, peu fortunés et dont le budget est déjà largement grevé par l’achat des livres et de fournitures.

 

Le premier collège – des Dix-Huit – est fondé par un Anglais en 1180, avant l’acte de naissance de l’Université. Jusque vers 1450, 60 établissements similaires éclosent sur les pentes de la Montagne-Sainte-Geneviève.

Certains sont séculiers, fondés dans le but d’accueillir avant tout les étudiants compatriotes du donateur (collège de Danemark, 1275 ; des Lombards, 1334 ; des Allemands, 1348).

 

 

Étienne de Lexington, abbé de Clairvaux, fonde le collège des Bernardins, XIIIe s. D’autres sont réguliers et encadrés par les moines d’ordres religieux : le collège des Cordeliers, fondé en 1217, celui des Bernardins, fondée en 1246 ou encore celui des Carmes, en 1255.

 

Ainsi se développe la cohabitation des activités d’hébergement et d’enseignement, qui devient ensuite la norme. Le terme collège prend alors le sens que nous lui donnons aujourd’hui.

 

Il existe de forts antagonismes entre les collèges réguliers et laïcs, les membres des seconds accusant parfois ouvertement les premiers d’endoctrinement.

 

Dans la Discorde des Jacobins (1250), Rutebeuf les accuse sans y mettre beaucoup de formes de prêcher dans « une école où ils veulent enseigner de force ». Plus loin, il stigmatise leur hypocrisie : «  Les Jacobins ont fait leur entrée dans le monde vêtus de robes blanches et noires. Toutes les vertus en eux abondent : qui le veut peut toujours le croire. Par l'habit, ils sont nets et purs, mais vous savez bien ce qu'il en est : si un loup portait une cape ronde, il ressemblerait à un prêtre.  »

 

 

Portrait de Messire Robert Sorbon, Fondateur du Collège. En agrandissement, statue de Robert de Sorbon dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne.Il faut dire qu’en ouvrant leur école, ces moines dominicains se posent en « briseurs de grève » et mènent les maîtres des autres facultés à reprendre les cours !

 

Malgré ces turbulences répétées au cours des siècles, de grands personnages s’investissent dans le soutien à l’Université : ainsi la reine Jeanne, épouse de Philippe IV, fonde le collège de Navarre en 1304.

 

Le cas d’école (si l’on ose dire) reste la Sorbonne : ou comment un collège comme les autres finit par incarner l’Université toute entière !

 

Robert de Sorbon, confesseur du roi Louis IX fonde en 1253 un collège à son nom, en exécution du legs d’un médecin de la reine. Grâce au 1 500 livres parisis de ce don, il crée une « pauvre maison » d’hébergement pour seize boursiers, choisis pour leur valeur intellectuelle, sans distinction de Nation ou de condition sociale.

 

 

 

Avec sa rigoureuse règle de vie « égalité, collégialité, moralité, scolarité » et ses excellents professeurs, la « pauvre maison » devient l’une des plus fameuses écoles de théologie de Paris. Ce prestige va s'étendre à l'institution universitaire dans son ensemble : c'est l'avènement de « La » Sorbonne.

 

 

L’installation en son sein de la première imprimerie de France en 1469 lui permet de devenir le fer de lance de la modernité universitaire. Mais déjà, les rois de France tentent de la ramener sous leur coupe, jugulant voire supprimant sa liberté médiévale.

 

 

Étudiants universitaires. Détail de: Pier Paolo delle Masegne et Jacobello da Bologna, Fragments de l'arche de Giovanni da Legnano (1320-1383), juriste, théoricien militaire et canoniste italien de l'université de Bologne, exposé au musée civique médiéval de Bologne. En agrandissement, le grand amphithéâtre de la Sorbonne.

Paris, troisième plus vieille université d’Europe

La naissance de l’Université de Paris s’inscrit dans un mouvement général qui touche la chrétienté en ce qu’il est convenu d’appeler le « beau Moyen Âge » (XIe-XIIIe siècles). Le mot université pour désigner une association de maîtres et d’étudiants est employé pour la première fois à Bologne en 1088 : la ville abrite donc toujours la plus vieille université d’Europe.

 

Ce regroupement était celui d’étrangers qui cherchaient à se prémunir d’une justice locale trop souvent expéditive à leur endroit. En s’associant, ils se mettaient chacun sous la protection du groupe. Cet état de fait vu validé par le droit lors de la promulgation d’un acte officiel de protection par l’Empereur Frédéric Barberousse en 1158.

 

La deuxième plus ancienne université européenne est celle d’Oxford. Une activité éducative y est évoquée dès 1096, mais ce n’est qu’en 1116 que l’on est sûr de la présence d’un enseignant (écolâtre) dispensant son savoir à une cinquantaine d’auditeurs. Les premiers privilèges juridictionnels sont accordés par le roi à cette communauté en 1165.

 

 

Vue de l'université d'Oxford. En agrandissement, vue des peintures murales pré-raphaélites de la bibliothèque de la Oxford Union Society pendant la nuit, montrant des œuvres de William Morris, Dante Gabriel Rossetti, WIlliam Riviere, Briton Riviere et Arthur Hughes.

 

Il s’agit alors pour Henri II de contrer les écoles cathédrales et notamment celle de l’évêque de Cantorbéry, Thomas Beckett. Comme à Paris, donc, c’est à une querelle avec l’épiscopat que l’université anglaise doit son essor. A ceci près, qu’outre-Manche, le conflit s’achève par l’assassinat de l’évêque par ordre du roi (1170).

 

L’écho entre Oxford et Paris se propage encore. Ainsi, par injonction royale en 1167, tous les étudiants anglais du Quartier Latin sont obligés de revenir étudier at home, et ceux qui rêvaient des bords de Seine sont invités à préférer le cours de la rivière Cherwell.

