Bienvenue dans mon Univers

Bienvenue dans mon Univers

MES POESIES

Depuis ma tendre enfance je joue avec les mots,

Ces mots qui me racontent et sont aussi "cadeaux"

Ils s'en vont, ils s'en viennent sans trop savoir comment,

Décrivant joies et peines et autres sentiments.

J'aime à les écrire pour ne jamais les dire,

J'ai peur que prononcés,ils ne soient "abîmés"

Avec vous je veux bien  un peu les partager,

Comment ? tout simplement, il vous suffit d'entrer !

MARTINE

 


MICHE-ANGE

SISTINE-CHAPEL_LYON-

 

Armé d'assiduité, apprenti aspirant,

Le "Christ en majesté" le vêt de sentiments,

Au "jardin de Laurent" école du destin,

L'esprit de démesure anoblira ses mains.

 

Prisonnier de Saint Pierre, Moïse brise ses chaînes,

Devant le Palazzo, David prêt au combat,

Menace de sa fronde le frère torrent de haine,

Avant de s'épuiser de matines au trépas.

 

Sa jeunesse et la gloire, ennemis du commun,

Le transmue en génie, bourru, inopportun,

Perché sur l'échafaud, décorant la Sixtine,

Masqué de l'écorché, il séjourne aux abîmes.

 

Acteur du dernier jour, il juge ses semblables,

Secouant la poussière recouvrant leurs entrailles,

L'énergie et la force de l'oeuvre vengeresse,

Expriment la torture plutôt que la caresse.

 

Contraint de servir Dieu du bout de ses pinceaux,

Captif, esclave rebelle, habité par "le beau"

Je l'ai longtemps boudé, rival de Léonard,

Mais ils ont de concert sublimé tous les arts.

 

Martine

Le 16/11/2023


16/11/2023
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AU DORMEUR DU VAL

Rimbaud

 

AU  DORMEUR DU VAL

 

C'est  pour vous dire mes joies,

C'est pour vous dire mes peines,

Que je couche les mots,

D'où s'envolent mes rêves.

 

 

Depuis mon plus jeune âge,

Gamine aux tresses d'or,

Vous régnez sans partage,

A mon tableau d' honneur.

 

 

Au creux d'un petit  val,

Je suis votre vassal,

Vous élisant Mentor,

Voyageurs  sans bagage,

Nous partageons nos heures.

 

 

 

Souvent dans la nuit noire,

Vous racontez  tout bas,

Mon écoute pensive fabule votre histoire ....

Partageant les souffrances de vos mille combats.

 

 

Ballotés par le fleuve,

Au coeur du bateau ivre,

L'envolée de vos lyres,

Nous accoste en Terre-Neuve.

 

 

 

Votre danse sonore du matin des étrennes,

Résonne dans ma tête à chaque jour de fête,

La vision récurrente d'un oiseau coloré,

Guide parfois mes pas tout au long des sentiers.

 

A mes yeux

 

 

De toute éternité, "l'homme aux semelles de vent"

Par le génie du verbe restera un enfant

 

Martine

 


12/12/2022
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KARL

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KARL

 

Enfant d'un monde perdu aux airs de gentilhomme,

De soie, déjà vêtu, même haut comme trois pommes,

Au manoir familial il trône, hôte royal,

Revenant et doté d'une mémoire abyssale.

 

 

De la cour Frédéric où siège parfois Voltaire,

Preuve de mille éclats et baignée de lumière,

Il voudra l'harmonie du décor au vêtement,

Poudrant au jour le jour sa vie de raffinement.

 

 

On le disait Kaiser, il se voulut Seigneur,

Migrant de Notre Dame il fuit le spectre horreur,

Maître de novations, parade au Café Flore,

De cinglants mots d'esprit il est conquistador.

 

 

Homme de culture au destin peu commun,

Il oeuvrait pour les autres sans leur tendre la main,

Attachant, inquiétant, mystérieux et distant,

Il tissait en nuances en bâtissant le temps.

 

 

Amis puis rivaux aux destins se croisant,

Un diable de dandy deviendra leur pendant,

De la Griffe au Prolixe qui fût le plus  doué ?

La passion et  l'amour les a tous deux brisés.

 

 

Sublimant la beauté tout au long des années,

Sa sensibilité  distillait liberté,

L'univers  de la mode a perdu un géant,

Qui d'un coup de crayon jouait comme un enfant.

