Bienvenue dans mon Univers

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GENEALOGIE

Que fais-je de l'héritage que je reçois ? Donner du sens à cette place qui est la mienne au sein de la famille en m'y engageant le mieux possible et en différenciant ce que j'en accepte et ce que j'en refuse : voilà le défi que chacun de nous est tenu de relever.

 

Il nous invite à un engagement plus éclairé et plus lucide dans notre vie d'adulte, en continuité avec le passé de nos ancêtres.

 

Il nous propose de réfléchir sur la manière dont nous allons reprendre le chemin commencé bien avant nous, pour lui donner une forme particulière , la nôtre, au plus près de ce que nous sommes. C'est bien sûr le travail de toute une vie. 

 

En outre, se relier  à des fondations qui nous soutiennent et y trouver de quoi se construire n'est pas qu'une affaire de mode ou de développement personnel.

 

Les transformations, les incertitudes et les changements auxquels nous participons aujourd'hui  deviennent d'une grande complexité.

 

La réalité de tout temps et en tous lieux nous bouscule et nous oblige à faire face à l'imprévisible : nulle part au fond nous ne pouvons nous sentir en sécurité.

 

Aucun endroit au monde ne nous permettra de retrouver ce sentiment de fusion que nous avons connu avant de naître.

 

Nous sommes mortels et totalements seuls face aux grandes échéances de l'existence.

 

Déchiffer le passé et le rendre compréhensible est une des clés pour aborder l'avenir et transformer les déterminismes inconscients en trajectoires lumineuses et habitées.

 

Voilà donc à quoi cette exploration nous convie : être toujours plus conscients, mieux ancrés dans nos racines de notre arbre généalogique. Puiser dans les deux lignées dont nous sommes issus de quoi affronter l'avenir en ayant des repères qui rendent nos histoires intelligibles et porteuses d'espoir.

 

Et devenir aussi un passeur averti de cette vie dont nous sommes un des relais singuliers, mais toujours en lien avec d'autres destins, d'autres rêves perdus dans la nuit des temps.

 

Chacun de nous est un maillon indispensable dans la succession des générations de sa propre famille.

 

A nous de répondre à l'appel de cette aventure et de gouter à la liberté qu'elle procure ainsi qu'a l'abondance qu'elle génère dans le temps qui nous est réservé. 

 


LYON L'AUTRE ROUTE DE LA SOIE

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Histoire-de-Jean-Baptiste-et-Marie-Victoire.pdf

 

J'ai réalisé ce PDF à l'aide de nombreux documents et recherches sur le net

 

Martine

 


15/08/2018
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AIE MES AIEUX

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24/04/2018
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TRAMWAY A VAPEUR EN 1885

 


12/06/2021
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LES TRESORS DES ARCHIVES NATIONALES

 

 

Méconnues du grand public, alors qu'elles sont ouvertes à tous, les Archives nationales recèlent les plus précieux trésors de notre Histoire.

 

Des documents inestimables recueillis depuis le Moyen Age.

 

C'est Philippe le Bel qui décide de conserver les archives royales dans un lieu protégé. En l'occurrence, le donjon du Palais Royal situé alors à la place de l'actuel Palais de justice, dans l'île de la Cité. Les révolutionnaires de 1789 auront l'intelligence de les épargner.

 

 

Sous Napoléon Ier, elles sont situées dans le Marais, à l'Hôtel de Soubise.

 

Deux autres sites, dans la forêt de Fontainebleau et à Pierrefitte-sur-Seine, renferment aujourd'hui 600 kilomètres de pièces uniques qui racontent la grande comme la petite Histoire de France.

 

On y trouve par exemple la dernière lettre de Jeanne d'Arc et de Marie-Antoinette avant leur exécution, les interrogatoires en 1307 de 138 Templiers avant leur procès, des lettres de dénonciation de juifs sous l'Occupation, des secrets d'Etat, l'original des lois constitutionnelles comme de simples déclarations d'amour.

 

Source : Youtube  & France 5


10/06/2021
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SUR LES TRACES DE MES ANCETRES - JOSEP CUVEX-MICHOLIN 1815/1878

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J'ai réalisé  ce PDF  en m'aidant de l'ouvrage de Louis Maynard " Rues de Lyon"  de Wikipédia et de recherches sur le net.

 

Martine

 


16/05/2021
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LES BATEAUX LAVOIRS - TRAVAIL ET CONVIVIALITE

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Les plus anciens bateaux-lavoirs remonteraient au XVIIe siècle comme ici sur le quai de la Mégisserie à Paris. Peinture anonyme de l’école française. 1670. Paris, musée Carnavalet.
Crédits
© Bridgeman Images/Leemage

 

 

Depuis l’Antiquité, la lessive a majoritairement été attribuée aux femmes. Dans l’Odyssée, Homère raconte que Nausicaa et ses suivantes se rendirent au bord d’un fleuve afin de laver son linge avant ses noces.

 

À l’époque romaine, les femmes lavaient le linge de la famille, mais les classes aisées le confiaient à des établissements employant des esclaves des deux sexes, sans que cela ne pose de problème.