 

Enfin, lorsqu’en 1229, l’Université de Paris connaît sa première grève, parce que la justice royale s’y est exercée, a contrario des statuts de 1200, nombre d’étudiants partent pour Oxford. Ils ne reviendront pas à la reprise des cours, deux ans plus tard.

De fait, autrefois rebelles à l’autorité tant royale qu’ecclésiastique, les universités médiévales deviennent désormais rivales entre elles. Cela n’a pas changé huit siècles plus tard.

 

Source : Hérodote


29/11/2020
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DECLARATION DE DEPLACEMENT EN 1720

L'histoire n'est qu'un éternel recommencement !

 

 

 

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Source : Généalogie et Histoire


21/11/2020
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DEBORAH LEVY - CONFERENCE - PAR LES TEMPS QUI COURENT

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A l'occasion de la parution en français de ses deux courts ouvrages "Le coût de la vie" et "Ce que je ne veux pas savoir", publiés aux éditions du sous-sol et traduits par Céline Leroy, nous recevons ce soir l'écrivaine Deborah Levy. Elle est également récipiendaire du prix Fémina 2020. 

 

Pour  écouter la congérence cliquez sur le lien ci-dessous :

 

 

https://www.franceculture.fr/emissions/par-les-temps-qui-courent/par-les-temps-qui-courent-emission-du-lundi-16-novembre-2020?actId=ebwp0YMB8s0XXev-swTWi6FWgZQt9biALyr5FYI13OqeBiAsr9VRxxR8nw116tr5&actCampaignType=CAMPAIGN_MAIL&actSource=622059#xtor=EPR-2-[LaLettre17112020]

 

 

Deborah Levy est une poétesse, dramaturge et écrivaine britannique. Les lectures de Marguerite Duras et Virginia Woolf l'ont vivement encouragée à écrire.

 

Leurs oeuvres interrogent la conquête du territoire de l'écriture lorsque l'on est une femme.

 

En les convoquant dans ses écrits, et parmi d'autres références littéraires égrainées au fil du texte, l'auteure prolonge cette réflexion féministe à leurs côtés.

 

 

En 2013, Deborah Levy publie d'abord dans sa langue maternelle, "Things I Don't Want to Know" ("Ce que je ne veux pas savoir") en réponse à l'ouvrage "Why I write" de George Orwell.  Grâce au récit d'une fuite à Majorque, l'auteure nous fait l'écho de souvenirs d'enfance et d'adolescence liés à l'Afrique du sud, à l'apartheid, à un père -militant de l'ANC emprisonné-, aux oiseaux en cage et à l'Angleterre, comme pays d'adoption.

 

Plus tard, en 2018, elle publie "The cost of living" ("Le coût de la vie") qui s'inscrit dans un même projet littéraire, imaginé en trois tomes et qu'elle nomme "Living autobiography" ("l'autobiographie vivante"). Dans cet ouvrage, la narratrice a cinquante ans, un vélo électrique et surtout, au fond d'un jardin, un endroit à elle pour écrire. 


18/11/2020
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ANNE ROUMANOFF : UN SOURIRE DANS LA TEMPETE

 

Anne Roumanoff  est une humoriste de très grand talent.

 

Son talent ?   mettre en mots, avec humour, sans méchanceté, sans aucune vulgarité mais avec un discernement sans pareil,  mille et une scènes de notre vie de tous les jours.

 

Capable de nous faire rire aux larmes,  elle nous invite aussi, au travers de ses sketches à nous questionner et à réfléchir aux vérités cachées derrière les mots. 

 

Martine

 

 

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Dans sa chronique "Rouge vif", l'humoriste Anne Roumanoff se penche sur les commerces jugés "non-essentiels", frappés de plein fouet par le confinement.

 

 

Le libraire


Il a toujours aimé lire mais il n'y arrive plus trop en ce moment. Trop d'angoisse. Les charges qui tombent, le propriétaire qui réclame les deux mois de loyer en retard, le conseiller bancaire qui est un peu plus sec. "Désolé mais je ne peux pas donner des crédits à la terre entière.

 

Faites du click and collect." Son neveu lui a bricolé à toute vitesse un site Internet mais il paraît qu'il n'est pas bien référencé. C'est un métier de vendre sur Internet et ça n'est pas le sien. Lui, il aime faire des petites fiches manuscrites sur les livres et conseiller ses clients.


Il a mis son unique employée en chômage partiel, il a installé une table pour bloquer la porte de la librairie et faire comme un guichet. Parfois les visages s'éclairent : "Oh mais vous êtes ouvert." "C'est pour le click and collect", il répond. Puis, en baissant la voix : "Dites-moi ce que vous voulez et on va faire comme si vous l'aviez commandé.

 

" On lui dit  "bon courage" en baissant la voix comme s'il avait une maladie grave.

 

Derrière son guichet toute la journée, il attend que le téléphone sonne puis va sur le site vérifier s'il n'y a pas de commandes. Le quincaillier lui a pris quelques livres en dépôt.

 

Avant tout ça, ils allaient parfois boire des bières le soir dans le petit café d'à côté. L'autre jour, le quincaillier a vendu un livre de Marcel Proust à quelqu'un qui venait acheter des clous. Il était tellement fier que le libraire a souri derrière son masque, il y a juste cette boule dans la gorge qui ne s'en va pas.

 

 

La fleuriste


Comme la nuit elle ne dort plus, la journée elle ne tient pas debout, alors elle boit café sur café. Ses enfants ont dû s'apercevoir de quelque chose, quand ils rentrent de l'école ils jouent en silence et elle n'a même plus besoin de crier pour qu'ils rangent leurs affaires.

 

Elle a déposé des bouquets à 17 euros à la boulangerie d'à côté. La boulangère vend cinq, six bouquets par jour, c'est déjà ça, mais ce n'est pas comme ça qu'elle va arriver à payer les charges.