 

Martine

 

le 22 Mai 2022

 

 

 

 

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22/05/2022
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L'UKRAINE PEUPLE COURAGE

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En écrasant l'humain pour planter sa bannière,

Poutine tue liberté , abolit les frontières,

Il parle avec ses chars pour voler territoires,

Ecrasant de sa botte l'Europe et son histoire.

 

 

 La guerre  asservissant dans passé et présent

Baptise les vainqueurs du nom de conquérants,

Ils  massacrent, bombardent, hôpitaux, bâtiments

Ceux là même qu'hier ils appelaient parents.

 

 

Un triptyque d'autocrates redessine les cartes,

Leurs mégalomanies tutoyant tous les cieux,

Celui-ci spectateur, gomme peu à peu la charte,

Libérant de l'espace à l'empire du milieu.

 

 

L'amère réalité c'est l'horreur de la guerre,

La cohorte de morts devenue statistique,

L'humanité malade de ses peuples apathiques,

De stupeur s'est figée comme blocs de pierre.

 

 

Pour fuir les exactions et préserver leurs vies,

Les femmes et leurs enfants avancent vers l'exode,

Une intense prière s'élève de Sainte Sophie,

Pour faire taire les armes de par les antipodes.

 

 

Mais l'union des nations a élevé le ton,

Elle brandit le fanion, applique les sanctions,

L'ours soudain solitaire, sorti de sa tanière,

Va devoir annihiler sa doctrine délétère.

 

 

Alors bientôt peut-être et pourquoi pas demain,

La ronde des humains se prendra par la main,

Pour éteindre le feu, assourdir le tonnerre,

 

Et  de la paix sur terre bâtira l'acrotère.

 

Martine

 


13/03/2022
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VINCENT

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Ton  prénom prononcé partout  sur la planète,
Eclate de couleurs, allume les comètes.
Tu fus très près de Dieu  mais l'ombre te fit peur,
Et tu choisis la vie, ignorant ses douleurs.
 
Théo de son soutien croit  en tes lendemains,
Il est ami et frère et subis tes galères,
De La Haye à Paris, d'Anvers à ST Rémy,
Tu peins et lui expose ton art en galeries.
 
Ton milieu, sa morale avec ses conventions,
N'épouseront jamais tes moindres convictions.
Tu as ouvert les yeux sur les petites gens,
Tes tableaux les racontent les tirant du néant.
 
 A chemin tourmenté, équilibre fragile,
Et tel un funambule tu marches sur un fil,
D'amour en amitié tu ne puis point trouver,
Un être de lumière pour vivre à tés côtés.
Tu fus souvent bien seul, peignant les sentiments,
Au gré de tes humeurs, couleur ou noir et blanc.
 
Après bien des années de travail, de misère,
Méconnu dans ton Art, décrié par tes pairs (père)
Ton travail acharné, de natures en portraits,
Te qualifie enfin de Précurseur du Trait.
 
Pourquoi alors  qu'au loin tu aperçois  la gloire,
Décides- tu soudain d'un point à ton histoire ?
Et ce frère aimant bien au- delà des mots,
Qui quelques mois plus tard partagea ton repos ?
Secondes de folie mirent fin à deux vies,
D'un être trop sensible et de son frère Génie !
 
Tu ne fus pas heureux, incompris, tourmenté,
Décrivant le réel mais toute vérité,
Avant  de prendre forme doit être méditée !



Pourtant  VINCENT  tu vois,  sur ta vie sur ton œuvre,
Il n'y a plus de voile,
La lumière et la vie s'envolant de tes toiles,
Ont mené  ton destin au sommet des étoiles.



 MARTINE

 


03/09/2017
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GRAND-MERE

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 GRAND-MERE

 

 

Tu es partie depuis si longtemps,

 

Et pourtant ………..

 

Mon chagrin multiplie les ans.

 

Eclairant ma mémoire, le ciel de ton regard,

Charmait la galaxie en  congédiant  les nuits.

 

 

Presque sexagénaire, tu fus mon père, ma mère,

M’habillant de sourires pour me taire tes galères,

Vivre l’instant présent pour semer  l’insouciance,

Remparts de  rituels pour nourrir ma confiance,

 

Et pourtant ……

 

Une partie de moi-même demeure tout près de toi,

Je reste cette enfant qui ne grandira pas.