 

Dès le début du Moyen Age chrétien, ces établissements disparurent et les lessives devinrent définitivement l’apanage du sexe dit « faible ». Cette tradition sexuée a perduré jusque dans les années 1980, date à laquelle le partage des tâches ménagères, l’évolution des mœurs et surtout le recours aux machines à laver électriques ont permis aux hommes d’effectuer des lessives.

De la berge au bateau-lavoir

Le lavage se pratiqua d’abord essentiellement au bord des rivières, des ruisseaux ou des sources dont le débit régulier assurait d’avoir de l’eau propre pour laver et rincer. En l’absence d’eau vive, une mare ou un étang pouvait aussi faire l’affaire !

 

Partout, agenouillées, jeunes ou âgées, les femmes lavaient et savonnaient sur une pierre plate ou une planche posée sur la berge.

 

Au cours du XVIIIe siècle, les hygiénistes dénoncèrent le danger de ces pratiques, surtout en cas d’épidémie de choléra ou autre maladie contagieuse.

 

Au XIXe siècle, une loi de 1851 obligea les communes à construire des fontaines-lavoirs alimentées par une source locale. Ces édifices comportaient un lavoir et un rinçoir agencés pour recevoir toutes les villageoises.

 

Dans les villes, des fontaines distributrices d’eau potable côtoyaient également quelques lavoirs. Chaque arrondissement parisien possédait un, deux ou trois lavoirs, dont certains ressemblaient à des hangars à plusieurs étages.

 

Dans L’Assommoir, Zola décrit ce type d’édifice pas toujours très esthétique.

 

En raison de leur capacité d’accueil limité au prorata de la population, de nombreuses laveuses continuaient de se rendre sur les berges.

 

 

Pour faciliter leur labeur, les édiles urbains eurent recours à des « lavoirs-flottants » ou barques-lavoirs, construits et installés par des entrepreneurs. Les lavandières payaient une redevance aux exploitants pour monter à bord, se mettre à l’abri et profiter des aménagements.

 

Les plus anciennes mentions de ces établissements privés remonteraient au début du XVIIe siècle. À Paris, en 1623, Louis XIII autorisa l’entrepreneur Jean de la Grange à amarrer l’un des premiers lavoirs sur un bateau dit la Sirène.

 

Le batelier put en installer plusieurs, à condition de ne pas entraver la circulation sur le fleuve. À Besançon, le 7 décembre 1696, le conseil municipal accorda à Pierre Verne le droit de construire « un bateau couvert soit une barque à laver les lessives » sur le Doubs, tout en précisant que les lingères refusant de l’utiliser, par souci d’économie, pouvaient toujours laver à même le sol.

 

Une deuxième barque fut ajoutée en mars 1711 par le sieur Joseph Coquard. Ces deux propriétaires obtinrent la place gratuitement pendant au moins 8 ans. La délibération de 1711 précisait également que les membres du conseil municipal et le secrétaire de la Cité pouvaient envoyer leurs propres servantes sur le bateau « sans payer aucune rétribution ».

 

En 1780, Nantes possède déjà quelques « bateaux de lavandières » sur les quais de la Loire et de l’Erdre. De taille encore modeste, ces embarcations non navigantes étaient peu nombreuses sur le territoire français. Elles se développèrent surtout tout au long du XIXe siècle, en raison d’un attrait pour la propreté.

 

Nos ancêtres prirent l’habitude de se changer tous les dimanches, la lessive devint hebdomadaire d’où le succès des bateaux-lavoirs dans les villes, même si certaines femmes moins aisées continuèrent de laver à même la berge.

Noms d’oiseaux

En raison du bruit provoqué par leurs bavardages, les hommes les surnommèrent « les poules d’eau » ou « les blanchecailles », termes très significatifs.

 

À l’exception de la douce colombe, affubler quelqu’un d’un nom d’oiseau n’a jamais été un compliment. Dinde, bécasse, oie, perruche, caille et poule ont souvent servi à disqualifier la gent féminine.

 

La poule présente une double connotation : elle symbolise la prostituée ou la femme bavarde au tempérament bien trempé. Tout comme la caille est soi-disant caractérisée par une grande ardeur amoureuse et une certaine volupté.

 

Grande lessive au début du XXe siècle au lavoir de Salles-d’Aube (11).
Crédits
Gusman/Leemage
 
 

À Angers, le premier établissement flottant sur le Maine apparut vers 1800, rejoint par trois autres en 1806 avec l’autorisation du préfet. En 1803, suite aux délibérations des élus bisontins, le citoyen Jeanningros et son épouse Claudine Chiffe établirent une nouvelle « barque à lessive » près du bastion de la Mouillère sur le Doubs.

 

Ils furent rejoints par d’autres exploitants, qui attachèrent leurs bateaux en aval ou en amont des ponts Bregille, Battant et Canot ou près du barrage Saint-Paul, toujours au débouché de petites ruelles nommées Port de La Fontaine ou Port Galliot.

 

En 1894, les treize exploitants refusèrent la présence de nouveaux établissements sur le Doubs, par peur de perdre leurs clientes et voir leur chiffre d’affaires baisser.

 

 

Si les registres des conseils municipaux fournissent de précieux renseignements, il est possible de les compléter avec ceux contenus dans les séries S des archives départementales des Ponts et chaussées.