 

Les fleurs, c'est pour les fêtes, les anniversaires et les amoureux ; en ce moment il y a surtout des enterrements. Parfois, la fleuriste a des idées noires puis elle regarde ses enfants et elle se dit qu'elle doit tenir le coup.

 

 

L'intermittent


On lui a tellement répété qu'il était un privilégié qu'il a fini par le croire. C'est vrai qu'il fait un métier sympa avec des horaires sympas et des gens sympas. Pendant le premier confinement, il faisait des vidéos sur Internet, là il se demande comment il va payer son loyer. Parfois il a l'impression qu'il ne sert à rien.

 

 

Le restaurateur


Ça faisait longtemps qu'il rêvait d'avoir son restaurant. Depuis ses années d'apprentissage, quand il se levait à 4 heures du matin pour accompagner son patron à Rungis.

 

Il a ouvert en janvier 2020 et tout de suite ça a cartonné. Au premier confinement, il apportait des repas dans les hôpitaux et disait en rigolant : "On pourra dire que j'ai bien choisi mon année."

 

Là, il s'est inscrit sur Deliveroo, prépare des salades César en barquettes plastique à 9 euros et du chirashi saumon au quinoa à 11 euros : les gens dans les bureaux ne mangent que ça à Paris.

 

Le ministre de l'Economie a annoncé qu'il y avait des aides, mais il y a plein de trucs à remplir en ligne.

 

Le restaurateur a du mal, il manque toujours un papier. Il a dû aller aux impôts, la dame derrière le guichet a dit : "Eh ben, vous avez bien choisi votre année pour démarrer", et le restaurateur s'est mis à pleurer. 


17/11/2020
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LETTRE AU VIRUS PAR ERIC GOURDON

 

Cette  magnifique vidéo a été crée par Eric Gourdon,  il est l'auteur du texte mais également de la musique qu'il a composée et interprétée.

 

Je vous invite à parourir sa page sur Youtube  :  https://www.youtube.com/channel/UCQL_zjn0jNsQdh3ihA2buMw

 

 

Chapeau bas l'Artiste !!!

 

 

 


17/11/2020
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AUX ETATS UNIS LES PEUPLES AUTOCHTONES PAIENT UN LOURD TRIBUT

Navajo

Des Navajos arrivent à un point de distribution d'eau et d'aliments le 20 mai 2020, à Casamero Lake, Nouveau-Mexique. © Mark Ralston/AFP

 

 

La nation navajo concentre le plus fort taux d’infection au coronavirus du pays. Au-delà de la situation sanitaire alarmante, la crise est aussi économique. Avec la fermeture des casinos et l’arrêt brutal du tourisme, les tribus ont perdu leur principale source de revenus.

 

La Nouvelle-Orléans (États-Unis), correspondance.– La mesure drastique est unique aux États-Unis. Depuis la mi-avril, chaque week-end, un couvre-feu de 57 heures est imposé aux résidents de la nation navajo, le plus grand territoire amérindien du pays, qui s’étend sur trois États (Utah, Nouveau-Mexique, Arizona).

 

 

Les deux derniers couvre-feux ont été les plus stricts : les commerces alimentaires sont restés fermés, les salariés du secteur médical et du gouvernement tribal étaient les seuls autorisés à se déplacer.

 

Le reflet d’une situation qui s’aggrave. « J’ai peur qu’une large partie des habitants originels de ce pays meure à cause de ce virus », alerte Tyrone Whitehorse, un membre de la tribu.

 

Les dernières données liées au Covid-19 vont dans le sens de son analyse.

 

La nation navajo est désormais en pourcentage le territoire le plus affecté par le coronavirus aux États-Unis. Elle comptabilise plus de 4 840 cas positifs et 158 décès pour une population proche de 175 000 habitants. 

 

 

Les explications à ce constat sont multiples. Le territoire navajo est un désert aride où l’eau est un bien rare. Près de 40 % des habitants n’ont pas accès à l’eau courante.

 

Certaines familles doivent parcourir plus de 40 kilomètres pour s’en procurer. « Il est difficile de se laver les mains de manière fréquente quand vous vivez avec des réserves et que vous comptez chaque goutte », analyse Tyrone, titulaire d’un diplôme en santé publique.

 

 

La nation navajo est aussi un désert médical. Une douzaine de centres médicaux peu équipés parsème un vaste territoire équivalent à la superficie de l’Irlande.

 

 « Un de mes amis atteint du coronavirus est mort. Lorsque son état s’est aggravé, ses proches n’ont pas réussi à l’amener à temps à l’hôpital, se désole Tyrone, dont l’histoire familiale éclaire une autre difficulté. 

 

J’ai grandi avec mes grands-parents, mes parents. On vivait tous dans la même petite maison. Ce modèle d’habitat multigénérationnel, encore très présent, rend impossible le respect des règles de distanciation sociale », explique-t-il.

 

 

Quant au manque de réseau téléphonique et d’Internet sur une grande partie du territoire, il complique la communication des gestes barrières. « Il n’y a que le bouche-à-oreille ou les radios locales qui sont efficaces, détaille Tyrone, qui vit désormais dans l’Utah, en dehors de la réserve. 

 

Moi, dès que j’ai pu, j’ai averti ma grand-mère. » Un acte qui symbolise l’importance des aînés chez les Amérindiens, peuple de tradition orale. « Ils sont les gardiens de la mémoire des tribus à travers les histoires qu’ils connaissent et racontent », précise Tyrone, membre de l’association Protect Native Elders, qui se bat pour préserver cette riche culture malgré la pandémie actuelle.     

 

 

Face à la situation compliquée, Tyrone n’attend rien du gouvernement fédéral. « Nous, les Amérindiens, avons appris à ne pas compter sur eux », répète-t-il d’une voix résignée. En revanche, les Navajos bénéficient d’aides extérieures. Plusieurs organisations non gouvernementales interviennent pour les soutenir.