 

 

 

Chaque jour pour l’école  tu te levais poltron,

Pour tresser mes cheveux,  empeser mes jupons,

Me vois-tu de là-haut toujours bien repassée,

Célébrant par le fer un peu d’hérédité ?

 

 

 

Cette pierre muette où s’est inscrit ton nom,

Enterrait ton histoire et les générations,

De paroisses en  registres  j’ai remonté le temps,

Pour te dire tout bas qui tu étais vraiment.

 

 

Emigrant Savoyard ton grand-père Louis,

Epousera à Lyon une fille du midi,

Héritant de ta mère deux perles de l’océan,

Je lis ton atavisme rédigé en Allemand.

 

 

Ton désir de voyages et de pays lointains,

Me raconte au présent l’histoire de tous les tiens,

Ils épousaient les cimes ou fréquentaient la mer,

Et d’Europe en Afrique ils cultivèrent la terre.

 

 

L’épopée de tes jours, randonnée sédentaire,

Je chausserai pour toi les bottes de Gulliver,

Ta rigueur et ton goût  pour l’ordre établi,

Seront les maitres-mots de mon chemin de vie.

 

 

Pain dur de la semaine et nous voilà parties,

 Pour la place  Bellecour,  pèlerinage du  jeudi,

Cheminer en charrette en caressant l’ânon,

Nourrir  de compassion bataillon de pigeons.

 

 

Puis…. Pour se  réchauffer les jours  froids de l’hiver,

Brioches aux Pralines et chocolats fumants,

Nous influaient l’élan pour une semaine entière,

Efficient placébo de tout médicament.

 

 

Toi qui travaillait dur et vivait chichement,

Tu te privais souvent pour mes bonheurs  d’enfant,

Entends-tu de mon cœur s’envoler les mercis,

Elevant  des remparts  t’abritant de l’oubli.

 

 

Parfois j’entends ta voix qui dit :

« Ne pleure pas, je ne suis plus qu’un souffle mais je veille sur toi »

 

 

Martine

 

 

 


18/07/2017
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HOMMAGE AUX INDIENS D AMERIQUE

 

Le ciel est notre père et la terre notre mère,

 

Montagnes et collines, colonnes de nos corps,

 

Les ruisseaux nos artères ou coule notre sang.

 

Dans le cercle de vie qui nous baptisa frères,

 

Sont nées bien des Tribus aux multiples penchants,

 

Mais langage des signes, savoir originel,

 

Potlatch et Chinook célèbrent leurs grandeurs.

 

 

 

USEN nous a crée, il nous a tout donné,

 

De la terre, le soleil, du Kamass, des bisons,

 

Nous débitions des cèdres pour construire nos maisons,

 

Où nos mâts totémiques tutoyaient l'horizon.

 

Nous creusions, décorions  de grandes embarcations,

 

Pour remonter les fleuves et pêcher le saumon.

 

 

 

Nous vivions isolés de toute humanité,

 

Du détroit de Behring à l'Isthme de Panama,

 

Les immenses espaces nourrissaient par milliers,

 

Pueblos et  Comanches dans la paix et sans loi.

 

 

 

Pour certains de mes frères, une vie sédentaire,

 

Fidèles en toute chose à l'esprit de leur mère,

 

Les chasses estivales en direction des plaines,

 

Tandis que Pénélopes tissent  toute la laine.

 

Puis le retour chez eux pour récolter l'hiver.

 

 

 

D'autres frères, nomades, conduisent  les troupeaux,

 

Ils dressent leurs tipis et échangent des peaux.

 

Cavaliers émérites ils traversent le temps,

 

Pour siéger au conseil des Sages ascendants.

 

 

 

Dans le murmure de l'eau est la voix de mon père,

 

Elle porte nos canoës et nourrit nos enfants,

 

Elle me dit le respect pour toutes créations,

 

Elle dicte ma conduite, définit ma mission.

 

 

 

La terre n'est pas à moi, elle ne m'appartient pas,

 

Peut-on vendre le ciel  chaleur de l'atmosphère,

 

Le ressac des vagues ou la brume légère.

 

Et comment acheter la mélodie  du vent,

 

Qui frôle en chantant surface de l'étang,

 

Ou  l'air ce bien précieux que tous partageons,

 

L'arbre, la bête et l'homme alors que nous naissons.

 

 

 

 Moi et lui l'homme blanc.....