 

À Laval, suite à l’aménagement des quais entre 1859 et 1865, une véritable flottille d’environ dix-huit bateaux-lavoirs accueillit les laveuses. Vers 1880, vingt-six bateaux-lavoirs stationnaient à Paris sur la Seine ou le canal Saint-Martin.

 

En banlieue, trente-cinq établissements se situaient sur la Seine, la Marne ou l’Oise. Au totale, cette flotte pouvait accueillir environ 3800 laveuses. À Nantes, malgré les critiques des hygiénistes qui accusaient les lavandières (et les tanneurs) de polluer les rivières, un recensement de 1887 dénombra cinquante bateaux-lavoirs sur la Loire et vingt-trois sur l’Erdre.

 

Vers 1889, les Rennaises disposaient de six bateaux-lavoirs amarrés sur le quai Lamennais entre le Pont de la Mission et le Pont Saint-Georges sur la Vilaine.

 

Vers 1900, Nevers comptait six bateaux-lavoirs sur la Nièvre, trois près de la porte de Médine et trois vers la tour Goguin.

 

À Lyon, ils jalonnaient les quais de la Saône et du Rhône. S’il était isolé, le bateau était amarré et retenu par des chaînes soit reliées à d’énormes ancres dans la rivière, ou à des arbres sur les quais et même à des meules de granit. Si plusieurs bateaux se côtoyaient, les patrons les attachaient aussi entre eux afin de les tenir à distance tout en les solidarisant.

 

Selon la tradition navale, ces barques-lavoirs portaient un nom laïc ou religieux. On trouvait ainsi La Célérité, La Laborieuse, Saint-Antoine, l’Ange-Gardien ou La Mouche.

 

Dès le début du XIXe siècle, les autorités municipales et maritimes obligèrent la pose d’une plaque avec le nom du bateau, du propriétaire et la date de l’autorisation d’amarrer le bateau.

 

 

Jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, les bateaux-lavoirs ne dépassèrent guère 10 à 15 mètres de long. Ils avaient déjà un fond plat, d’où le nom de « plates » et ils étaient couverts d’un toit en bois pour protéger les laveuses de la pluie, du froid et du soleil.

 

Ils possédaient un seul niveau abritant les postes de lavages et une pièce réservée à l’exploitant ou son ouvrier. Peu à peu, les « plates » furent agrandies.

 

Au début du XIXe siècle, elles passèrent à 25 mètres de long sur 5 m de large et 5 m de hauteur. Les menuisiers chargés de leur construction les agrandirent. Ils ajoutèrent un étage servant de logement au « capitaine » et de séchoir au-dessus du niveau réservé à la lessive pour trente à quarante laveuses, selon les agencements.

 

En 1856, la mairie de Besançon interdit les barques de plus de 30 mètres de long sur 7 mètres de large. À Roanne, en 1912, la majorité des barques-lavoirs mesuraient 20 ou 24 mètres, mais celle de Baptiste Remontet en imposait avec ses 30 mètres de long sur 4,50 m de large et 2,10 mètres de hauteur au- dessus du plan de flottaison.

 

À Paris, en raison d’une forte fréquentation, certains établissements étaient formés de plusieurs barges accolées. Ainsi, l’Arche Marion en comportait douze et mesurait 200 mètres de long ! Amarrée entre le pont d’Arcole et le pont Notre-Dame, elle pouvait accueillir deux cent cinquante femmes.

Laver : un travail éreintant

Les exploitants améliorèrent ces établissements afin de faciliter le dur labeur des laveuses et de gagner quelques pièces supplémentaires. Ils installèrent deux rangées de chaudières-lessiveuses au centre du niveau réservé au lavage.

 

Les laveuses payaient leur place 1 sou l’heure et 1 sou pour un seau d’eau chaude en 1880. Les prix variaient en fonction des villes, des aménagements et du statut.

 

Les professionnelles pouvaient bénéficier d’un abonnement mensuel. Certaines venaient parfois avec le bois nécessaire pour chauffer l’eau des chaudières. Les ménagères arrivaient avec le linge familial et les lavandières professionnelles avec celui des clients. Toutes apportaient leur savon ou un autre produit nettoyant.

 

Certaines utilisaient les cendres bien tamisées du fourneau familial. D’autres, qui se chauffaient au charbon, récupéraient des cendres de bois chez des boulangers. Le pouvoir détachant des cendres provenait des sels de potasse qu’elles contenaient.

 

Les laveuses déballaient, coulaient, mouillaient, pré-lavaient, cendraient et savonnaient le linge avec une brosse à chiendent dans l’eau froide tirée de la rivière. Puis elles le décrassaient dans la petite chaudière-lessiveuse en le faisant bouillir. Elles le sortaient en évitant de se brûler, le frottaient sur un banc cranté et le rinçaient dans la rivière. Mis en boule, le linge était frappé vivement à grands coups de battoir ou de « batdrap ». Que d’énergie dépensée !

 

La prudence était de mise, car les sols glissaient et une chute pouvait être fatale. Puis, après avoir été essoré, le linge était étendu sur place, sur les rives, le quai ou ramené mouillé à la maison.