 

 

Parmi elles, Médecins sans frontières (MSF), qui a déployé, fin avril, une équipe de sept personnes dans les villes de Kayenta et Gallup.

 

 « La situation est inquiétante. C’est une crise de magnitude énorme », analyse Carolina Batista, la médecin responsable de l’opération pour MSF.

 

Il faut dire que la santé fragile des Navajos, reflet d’une précarité criante, amplifie les risques. « De nombreux habitants souffrent de diabète, d’obésité et d’hypertension, des facteurs qui exposent davantage au risque mortel du coronavirus », éclaire la doctoresse d’origine brésilienne.

 

 

Habituée à travailler avec les tribus d’Amazonie, elle retrouve des similarités dans son intervention auprès des Navajos : « Beaucoup ne parlent pas anglais. En termes de prévention, il faut adapter notre message. On s’appuie aussi sur les chefs locaux pour transmettre notre message. » 

 

Outre ce travail d’éducation, MSF propose des formations aux équipes de santé locale. « On assure aussi une logistique humanitaire en distribuant des kits comprenant de l’eau, des masques, du gel hydroalcoolique », complète Carolina Batista, ravie de l’accueil qui a été réservé à son équipe.

 

En dehors des Navajos, d’autres tribus, comme les Pueblos (Nouveau-Mexique), les Cherokees (Oklahoma) ou les Apaches (Arizona), sont touchées par le Covid-19.  

 

 

Au-delà de l’impact immédiat concernant la situation sanitaire, le coronavirus risque d’avoir des répercussions bien plus profondes sur la fragile situation économique des tribus indiennes.

 

Un élément l’illustre : la fermeture des casinos, principaux pourvoyeurs d’emplois et de taxes pour les gouvernements tribaux. Plus de 40 % des 574 tribus indiennes reconnues par le gouvernement fédéral possèdent un casino sur leur réserve.

 

Ces derniers avaient rapporté près de 18 milliards de dollars (un peu plus de 16 milliards d’euros) de taxes en 2019. Fermés depuis mi-mars, ils ne rapportent plus d’argent.

 

 

Dans le Wyoming, les Arapahos ont même transformé leur casino en site de quarantaine pour les malades. 

 

« Les rentrées fiscales ont été réduites à zéro pour certains gouvernements tribaux. Ils n’ont plus assez d’argent pour financer les centres de santé ou les services de protection de l’enfance », s’inquiétait dans un rapport paru mi-avril Joseph Kalt, codirecteur du département d’études sur le développement économique des Indiens d’Amérique à l’université de Harvard.

 

 

L’arrêt du tourisme national et international est aussi une variable qui aggrave la situation.

 

Le superbe panorama de Monument Valley ne génère plus de revenus pour les Navajos.

 

La fermeture du Skywalk, passerelle au sol transparent qui surplombe le Grand Canyon, a engendré d’énormes pertes financières à la tribu Hualapai, propriétaire du site.

 

 « La situation dramatique actuelle n’a pas d’équivalent pour les Amérindiens, si ce n’est celle de l’extermination des troupeaux de bisons au XIXe siècle », écrit dans son rapport Joseph Kalt.

 

Pourtant, les huit milliards de dollars déjà promis aux Amérindiens par l’administration Trump tardent à renflouer les comptes des tribus.

 

À tel point que certaines d’entre elles ont entamé une action en justice pour dénoncer ce délai. C’est une nouvelle illustration des relations toujours tendues entre les peuples autochtones et les autorités fédérales.  

 

Source : Médiapart

 


indiens

 

HOMMAGE AUX INDIENS D’AMERIQUE

 

 

Le ciel est notre père et la terre notre mère,

 

Montagnes et collines, colonnes de nos corps,

 

Les ruisseaux nos artères ou coule notre sang.

 

Dans le cercle de vie qui nous baptisa frères,

 

Sont nées bien des Tribus aux multiples penchants,

 

Mais langage des signes, savoir originel,

 

Potlatch et Chinook célèbrent leurs grandeurs.

 

 

 

 USEN  nous a crées, il nous a tout donné,

 

De la terre, le soleil, du Kamass, des bisons,

 

Nous débitions des cèdres pour construire nos maisons,

 

Où nos mâts totémiques tutoyaient l'horizon.

 

Nous creusions, décorions  de grandes embarcations,

 

Pour remonter les fleuves et pêcher le saumon.

 

 

 

 

Nous vivions isolés de toute humanité,

 

Du détroit de Behring à l'Isthme de Panama,

 

Les immenses espaces nourrissaient par milliers,

 

Pueblos et  Comanches dans la paix et sans loi.

 

 

 

 

 

Pour certains de mes frères, une vie sédentaire,

 

Fidèles en toute chose à l'esprit de leur mère,

 

Les chasses estivales en direction des plaines,

 

Tandis que Pénélopes tissent  toute la laine.

 

Puis le retour chez eux pour récolter l'hiver.

 

 

 

 

D'autres frères, nomades, conduisent  les troupeaux,

 

Ils dressent leurs tipis et échangent des peaux.

 

Cavaliers émérites ils traversent le temps,

 

Pour siéger au conseil des Sages ascendants.

 

 

 

Dans le murmure de l'eau est la voix de mon père,

 

Elle porte nos canoës et nourrit nos enfants,

 

Elle me dit le respect pour toutes créations,

 

Elle dicte ma conduite, définit ma mission.

 

  

 

La terre n'est pas à moi, elle ne m'appartient pas,

 

Peut-on vendre le ciel  chaleur de l'atmosphère,

 

Le ressac des vagues ou la brume légère.