 

Puis il a navigué  sur le grand océan,

 

Pour découvrir mon peuple, un autre continent,

 

Nos îles enchanteresses et ses gentils sauvages,

 

Attirent caravelles, voyageurs sans bagage.

 

 

 

D'eux, nous  sommes  curieux, amicaux et serviables,

 

Nous offrons poteries, couvertures et retables.

 

 

 

Mosaïque de langues et de populations,

 

Ciel et Terre, nos parents, étaient notre  nation,

 

Nous voulions conserver notre mode de vie,

 

Avant- garde du monde nous étions les premiers,

 

Mais de cet univers, ils voulurent nous gommer.

 

 

 

A leurs yeux nous ne sommes qu'un peuple de barbares :  

 

« De tous ces misérables, il faut sauver les âmes,

 

De dense obscurité faire naître la lumière,

 

Effacer litanies, chants sacrés de leurs pères,

 

Bafouer leurs idoles, louer le Dieu vivant,

 

Réduire  leur histoire au simple  temps présent »

 

 Alors.... 

 

Ils raptent nos enfants  pour les scolariser,

 

Par la force, peu à peu, les détribaliser,

 

De leur identité  gratter l'impureté.

 

Pour la première fois on coupe leurs cheveux,

 

Vêtus d'un uniforme ils offensent leurs dieux,

 

Soumis à la doctrine, rejet de leur passé,

 

Dotés d'un nouveau nom  leur faire tout oublier.

 

 

 

Sous couvert de la foi  propagent l'esclavage,

 

Moquant notre  innocence nous réduisent au servage,

 

Nous enseignant l'alcool, porteurs d'épidémies,

 

Récitant «  Notre Père » ils déciment la vie.

 

 

 

Créant moult comptoirs qu'ils « disent » administrer,

 

De la traite des fourrures ils voudront s'emparer,

 

En bloquant  l'Outaouais, mes frères les Iroquois,

 

Réserveront castors aux seuls « coureurs des bois »

 

 

 

Légifèrent, convertissent, punissent rébellion,

 

« La Land Ordinance » agite ses démons,

 

Coupe l'Ouest en damier pour mieux l'or exploiter,

 

Encadre de nos terres les appropriations.

 

Noyés dans la poussière des tirs à munitions,

 

Quelques volées de flèches pour unique bastion,

 

Protégeant notre mère vaillamment nous luttons.

 

 

 

Mon peuple est  déplacé, déporté, exilé,

 

Sur les pas de l'exode s'allongent nos ainés,

 

En repoussant sans cesse frontières de l'omission,

 

Sur la piste des larmes ils graveront mon nom.

 

 

 

Les conflits qui opposent les puissances d'Europe,

 

Vers nous, le Nouveau Monde, s'étendent  et puis galopent.

 

Les zones d'influence colorées de drapeaux,

 

Placent nos existences entre enclume et marteau,

 

Semant  parmi les miens  fratricides et chaos.

 

 

 

Dans  cette guerre civile où nous sommes étrangers,

 

Un quart de notre peuple sera exterminé,

 

Devant les revenants des camps de réfugiés,

 

Où Nordistes et sudistes sont toujours divisés,

 

Ne s'étendent que ruines et pays dévasté.

 

 

 

Pourtant les Cinq Tribus dites « civilisées »

 

Rassemblent le bétail et plantent des vergers,

 

Exigeant  des traités et quelques annuités,

 

Elles  ouvrent des écoles pour tout recommencer.

 

 

 

Mais bien d'autres batailles devront être menées,

 

Par le Cheval de Fer  et de nouveau spoliés,

 

Hypothéquant nos terres pour financer ses lignes,

 

« La Katy » les spécule  entérinant les crimes.

 

 

 

Ce tout nouveau trafic perturbe les migrations.

 

Pour le gain, le profit ou l'alimentation,

 

C'est un massacre en masse des troupeaux de bisons,

 

Qui multiplie les lunes de nos lamentations.

 

 

 

Désespoir et colère devant la destruction,

 

Des bêtes nos âmes si pures, de notre religion,

 

Menacés dans l'essence même de l'existence,

 

Comment demeurer calmes  et maîtres de nos sens.

 

 

 

Nous n'aurons d'autre choix que nous assimiler,

 

Prisonniers des réserves où nous seront parqués,

 

Nous signons des accords qu'ils violent impunément,

 

En foulant à nos pieds  décrets et règlements.

 

 

 

De chagrin, de tristesse, mes frères s'endormiront,

 

Privés de liberté et du chant des saisons.