 

Les femmes le suspendaient dans les greniers ou dans les pièces à vivre. Toutes ces opérations étaient longues, pénibles, fatigantes et fastidieuses. Constamment plongées dans l’eau froide, glacée ou chaude, au contact des cendres, du savon, des cristaux de soude puis de l’eau de javel, les mains en ressortaient meurtries, gercées et crevassées.

 

Le corps courbé retenant de toutes leurs forces les draps, tirant pour les sortir et les replonger, les laveuses transpiraient ou grelottaient.

 

Victor Hugo décrit ces difficultés dans Les Misérables : « toute la journée dans un baquet jusqu’à mi-corps, à la pluie, à la neige, avec le vent qui vous coupe la figure ; quand il gèle, c’est tout de même, il faut laver... On a ses jupes toutes mouillées dessus et dessous ».

 

Les lavandières rentraient fourbues après avoir passé 5 à 7 heures sur le bateau. Faire la lessive à la force du poignet demandait du temps, de la résistance et du talent.

Le « café » des femmes

Si la majorité des gérants ou lavandiers étaient des hommes, quelques femmes assurèrent l’exploitation. En 1877, selon les délibérations municipales de Besançon, sur douze exploitants, deux femmes tenaient « boutique ».

 

Les proportions ne changent pas de 1900 à 1945, ces exceptions s’expliquent par le décès de leur conjoint qui était propriétaires. Les femmes étaient-elles aptes à gérer une barque-lavoir ? La question vaut le détour.

 

En 1944, suite à une crue du Doubs, deux bateaux se fracassèrent sur les piles d’un pont. Chacun appartenait à une femme. De quoi alimenter injustement le discours misogyne ! Dans la réalité, ces rares exploitantes embauchaient toujours « un capitaine » ou « un lavandier » qui résidait sur le bateau, assurait l’entretien et le bon fonctionnement. Il devait constamment surveiller la cale où s’accumulait de l’eau et la vider à plusieurs reprises dans la journée. Il organisait la chauffe et encaissait les recettes.

 

 

Les tâches étaient parfaitement réparties en fonction du sexe. Les hommes à la technique, et les femmes au lavage ! La lessive a souvent été considérée comme une activité « à part » en raison de ses liens avec la saleté. Que raconte le linge sale ? Taché de sauce, de vin, de terre, de graisse, de rouille ou de charbon, il ne révèle que des activités publiques, faites par toutes et tous sans que cela ne soit problématique.

 

Mais souillé d’urine, de sueur, de pus, de sperme, de sang d’une blessure ou des règles, il devient le révélateur de l’intimité de la famille, des femmes jeunes ou âgées et le symbole de nombreux tabous. Tout se lit sur le linge sale et les taches délient les langues.

 

Impensable qu’un homme ne lave les linges tachés de sa mère, sa femme ou sa fille sans éprouver du dégoût ou de la honte. Impensable, tant ce geste est contraire à la morale.

 

 

Une barque-lavoir n’était pas qu’un lieu de travail, c’était aussi le théâtre de rencontres et de liberté, une sorte de double des cafés réservés majoritairement aux hommes. Sur les barques, les laveuses buvaient du café, de la limonade ou de la bière. Confinées au foyer ou soumises à l’autorité d’un mari devenu surpuissant grâce au Code civil de 1804, les femmes appréciaient ce lieu de travail où elles étaient majoritaires. Elles y parlaient de tout, sans gêne, sur un ton amusé ou virulent.

 

À Angers, un bateau amarré quai Gambetta en 1910 s’appelait d’ailleurs le Moulin à Paroles ! Dans ces espaces féminins, les réputations bonnes ou mauvaises s’y faisaient, s’y défaisaient et tout se répétait en écho. Les secrets s’y dévoilaient, les nouvelles s’y répandaient et des règlements de comptes s’y déroulaient parfois. Car si la solidarité était de mise, comme le dit le proverbe : « Au lavoir, on lave le linge, mais on salit les gens ».

 

 

Sous l’effet de la modernité et des projets d’adduction d’eau doublés de la volonté de lutter contre la pollution, dès le début du XXe siècle, les autorités envisagèrent la fin des barques-lavoirs.

 

Dès 1890, les autorités parisiennes avaient planifié leur disparition en ne renouvelant plus les concessions. Des mairies incitèrent à la construction de lavoirs municipaux puis des buanderies communes dans les sous-sols des immeubles de la ville. L’ambiance était moins joviale et l’espace plus restreint confinait les laveuses.

 

En 1930, la première machine à laver à moteur électrique fut exposée à la Foire de Paris. Son utilisation se démocratisa dans les années 1960 et envahit les foyers pour la plus grande joie de nombreuses femmes.

 

Symboles d’un autre temps, les barques-lavoirs disparurent, mais certaines firent de la résistance. À Nantes, la dernière barque fonctionna jusqu’en 1964. À Rennes, d’irréductibles laveuses en profitèrent jusqu’en décembre 1967. En disparaissant des quais, ces établissements et leurs traditions d’un autre temps s’effacèrent de la mémoire collective.