 

Et comment acheter la mélodie  du vent,

 

Qui frôle en chantant surface de l'étang,

 

Ou  l'air ce bien précieux que tous partageons,

 

L'arbre, la bête et l'homme alors que nous naissons.

 

 

 

 

 Moi et lui ….. l’Homme Blanc

 

 

Puis il a navigué  sur le grand océan,

 

Pour découvrir mon peuple, un autre continent,

 

Nos îles enchanteresses et ses gentils sauvages,

 

Attirent caravelles, voyageurs sans bagage.

 

 

 

D'eux, nous  sommes  curieux, amicaux et serviables,

 

Nous offrons poteries, couvertures et retables.

 

 

 

 

Mosaïque de langues et de populations,

 

Ciel et Terre, nos parents, étaient notre  nation,

 

Nous voulions conserver notre mode de vie,

 

Avant- garde du monde nous étions les premiers,

 

Mais de cet univers, ils voulurent nous gommer.

 

 

 

 

A leurs yeux nous ne sommes qu'un peuple de barbares : 

 

« De tous ces misérables, il faut sauver les âmes,

 

De dense obscurité faire naître la lumière,

 

Effacer litanies, chants sacrés de leurs pères,

 

Bafouer leurs idoles, louer le Dieu vivant,

 

Réduire  leur histoire au simple  temps présent »

 

 

 

 Alors ….

 

 

Ils raptent nos enfants  pour les scolariser,

 

Par la force, peu à peu, les détribaliser,

 

De leur identité  gratter l'impureté.

 

Pour la première fois ont coupent leurs cheveux,

 

Vêtus d'un uniforme ils offensent leurs dieux,

 

Soumis à la doctrine, rejet de leur passé,

 

Dotés d'un nouveau nom  leur faire tout oublier.

 

 

 

 

Sous couvert de la foi  propagent l'esclavage,

 

Moquant notre  innocence nous réduisent au servage,

 

Nous enseignant l'alcool, porteurs d'épidémies,

 

Récitant «  Notre Père » ils déciment la vie.

 

 

 

 

Créant moult comptoirs qu'ils « disent » administrer,

 

De la traite des fourrures ils voudront s'emparer,

 

En bloquant  l'Outaouais, mes frères les Iroquois,

 

Réserveront castors aux seuls « coureurs des bois »

 

 

 

 

Légifèrent, convertissent, punissent rébellion,

 

« La Land Ordinance » agite ses démons,

 

Coupe l'Ouest en damier pour mieux l'or exploiter,

 

Encadre de nos terres les appropriations.

 

Noyés dans la poussière des tirs à munitions,

 

Quelques volées de flèches pour unique bastion,

 

Protégeant notre mère vaillamment nous luttons.

 

 

 

 

Mon peuple est  déplacé, déporté, exilé,

 

Sur les pas de l'exode s'allongent nos ainés,

 

En repoussant sans cesse frontières de l'omission,

 

Sur la piste des larmes ils graveront mon nom.

 

 

 

Les conflits qui opposent les puissances d'Europe,

 

Vers nous, le Nouveau Monde, s'étendent  et puis galopent.

 

Les zones d'influence colorées de drapeaux,

 

Placent nos existences entre enclume et marteau,

 

Semant  parmi les miens  fratricides et chaos.

 

 

 

Dans  cette guerre civile où nous sommes étrangers,

 

Un quart de notre peuple sera exterminé,

 

Devant les revenants des camps de réfugiés,

 

Où Nordistes et sudistes sont toujours divisés,

 

Ne s'étendent que ruines et pays dévasté.

 

 

 

 

Pourtant les Cinq Tribus dites « civilisées »

 

Rassemblent le bétail et plantent des vergers,

 

Exigeant  des traités et quelques annuités,

 

Elles  ouvrent des écoles pour tout recommencer.

 

 

 

 

Mais bien d'autres batailles devront être menées,

 

Par le Cheval de Fer  et de nouveau spoliés,

 

Hypothéquant nos terres pour financer ses lignes,

 

« La Katy » les spécule  entérinant les crimes.

 

 

 

 

Ce tout nouveau trafic perturbe les migrations.

 

Pour le gain, le profit ou l'alimentation,

 

C'est un massacre en masse des troupeaux de bisons,

 

Qui multiplie les lunes de nos lamentations.

 

 

 

 

Désespoir et colère devant la destruction,

 

Des bêtes nos âmes si pures , de notre religion,

 

Menacés dans l'essence même de l'existence,

 

Comment demeurer calmes  et maîtres de nos sens.

 

 

 

Nous n'aurons d'autre choix que nous assimiler,

 

Prisonniers des réserves où nous seront parqués,

 

Nous signons des accords qu'ils violent impunément,

 

En foulant à nos pieds  décrets et règlements.

 

 

 

 

De chagrin, de tristesse, mes frères s'endormiront,

 

Privés de liberté et du chant des saisons.

 

Nous étions multitude, réduite à quelques ombres,

 

Hantant Pères Pèlerins pleurant sur les décombres.

 

 

 

 

Dans le murmure de l'eau est la voix de mon père :

 

« Les cendres de nos ancêtres  sont foulées par nos pieds,

 

Toutes les choses entre elles ici-bas sont reliées,

 

L'homme n'a pas tissé la toile de la terre,

 

Il bâtit de son fil un travail délétère,

 

Relève-toi mon fils, écris notre passé,

 

Conjugue les présents pour mon éternité »

 

 

 

 

Dans le murmure de l'eau j'ai entendu ta voix,

 

 Dors  du sommeil du juste  Père ne vois-tu pas,

 

Ce  chef  Lakota, hautain, le bras tendu,

 

Désigne dans le geste nos terres redevenues,

 

Et  sculpte dans la roche le chemin parcouru.

 

 

 

 

Pléiade d'étendards vénère ton mémorial,

 

Respectant  les Black Hills et nos cérémonials.