 

Nous étions multitude, réduite à quelques ombres,

 

Hantant Pères Pèlerins pleurant sur les décombres.

 

 

 

Dans le murmure de l'eau est la voix de mon père :

 

« Les cendres de nos ancêtres  sont foulées par nos pieds,

 

Toutes les choses entre elles ici-bas sont reliées,

 

L'homme n'a pas tissé la toile de la terre,

 

Il bâtit de son fil un travail délétère,

 

Relève-toi mon fils, écris notre passé,

 

Conjugue les présents pour mon éternité »

 

 

 

Dans le murmure de l'eau j'ai entendu ta voix,

 

 Dors  du sommeil du juste  Père ne vois-tu pas,

 

Ce  chef  Lakota, hautain, le bras tendu,

 

Désigne dans le geste nos terres redevenues,

 

Et  sculpte dans la roche le chemin parcouru.

 

 

 

Pléiade d'étendards vénère ton mémorial,

 

Respectant  les Black Hills et nos cérémonials.

 

Nos chants, notre culture honorent  les Anciens,

 

Pacifistes guerriers, Immortels  Indiens,

 

Unis sous la bannière du peuple Américain.

 

 

Martine

 

Le 02/03/2014

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


02/03/2014
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A MA SOEUR

A MA SOEUR

 

 

 

Quel beau jour que ta fête, mais c'est le coeur serré,

 

Que ton oubli de vie, la  réduise en pensées.

 

 

 

Enfant illégitime et de père inconnu,

 

La honte et puis l'opprobre saluèrent ma venue,

 

Légère et malicieuse, joyeuse et si radieuse,

 

Tu rendras le sourire à une mère heureuse.

 

 

 

Deux années nous séparent mais dans le caractère,

 

Ces deux soeurs hémisphères sont filles de la terre.

 

 

 

Je me revois cachée, au fond de ce préau,

 

Timide et apeurée, à ne pas dire un mot,

 

J'honnis récréation où fusent vexations,

 

La bannière du mensonge arborée par mon nom,

 

Me revêt d'injustices et d'incompréhension.

 

 

 

Du haut de tes six ans, tu dresses des bastions,

 

Alors dans le silence nous cheminons unies,

 

En méprisant ensemble les voix de ces « on dit »

 

Devant mes détracteurs brandis la répression,

 

Tes fortifications habillent mon prénom.

 

 

 

Plus que des barricades l'amour fortifie,

 

Actrices de nos jeux, complices de folies,

 

Niant du même mot  les mêmes interdictions,

 

Nous souffrirons alors de doubles punitions.

 

Du calice d'aîné je bois jusqu'à la lie,

 

Partageant chaque jour tes sources d'énergie.

 

 

 

Devant l'adolescence et ses premiers émois,

 

Un seul de tes regards leur dictera ta loi,

 

Mais dès le jour fatal ou « l'amour a cessé »

 

C'est ma bouche et mes mots qui devront l'annoncer.

 

 

 

Capeline d'hermine et tulle sous le vent,

 

Nous empruntons ensemble  la route des tourments,

 

Pour toi comme pour moi unions de pacotille,

 

Nous offrirons pourtant ton garçon et ma fille.

 

 

 

Des chants, de la gaieté tu n'as rien oublié,

 

Ce sont des farandoles  d'oboles  et d'amitié,

 

Fous-rires et confidences, conseils de prudence,

 

Tu te moques de moi et me dis « rabat-joie »

 

 

 

Un matin de printemps, bien avant tes trente ans,

 

Ta première déroute, ce maudit   accident,

 

Plus rien dans cette vie ne sera comme avant,

 

Tu n'es plus que céleste qui brille au firmament.

 

 

 

Je sais que de là haut tes yeux m'observent encore,

 

Et  lisent ton prénom tout au fond de mon coeur,

 

Quel mot éternel pour écrire mieux  la vie,

 

Que ces cinq lettres d'or  qui célèbrent MARIE.

 

 

 

Martine

 


12/08/2014
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MINES DE CRAYONS



Ce poème a été écrit en hommage à ma fille Valérie, artiste-peintre.

Elle a réalisé ce tableau alors qu’elle était encore élève à l’école des Beaux-Arts de St Etienne.



 

 

Une mine de crayon noir raconte notre histoire,

Grand-mère et petite fille ont le génie de l'Art,

Je la revois enfant, sachant à peine s'asseoir,

Mélangeant les couleurs devant son écritoire.