Liens utiles

  • Jules Moisy, Les lavoirs de Paris, 1884
  • Fernand Frachebois, « Les “poules d’eau” de la Plate : la vie d’une barque lavandière bisontine », in Barbizier, 2008, n°32, pages 46/74
  • Yves Fougerat, Bateaux-lavoirs et lavoirs : la longue et rude épopée des lavandières, s.l., Y.Fougerat, 2014

10/05/2021
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LA CRISE DE SUBSISTANCE DES ANNEES 1740 A PARIS

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04/12/2020
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JEUX ET JOUETS D'AUTREFOIS

Dans le monde de l’enfance, il y a les jeux avec ou sans accessoires et les jouets.

 

Dans la société d’autrefois essentiellement rurale où le jouet est peu offert en cadeau, le jeu a beaucoup d’importance. Il est avant tout collectif : course avec un plateau sur la tête, course en sac, etc.

 

C’est aussi le jeu des mots coupés : grand-père jette un foulard en disant : « Cha », Olga finit par « peau » ! Le jeu du corbillon : « Je te vends mon corbillon, qu’y met-on ? Un bonbon, un dindon, un caneton, etc. ».

 

Lors du jeu de la récitation, un enfant sort, on attribue un vers connu à chacun des autres ; ils le crient tous ensemble et l’enfant sorti doit identifier le vers.

Variété de jeux

Les jeux collectifs étaient différents lorsque les enfants étaient sans surveillance. Les rondes mêlaient alors garçons et filles avec des chants faciles à retenir (la Mère Michel qui a perdu son chat, Dansons la capucine…). C’était aussi le jeu du facteur (ou jeu du renard qui passe) qui persiste encore aujourd’hui.

 

 

Dans les jeux rythmiques, les textes ressemblent à des comptines et les gestes sont sans rapport avec le texte. Certains (les plus simples) ont survécu sans changements jusqu’à nos jours : Pepito / c’est le capitaine / d’un navire / c’est le capitaine / capitaine / d’un bateau / à vos ordres, capitaine / pommes de terres à l’eau.

 

 

Il y avait aussi les jeux mimés relatant les épisodes de la vie. On jouait au docteur, au papa et à la maman, à la marchande, au curé, au pompier… de manière très sérieuse.

 

Pendant l’épidémie de choléra de 1832, on « jouait au choléra »… N’oublions pas les jeux-spectacles. Sur l’air de La Tour prends garde, on mime en chantant, avec de nombreux personnages (la Tour, le capitaine, le colonel, le duc de Bourbon, les gardes…), la prise d’assaut d’une tour bien défendue.

 

 

Il y a les jeux d’équipes. Dans le jeu des barres, les participants se partagent entre deux camps opposés, marqués par un sillon ou une branche de feuillage, chaque parti s’efforçant de faire des prisonniers à l’autre.

 

Citons encore la trouille en Champagne, ancêtre du golf, la soule, ancêtre du football dans la France du Nord-Ouest. Parmi les jeux de plein air, c’était le jeu des quatre coins, les jeux de « chat », cache-cache, colin-maillard…

 

 

N’oublions pas les jeux d’habileté manuelle : fléchettes, quilles, bouchon, jeux de volant, billes, marelle, osselets avec de vrais petits os et non du métal ou du plastique, etc.

Parmi les jeux d’intérieur, se pratiquent à la fin du XIXe siècle les « jeux de cotillon », autour des étapes de la danse et mimant les adultes : choix d’un cavalier, danse (polka, valse ou mazurka) avec des accessoires simples et bon marché. Citons aussi le jeu des portraits, les charades, les proverbes, etc.

Les jeux obéissent à des rites impératifs. Dans les jeux de « chat », être perché ou être baissé n’est pas pareil, tous le savent et le respectent. Les comptines, elles, servent à désigner celui qui s’y collera, et on ne conteste pas la désignation. Elles ont un côté ésotérique, consistant souvent en une suite de mots ou de syllabes sans lien entre eux. Voici dans le Nivernais : La pomme Cartène / qui file la laine / tortu / bossu / t’es mort / dehors. On respecte rigoureusement les mots et le rythme. Les comptines anciennes ont survécu, parfois avec de nouveaux textes avec voitures ou avions…

Chez les enfants de la noblesse ou de la bourgeoisie, le jeu était encadré : par les parents ou les gouvernantes, puis par les maîtres. Il était donc moins spontané. Les parents invitaient les enfants de leurs propres amis ou leurs camarades de classe, mais en contrôlant l’origine sociale, la conformité de milieu et de fortune.

Jeux sexués

Les jeux étaient aussi sexués. Les petites filles, risquant de froisser leurs jupes ou de gâter leurs bas de laine, ne jouaient pas aux billes. Mais cela relevait aussi d’une coutume généralisée qui perdure d’ailleurs malheureusement encore.

Les jeux de garçons pouvant aussi se révéler très violents excluaient naturellement les filles, tout comme les jeux d’argent ou les paris.

Par contre, quasiment seules les filles jouaient à la marelle et à la corde à sauter. Idem pour le furet, jeu dans lequel un joueur placé au centre du cercle formé par l’ensemble des autres doit découvrir un objet quelconque qui passe rapidement de main en main, souvent le long d’une ficelle.