 

Nos chants, notre culture honorent  les Anciens,

 

Pacifistes guerriers, Immortels  Indiens,

 

Unis sous la bannière du peuple Américain.

 

 

Martine

 


27/06/2020
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LOUIS PASTEUR (1822- 1895) LA RAGE DE COMPRENDRE

 

 

 

Chimiste de formation, Louis Pasteur débute ses recherches sur la cristallographie avant de mener une carrière jalonnée de découvertes capitales qui feront de lui l'instigateur des plus grandes révolutions scientifiques du XIXème siècle.

 

Biologie, agriculture, médecine ou hygiène, il se distingue dans de nombreux domaines mais l'Histoire le retient surtout comme l'inventeur de la « pasteurisation » en 1865 et du vaccin contre la rage en 1885.

 

Il est aussi à l'origine du premier institut de recherche moderne, l'institut Pasteur.

Pour établir sa notoriété planétaire, l'infatigable Pasteur a fait preuve d'une rage de vaincre et d'un travail acharné. Retour sur le parcours de ce scientifique passionné... et autoritaire.

 

 

Un touche-à-tout ambitieux et volontaire

Louis Pasteur est né dans la petite ville de Dôle, dans le Jura, le 27 décembre 1822, dans le ménage d'un riche négociant en tannerie. Élève doué, sans plus, il manifeste d'excellentes dispositions pour la peinture mais y renonce à 19 ans pour se consacrer tout entier à la science, contre l'avis de son père qui préfèrerait le voir reprendre les affaires familiales.

 

 

En 1842, il est classé 16e au concours d'entrée à la prestigieuse École Normale Supérieure de la rue d'Ulm (Paris). Jugeant son rang insuffisant, il dédaigne d'entrer à l'École et repasse le concours l'année suivante. Il est cette fois classé 5e. Cela le satisfait. Il entre à l'École dans la section physique et chimie.

 

 

Le jeune chercheur se lance dans la cristallographie. Avec des moyens de fortune, il met en oeuvre la méthode expérimentale qui fera son originalité et sa gloire.

 

Il découvre ainsi l'existence de dissymétries dans la manière dont des molécules de même nature polarisent la lumière. C'est un premier succès qui lui vaut la reconnaissance de ses pairs et un poste de professeur à l'Université de Strasbourg puis de Doyen de l'Université de Lille.

 

1857 : de l'étude de la fermentation...

À la faculté de Lille justement, il est sollicité par l'un de ses élèves, Émile Bigo, pour élucider un dysfonctionnement de la fermentation de la bière. Dans l'usine de son père, la production d'alcool de betterave par fermentation rencontre de grosses difficultés.

 

Alcool, pain et choucroute sont des produits courants obtenus par fermentation mais ce processus reste mystérieux aux yeux des scientifiques. La plupart d'entre eux dont Justus von Liebig pensent qu'ils s'agit d'une décomposition du sucre.

 

La conviction de Pasteur est tout autre. Il découvre dans les jus de fermentation alcoolique et lactique des substances dont il soupçonne qu'elles ont été créées par des microorganismes vivants. De fil en aiguille, ces premiers résultats vont le conduire de la chimie à la biologie puis à la médecine, sans perdre de vue la mise en application de ses découvertes, avec les revenus qui vont avec (« Il n'y a pas de sciences pures et de sciences appliquées, il y a la science et les applications de la science », écrit-il).

 

 

Nommé directeur des études à l'École Normale Supérieure à Paris, Pasteur poursuit ses travaux sur la fermentation dans un laboratoire de fortune aménagé dans les combles. Il publie ses premiers résultats dans un Mémoire sur la fermentation dite lactique (1857).

 

 

On peut dater de cette année-là le début de la « révolution pastorienne ». La même année, la France entre de plain-pied dans l'ère industrielle sous l'égide de Napoléon III et en Grande-Bretagne, le savant Charles Darwin jette les bases de la théorie de l'évolution dans une lettre mémorable. Aux Indes, une révolte amène les Britanniques à consolider leur domination...

 

... à la découverte des microbes

Le succès de Pasteur n'est pas immédiat, loin s'en faut ! Dans les milieux scientifiques, les partisans de la « génération spontanée » dénigrent tant et plus ses assertions. Parmi eux figurent d'illustres savants comme Marcelin Berthelot, Justus von Liebig et Friedrich Wöhler (auquel on doit la synthèse de l'urée).

 

Pour eux, la fermentation se ramène à une réaction chimique en présence d'un catalyseur.

Faisant front avec un entêtement exceptionnel, Louis Pasteur va mettre plusieurs années à les convaincre de leur erreur.

 

Il démontre que les microorganismes responsables de la fermentation, c'est-à-dire de la transformation du sucre en alcool, viennent de l'environnement et ne sont pas créés ex nihilo.

 

Il démontre aussi que ces microorganismes - des levures (microchampignons) - utilisent la fermentation pour fabriquer l'énergie indispensable à leur survie en l'absence d'oxygène.

Ces démonstrations passent par d'innombrables expérimentations et la mise au point de procédés innovants et astucieux pour isoler les substances fermentescibles (Pasteur fait par exemple mûrir des raisins en serre, dans sa maison du Jura, à l'abri de l'air ambiant).

 

 

Fort de ce savoir-faire expérimental, le savant met au point une technique de chauffage destinée à protéger les liquides tels que la bière ou le lait contre les ferments. C'est la « pasteurisation » dont le brevet est déposé en 1865.

 

Elle permet aux industriels d'améliorer les procédés empiriques de fermentation utilisés depuis des millénaires pour la fabrication du vin, de la bière ou du fromage ainsi que les procédés de conservation des aliments.

 

 

Ce succès vaut au savant d'être reçu par le couple impérial à Compiègne. La même année, en 1865, il est sollicité par un ancien professeur pour étudier une mystérieuse maladie qui affecte les vers à soie dans la vallée du Rhône et ruine la sériciculture ardéchoise.