Pouvant  rester des heures dessinant l'infini,

Coloriant le soleil pour allumer la vie.

 

Je revisite alors mes plus jeunes années,

Cahiers de poésies par ma mère illustrés,

Exaltée de fierté devant les compliments,

Adressés  à l'artiste et reçus par l'enfant.

 

Les dessins, les figures qualifient de mature,

Cette  petite fille sage qui croque la nature,

Mille traits de fusain écorchant le  grammage,

Au fil des saisons se commuent en images.

 

Elle partira un jour pour étudier le  beau,

Au temple ou bustes et plâtres traquent les amateurs,

Douée de mimésis elle verra sonner l'heure,

Où sculptures  et peintures la vêtiront d'un sceau.

 

 Ses tableaux nous renvoient à son ontologie,

Ses œuvres tout à la fois bavardes et cachottières,

De ce monde imparfait trace calligraphie,

Ou masque sa pensée, intime et  étrangère.

 

La lumière et l'obscur, la couleur et le sombre,

Reflètent l'expression de mille émotions,

L'immanent de l'ouvrage transcende en dimension,

 Cette jeune portraitiste dont je deviendrai l'ombre.

 

Vous dire comment ce don a traversé  les ans,

C'est parler d'un mystère dont j'ignore les tenants,

Tout comme la poésie laisse aux mots la parole,

Il égrène le temps, distribue les oboles,

Et devant ses croquis vous peindre ma fierté,

Ravirait à mes jours plus que l'éternité.

 

Le jour ou le sommeil endormira mes yeux,

Chaque jour, pour toujours  et du plus haut des cieux,

Je la contemplerai  devant son chevalet,

Le murmure de mon souffle deviendra vibration,

Pour réchauffer son  être de mon admiration.

 

Martine

 

 

 


 

 


11/01/2013
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NATHALIE

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C'est une histoire banale d'un père et son enfant,

Qui dut apprendre tôt la valeur de l'instant,

Maltraités par le sort comme je le fus aussi,

Ils entrèrent dans ma vie, peu à peu et sans bruit

 

Petite fille du dimanche aux repos  tourmentés,

Qui  s'accrochait aux manches  pour ne pas se noyer,

La vie et ses parents n'ayant pu  l'épargner,

Me prendra par la main  oubliant l'anxiété,

Unissant à la mienne  l'enfance fracassée 

 

Jusqu'à mon dernier jour ses mots résonneront,

Du haut de ses sept ans déjà pleins de raison,

Paroles de mercis pour les soins prodigués,

A ce papa si seul dont elle doit s'inquiéter.

 

Tout est écrit je crois, l'amour n'a pas de loi,

Le courant passera ce jour là entre nous,

De l'affection portée ne soyez pas jaloux,

Elle a ses deux parents et mon espace à moi.

 

Comment vous raconter l'amour de ces deux là,

Le mystère  camouflé derrière le mot papa,

Elle prononce les mots  nés dans sa tête à lui,

Et chacun de ses gestes célèbrent Nathalie.

 

Elle est tout à la fois joyeuse et réfléchie,

Intrépide et prudente, précise, organisée,

Elle avance son roi pour la partie gagnée,

Avec  tact et esprit sans nulle flatterie.

 

Alors s'égrèneront des perles de bonheur,

Enfance, adolescence, reflets de ses victoires,

Sérieux, applications, études et labeurs,

Tableaux d'honneurs pour elle,  pour lui habits de moire.

 

Sur chemins de droiture  ils  cheminent  ensemble,

Guidés vers leurs destins par  l'amour silencieux,

Traversant les épreuves, unis par un seul vœu,

Que leurs pas les conduisent  et toujours les rassemblent.

 

Puis  ses cheveux à lui se vêtiront de blanc,

Quand d'enfant à son tour elle deviendra maman,

Un dimanche de juin célébrant les papas,

Son paquet s'ouvrira sur deux tout petits pas.

 

Chaque jour que Dieu fait et pendant des années,

Attentions, bienveillance nous  ferons avancer,

 Ces « mille » instants de vie qu'elle tient entre ses mains,

Et soufflent sur nos jours  subliment  nos demain,

 

Et pour lui dire merci et combien nous l'aimons,

J'aimerai que scintille l'or de son prénom.

 

Martine

 


03/02/2013
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