Seules les filles aussi jouaient aux épingles. On les plaçait dans un cercle dessiné près d’un mur, puis on les faisait sortir avec une balle en réussissant à ce que celle-ci frappe le mur et ricoche ensuite dans le cercle. Au minimum, on devait récupérer sa mise. D’où l’expression « tirer son épingle du jeu », c’est-à-dire sauver son intérêt.

Les jeux avaient une vertu formatrice, encourageant à tester la rapidité, le réflexe, la vivacité d’esprit, le sens de l’observation, l’adresse, etc.

Poupons et bateaux miniatures

Penchons-nous désormais sur les jouets anciens. Ils existent depuis l’Antiquité.

Au XIXe siècle, le jouet devient industriel : poupées, jouets métalliques, soldats de plomb, jouets en papier mâché à la Belle Époque. Les coffrets de jeux de société, de jeux en planche, de jeux éducatifs sont déjà vendus en grand nombre.

L’industrie du jouet double son chiffre d’affaires entre 1870 et 1900. Des dynasties de fabricants voient le jour : Steiff, Le Jouet de Paris, Hornby, Jumeau, Märklin, etc.

Dans les villes, on vend les jouets dans des grands magasins ou les bazars ; des camelots les proposent sur les trottoirs des grands boulevards. Ce sont alors surtout les enfants des villes, de la moyenne et petite bourgeoisie qui reçoivent des jouets en cadeaux. Même pour un enfant riche, c’est exceptionnel. Le jouet étant rare, les enfants sont soigneux.

Au début du XXe siècle, Noël est déjà la fête des enfants et des jouets. Il est frappant de constater l’évolution, mais aussi les permanences jusqu’à nos jours : figurines humaines et animalières, miniatures des moyens de locomotion, jouets d’exercice et de motricité, modèles réduits des métiers…

Dans le premier âge, on offre des hochets en fer blanc, en bois, en osier, voire en nacre, ivoire ou argent, avec leur bruit de crécelle, des grelots qui tintent.

L’ours en peluche est créé à la fin du XIXe siècle par Margaret Steiff : en mohair, bourré de copeaux de bois, avec yeux en bouton de bottine. Au début, les pattes avant sont longues, le museau pointu et le dos a une bosse, comme pour l’ours sauvage.

 

Les poupons et petits animaux qui couinent apparaissent au début du XXe siècle. Pour les premiers pas, le jouet à pousser en forme d’oiseau, de cheval est doté ou non d’un mécanisme (l’oiseau bat des ailes, le cheval monte et descend…). Il y a aussi des attelages ou calèches (carton ou papier mâché pour les animaux et personnages, tôle pour les mécanismes) à traîner dès le Second Empire. Le cerceau aide l’enfant à la motricité. Le cheval mécanique (tricycle), à roulettes, à bascule s’introduit à la fin du XIXe siècle.

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École avec maître, élèves et accessoires. Papier mâché, vers 1900.
Crédits
Collection Musée du jouet Moirans-en-Montagne – Didier Lacroix

Pour les filles, ce sont dès le Second Empire les landaus, promenoirs à poupées. La caisse est en bois ou en tôle, le siège en osier, la poignée en bois ou en porcelaine.

La fin du XIXe siècle est l’âge d’or de la poupée. Jusqu’en 1850, la poupée d’Allemagne est partout : tête ronde en bois tourné ou en papier mâché, corps armé en fil de fer et bourré de sciure ou de son, recouvert de cuir. Steiner et Jumeau innovent en France à la fin du XIXe siècle avec des poupées incassables : corps de carton-pâte, tête en biscuit (porcelaine mate non émaillée), yeux d’émail et de cristal, articulations en élastiques de caoutchouc et crochets métalliques.

Jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, les poupées ont les cheveux en thibet, fine laine d’agneau du Tibet, ou en cheveux naturels pour les plus luxueuses. Le nom du fabricant (Rohmer, Huret dès le Second Empire ; Jumeau, Steiner, Gaultier, Rabery-Delphieu, Schmitt à la fin du XIXe siècle…), ses initiales ou son label figurent en creux sur la nuque des poupées.

Dans les milieux moins fortunés, on offre des poupards de carton bouilli. Mobilier, dînettes, lits et fauteuils sont assortis aux poupées (acajou plaqué à la fin du XIXe siècle, pitchpin –bois de pins d’Amérique du Nord- des années 1920).

Fleurissent aussi les services de table, à thé ou à café, souvent miniatures de services réels (Limoges, Giens, Sarreguemines). Les cuisinières avec fagots de bois ou de charbon, à l’alcool et même à l’électricité (Märklin au début du XXe siècle) fonctionnent pour de vrai. Vers 1900, les bébés à « tête caractérisée » s’inspirent de la forme potelée des nouveau-nés (Sonneberg, Kammer et Reinhardt, Armand Marseille, Kestner…).

En 1905, la Société française de bébés et jouets (SFBJ) lance Bleuette, une poupée à tête de biscuit et corps articulé en composition (mélange de sciure, fécule, colle de peau, plâtre et eau) de 27 centimètres qui s’adaptera aux modes jusqu’en 1960. Dans les années 1930 à 1950, ce sont les baigneurs en celluloïd moulé à chaud (déchets de textile et de camphre), entièrement lavables et baignables.