 

Le savant met en évidence l'existence d'un « microbe » responsable de la maladie des vers à soie (le mot « microbe » lui-même ne sera inventé qu'en 1878 par le chirurgien Charles-Emmanuel Sédillot à partir du grec mikros, « petit », et bios, « vie »).

 

 

Tout cela, Pasteur l'effectue au prix d'un labeur acharné doublé de terribles épreuves personnelles : la perte de trois filles sur cinq enfants et une hémorragie cérébrale qui le laisse à 46  ans partiellement paralysé d'un bras et d'une jambe (sans compter sa démission de l'École Normale Supérieure, où on le juge trop autoritaire).

 

Les drames dont il est victime forgent son caractère déjà bien trempé, et pas toujours facile. Suite à ses excès d'autorité à l'encontre des étudiants, Pasteur est contraint de démissionner de sa charge d'administrateur à l'École normale en 1867. La même année, il est nommée à la tête de la chaire de chimie de la Sorbonne.

 

 

En 1871, apprenant le bombardement du Muséum d'histoire naturelle de Paris par la Prusse, Louis Pasteur renvoie à l'université de Bonn son diplôme de docteur honoris causa. Il dépose un brevet sur la fabrication de la bière. Par défi envers l'Allemagne, il la nomme « bière de la revanche nationale ».

 

1875 : promotion de l'asepsie et de l'hygiène

Louis Pasteur (1878, portrait par Paul Nadar)

 

Ses recherches conduisent Pasteur à se rapprocher pas à pas du domaine thérapeutique. Il lui vaudra ses plus grands titres de gloire... mais aussi la haine des sommités médicales et de l'Académie de médecine, jalouses de l'incursion de ce physicien dans leur domaine de compétence.

 

 

Le public découvre qu'il est possible grâce à l'hygiène de se protéger contre les maladies transmises par les microbes.

 

Dès 1875, un prestigieux chirurgien écossais du nom de Joseph Lister met en pratique à Edimbourg des procédures antiseptiques d'avant-garde suite à la lecture du mémoire de Pasteur sur la fermentation lactique. Il ne manque pas une occasion de rappeler sa dette à l'égard du savant français.

 

 

Celui-ci, orateur de talent, se fait le chantre de l'asepsie et de l'hygiène.

Comme avant lui le médecin obstétricien Ignace Semmelweis, il prescrit aux chirurgiens de se nettoyer soigneusement les mains avant d'entrer en contact avec un patient, geste qui nous paraît aujourd'hui relever de l'évidence... Il s'ensuit une amélioration notable de l'espérance de vie partout dans le monde.

 

1877 : découverte des virus et promotion de la vaccination

En 1877, Pasteur est conduit à travailler sur le « charbon », une maladie qui ravage les élevages de moutons, en concurrence avec un jeune médecin de campagne allemand, Robert Koch.

 

Celui-ci a montré que la maladie était due à un microorganisme présent dans le sang des moutons malades et en forme de bâtonnet, d'où son nom  de bactérie attribué en 1838 (d'un mot grec qui signifie « bâtonnet »).

 

 

Les moutons sont affectés par la maladie dans des « champs maudits » et Louis Pasteur découvre qu'il s'agit de champs dans lesquels ont été enterrés les animaux précédemment morts du charbon : les vers de terre ramènent à la surface les bactéries mortifères !

 

 

Dans la foulée, Louis Pasteur étudie le choléra des poules et fait à cette occasion une découverte d'une grande portée : cette maladie, comme vraisemblablement bien d'autres maladies infectieuses de l'animal et de l'homme, peut être prévenue par la vaccination, autrement dit par le procédé mis au point de façon empirique par le docteur Jenner, 80 ans plus tôt, pour immuniser les sujets contre la variole. 

 

 

En étudiant également la rage, maladie qui terrorise les populations par la brutalité de ses symptômes, affecte les chiens et les renards et peut se transmettre aux humains, Louis Pasteur confirme l'existence de virus porteurs de la maladie. Beaucoup plus petits que les bactéries, les virus (ainsi baptisés par Jenner d'après un mot latin qui signifie poison) sont invisibles au microscope et, heureusement, ne se multiplient pas d'eux-mêmes dans un milieu de culture.

 

 

Émile Roux (17 décembre 1853, Confolens, Charentes ; 3 novembre 1933, Paris)Fort de ses résultats, le savant développe avec le jeune médecin Émile Roux une méthode en vue d'inventer et de produire des vaccins adaptés à chaque maladie infectieuse, pas seulement la variole.

 

 

Le 5 mai 1881, animé par son sens de la communication, Louis Pasteur mène une expérience décisive sur cinquante brebis à Pouilly-le-Fort (Seine-et-Marne). Sous le regard du public et de la presse, il leur inaucule la maladie du charbon et en vaccine la moitié.

 

 

Celles-ci survivront et les autres mouront. C'est le triomphe de la vaccination... et de Pasteur.

 

 

Le savant français va avoir soin de dépouiller Robert Koch de ses mérites dans l'identification des causes des maladies infectieuses. Mais l'Allemand va prendre sa revanche dans un autre champ de recherche, la tuberculose.

 

En concurrence là aussi avec l'équipe de Pasteur, il met en évidence la bactérie responsable de la maladie et lui laissera son nom, le « bacille de Koch ». Ses succès et ses travaux suivants sur le choléra lui vaudront le Prix Nobel de médecine en 1905, à 61 ans...

 

 

L'expérience de Pasteur à Pouilly-le-Fort le 5 mai 1881 (gravure du Pèlerin, 5 novembre 1922)

 
 
Une proposition stupéfiante de Pasteur à l'Empereur du Brésil
 

Le 22 septembre 1884, Pasteur écrit à l'empereur du Brésil Pedro II. Il formule une proposition stupéfiante : offrir aux condamnés à mort la possibilité d'échapper à leur sentence en devenant cobayes !