Pour les jeunes garçons, ce sont au début du XXe siècle les ballons, les cerfs-volants, diabolos ou bateaux. Dans les jardins publics, des voiliers de 50 à 60 centimètres (Radiguet, Bing…) sont loués avec baguette pour les lancer.

Il y a aussi des bateaux à vapeur ou mécaniques, des voitures miniatures mécaniques de 20 à 50 centimètres de long (JEP). Les voitures à pédales (Euréka par exemple) sont l’occasion de courses d’enfants chaque année sur l’esplanade des Invalides.

Les avions mécaniques miniatures apparaissent avec l’aviation (Tipp and Co, Gunthermann, Charles Rossignol), certains sont à monter (Mécavion). Les trottinettes ont, elles, déjà été populaires au début du XXe siècle, dans les rues et jardins publics parisiens notamment.

Meccano et Lego en tête

Les jeux à construire en bois, papier ou poudre de pierre colorée, commencent dans la deuxième moitié du XIXe siècle avec la construction en volume, les cubes à empiler, les poupées gigognes et boules, les casse-tête chinois (jeux de mosaïque, de parquetage avec formes d’animaux, de personnages …), etc.

Ils se rangent dans des coffres en bois. Succès garanti notamment grâce au développement des crèches après la Première Guerre mondiale. Les puzzles (jeux de patience en français) naissent en Angleterre à la fin du XVIIIe siècle.

À la fin du XIXe siècle, les constructions sont en papier (Pellerin, Wentzel, Otto Maier…) : villa de banlieue, crèche, église, fontaine, véhicule, etc. En 1901 s’impose à leur détriment le Meccano de Franck Hornby, avec ses plaques bleues ou rouges, ses boulons et vis, qui va faire fureur dans les années 1930 à 1950.

À partir de 1954, seul Lego et ses briques en matière plastique, connaitra un succès comparable.

Au début du XXe siècle, pour faciliter les jeux mimés évoqués plus haut, voici les panoplies de pompier, soldat, prêtre. Ou encore les bureaux PTT, maisons de poupées, gares, épiceries, écoles, salles de classes, écuries ou coffrets de typographes.

Les enfants peuvent aussi jardiner. Les professions du spectacle ne sont pas oubliées avec dans le premier tiers du XXe siècle : grande roue, Guignols en carton, jeux de marionnettes (Villard et Weill), théâtres à construire (Pellerin). Pour apprendre, on offre aux petites filles des machines à coudre ou aux garçons des panoplies ou coffrets de menuisiers.

Les jeux éducatifs et de société commencent avec l’éditeur Léon Saussine et ses jeux de questions et réponses à partir de 1860 et jusqu’en 1955. Ce sont aussi dès le XIXe siècle les lotos à images où l’on apprend la géographie, l’histoire, les sciences naturelles ou les langues (Polyglotte de Kratz-Boussac), les jeux de l’oie, les jeux des sept familles (fleurs, oiseaux, grands hommes, etc.), le nain jaune, les dominos, le jacquet, le tric-trac, les dames, les petits chevaux, etc.

Les jeux de cartes populaires sont le barbu, le mistigri, etc. Les jeux d’habileté se déroulent aussi à la maison : châteaux de cartes, jonquets (version ancienne du mikado). Quant aux figurines militaires, au XVIIIe siècle, l’étain (notamment Nuremberg en Allemagne) remplace l’argent, puis c’est le plomb au XXe siècle.

D’autres jouets sont plus scientifiques et destinés aux garçons, futurs ingénieurs : machines à vapeur au XIXe siècle (trains Bing, bateaux Radiguet…), usines électriques, boîtes d’expérience, coffrets électricité, trains électriques (Brianne, JEP, Hornby…), figurines animées (animaux mécaniques bondissant, poupées marcheuses ou parlantes de Roullet et Decamps à la fin du XIXe siècle…).

La sécurité ne préoccupe guère : l’enfant pourra faire exploser une maison par embrasement d’alcool à brûler (Whimhurst) ou manipuler de l’acide sulfurique…

Le praxinoscope d’Émile Reynaud (1877) permet aux images imprimées sur une bande de papier de devenir animées. Instrument scientifique au XVIIIe siècle, la lanterne magique (ancêtre du projecteur de diapositives), avec sa lampe à pétrole devient un jeu au XIXe siècle avec le ferblantier Lapierre.

Les jouets des années 1950 ressemblent fort à ceux d’avant-guerre. Selon Jeanne Damamme, « c’était une certaine poupée en celluloïd (…) dont notre mère confectionnait les habits (…), les indiens et cow-boys en aluminium de notre frère, un Mickey en velours, un ours bleu ciel, une poupée, encore, aux joues rouges, en papier mâché, avec des cheveux d’étoupe (ndlr : résidu grossier de fibres textiles), une dînette en plastique rose mêlé à l’aluminium, aux bords coupants… ».

 

Après la guerre, restrictions obligent, les matériaux de substitution restent d’usage : poudre de bois, composition, carton bouilli, papier mâché, chiffons, toile cirée, bois découpé à l’emporte-pièce, fer blanc, zamac (alliage de cuivre, zinc et étain). Puis, le jouet en plastique arrive massivement dans les années 1960. C’est une autre histoire.