 

 

« C’est ici que pourrait intervenir très utilement la haute et puissante initiative d’un chef d’Etat pour le plus grand bien de l’humanité. Si j’étais Roi ou Empereur ou même Président de République, voici comment j’exercerais le droit de grâce sur les condamnés à mort. 

J’offrirais à l’avocat du condamné, la veille de l’exécution de ce dernier, de choisir entre une mort imminente et une expérience qui consisterait dans des inoculations préventives de la rage pour amener la constitution du sujet à être réfractaire à la rage.


Moyennant ces épreuves, la vie du condamné serait sauve. Au cas où elle le serait – et j’ai la persuasion qu’elle le serait en effet –, pour garantie vis-à-vis de la société qui a condamné le criminel, on le soumettrait à une surveillance à vie.


Tous les condamnés accepteraient. Le condamné à mort n’appréhende que la mort.»

 

 

Mais Pasteur s'est mal renseigné ! Au Brésil, la peine de mort pour les crimes civils a été abolie huit ans plus tôt, en 1876. Ce fut le deuxième pays d'Amérique à abolir la peine de mort après le Costa Rica... Malgré la grossière erreur du scientifique, Pedro II participera aux financement de la création de l'Institut Pasteur.

 

1885 : le tournant de la rage

Ses succès en cascade valent la gloire à Pasteur, y compris une élection à l'Académie française le 8 décembre 1881 au fauteuil d'Émile Littré. Mais la fortune n'est pas au rendez-vous. Le savant, en effet, a déposé des brevets sur ses inventions mais en a cédé les droits à l'État afin de leur assurer la plus grande diffusion possible (c'est ainsi par exemple que la « pasteurisation » est très vite mise en oeuvre jusqu'en Californie).

 

 

 

Le meilleur reste à venir. Le 6 juillet 1885, tandis que la France de la IIIe République est à son zénith, Louis Pasteur reçoit dans son cabinet de l'École Normale Supérieure un petit berger alsacien, Joseph Meister (9 ans).

 

 

Celui-ci a été mordu par un chien peut-être enragé. Contre l'avis des médecins allemands qui voulaient le garder à l'hôpital pour un diagnostic précis, sa mère a obtenu d'aller en France et de le conduire à Paris auprès du célèbre savant. Elle supplie celui-ci de le vacciner, quels qu'en soient les risques.

 

 

Louis Pasteur obtient l'assentiment de deux médecins, le pédiatre Grancher et le docteur Vulpian, spécialiste de la rage. Indifférent à notre « principe de précaution », il inocule alors à l'enfant un nouveau vaccin mis au point dans son laboratoire par le docteur Émile Roux.

 

 

Ce dernier a toutefois refusé de s'associer à l'expérience. Il est vrai que, quelques jours plus tôt, le 22 juin 1885, un premier essai sur une fillette de onze ans, Julie-Antoinette Poughon, n'a pas permis de la sauver.

 

Après une série de treize longues et douloureuses injections, le petit Joseph sort guéri de l'épreuve au grand soulagement de Pasteur...

 
Fidèle à en mourir
 

Joseph Meister deviendra plus tard le dévoué gardien de l'Institut Pasteur et lorsque, le 16 juin 1940, des officiers allemands demanderont à se recueillir devant la tombe du grand homme, il choisira de se suicider plutôt que de les laisser entrer.

 

 

Louis Pasteur connaît un deuxième succès avec la vaccination d'un berger de 14 ans, Jean-Baptiste Jupille, qui s'est interposé au péril de sa vie entre un chien sauvage et un groupe d'enfants.

 

 

Avec un art consommé des relations publiques, le savant magnifie sa double victoire sur la rage (victoire toute relative sur une maladie marginale, car des chercheurs doutent aujourd'hui que ses jeunes patients aient été mordus par des chiens vraiment enragés et l'équipe pastorienne connut par la suite plusieurs échecs à l'origine de vives critiques).

Une réputation planétaire

Au comble de la gloire, Louis Pasteur satisfait son goût pour les honneurs et les décorations. Mais surtout, il arrive à capter une partie de la générosité populaire au profit de la recherche médicale. C'est ainsi qu'il lance une souscription en vue de fonder l'Institut qui portera son nom. C'est le premier institut de recherche scientifique de l'époque moderne... « Il n'est pas une pierre qui ne soit le signe d'une généreuse pensée », dit-il de l'édifice élevé au sud de Paris, dans le quartier de Vaugirard. Il le dirigera jusqu'à sa mort, le 28 septembre 1895.

 

 

La France organise des obsèques nationales pour celui que certains désignent avec quelque exagération comme « le plus grand bienfaiteur de l'humanité ». Inhumé dans son Institut, le savant continue d'inspirer ses chercheurs...

 

 

Depuis plus d'un siècle en effet, les « Pastoriens » multiplient les découvertes que sont venus couronner huit prix Nobel, dont les professeurs Jacob, Monod et Lwoff en 1965. En 1891, Émile Roux met au point le sérum antidiphtérique. En 1894, Alexandre Yersin isole à Hong-Kong le bacille de la peste. En 1921, Albert Calmette et Camille Guérin mettent au point le vaccin BCG contre la tuberculose. En 1983, le professeur Luc Montagnier et Françoise Barré-Senoussi découvrent le virus du sida...

 

 

Bibliographie

René Dubos (1901-1982) : La leçon de Pasteur (206 pages, Albin Michel, 1987). Limpide, vivant et chaleureux, il aborde à la fois les aspects humains et professionnels de la vie de Pasteur. Un livre propre à transmettre la passion de la science.

 

Source : Herodote .net

              Youtube

 


17/05/2020
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