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Le praxinoscope d’Émile Reynaud.
Crédits
SSPL / Leemage

Pour approfondir

  • Philippe Addor, Jouets d’autrefois, Mondo – Edita, Lausanne, 1990, 153 pages.
  • Sylvie Albou-Tabart, Histoire des jeux et jouets de notre enfance, Du May, 2008, 159 pages.
  • Elisabeth Chauveau, Poupées et bébés en celluloïd. Cent ans d’histoire de la poupée française 1881-1979, Dauphin, 2011, 216 pages.
  • Jeanne Damamme, Mémoires de jouets, Hatier, 1998, 159 pages.
  • Françoise Desbiez, Le jouet, histoire d’un objet de rêve, Cabédita, 2007, 142 pages.
  • Colette Guillemard, La vie des enfants dans la France d’autrefois, France Loisirs, 1986, 316 pages.
  • Yvan Lacroix, Histoire du jouet depuis le Jura, berceau du jouet, Dauphin, 2014, 216 pages.
  • Marie-Madeleine Rabecq-Maillard, Histoire du jouet, Hachette, 1962, 95 pages.
 

Les fabricants de jouets dans les Archives


02/12/2020
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LES TRADITIONS DU MARIAGE - LA REVUE FRANCAISE DE GENEALOGIE

L’Église, avec les conciles de Latran de 1215 et de Trente de 1563, définit le mariage comme un sacrement indissoluble, par lequel deux personnes se jurent, de leur propre volonté, fidélité, protection et obéissance. Le mariage est donc bien un engagement « pour la vie » passé librement par les deux époux.

À cette approche spirituelle s’oppose la pratique, plus matérielle, de nos aïeux. Nombre de mariages étaient arrangés, conclus entre les deux pères des futurs conjoints, à tel point que, parfois, les mariés se connaissaient à peine avant leur mariage. En témoignent les contrats de mariage, quasiment systématiques sous l’Ancien Régime et retenus quelques semaines avant la bénédiction nuptiale, auxquels les épouses ne sont parfois même pas présentes… La dimension financière y tient une place prépondérante. Ainsi, le mariage symbolisait bien plus l’alliance de deux familles, de deux fortunes, que l’union de deux époux. Si le mariage se veut aujourd’hui guidé par l’amour, il n’en était pas de même autrefois.

Quand nos aïeux épousaient leur voisin

Caricatural ? Certes, mais pas tant que ça. Le choix du conjoint était loin d’être aléatoire. En effet, la population étant très peu mobile, le futur conjoint était généralement choisi dans un rayon géographique restreint. J’ai constaté, au travers d’analyses statistiques dans le Lot, que, dans les trois-quarts des cas, les époux résidaient à moins de 8 kilomètres l’un de l’autre et que dans près de la moitié des cas, ils étaient originaires de la même paroisse ! Par ailleurs, le mariage étant le fruit d’un accord entre deux pères de famille, les mariés étaient presque toujours issus du même milieu social et professionnel : un laboureur épousait une fille de laboureur, un artisan une fille d’artisan, un notaire ou clerc de notaire une fille de notaire. L’endogamie, géographique, sociale, professionnelle était ainsi omniprésente. Il n’est donc pas étonnant, au vu des critères de sélection du conjoint, que la plupart des mariés soient cousins jusqu’à la seconde moitié du XIXe siècle. Qui n’a pas observé ces phénomènes dans sa généalogie ?

C’est pourquoi l’Église a réglementé le mariage pour contrecarrer cette tendance et éviter les mariages consanguins : deux cousins issus d’issus de germains (et donc cousins au 4e degré canonique) ne pouvaient contracter mariage, sauf dispense.

Une union célébrée chez la mariée

La tradition voulait que le mariage soit célébré dans la paroisse ou commune d’origine, voire de résidence, de la mariée. Cette coutume était très souvent respectée (dans 6 à 9 cas sur 10) et est toujours de mise.

En revanche, tordons de suite le cou à une idée reçue : non, on ne se mariait pas à 15-20 ans ! De même qu’on ne mourrait pas à 30 ans… Le graphique ci-dessous présente les différents âges liés au mariage : l’âge minimal requis, l’âge moyen observé et l’âge en-dessous duquel le consentement des parents était requis pour se marier. La confrontation des deux dernières lignes permet de confirmer que la plupart des mariages étaient contractés sous la volonté paternelle.

L’âge relativement élevé des hommes lors de leur premier mariage s’explique aisément : ils n’étaient aptes à se marier que lorsqu’ils avaient accumulé suffisamment d’économies et de biens pour entretenir une famille.

En réalisant, à l’aide de votre logiciel de généalogie, la statistique de l’âge moyen à la première union, vous serez surpris de constater à quel point votre famille est dans la norme.

En début d’année

Peut-être avez-vous également constaté, au cours de vos recherches dans les registres paroissiaux, que les actes de mariage figuraient pour la plupart en début d’année ? Là encore, le choix du mois et du jour du mariage était soumis à plusieurs règles.

D’une part, pour des raisons pragmatiques, on avait l’habitude de se marier en morte saison, principalement en janvier et février. D’autre part, pour des questions religieuses, il était interdit de convoler en noces pendant certaines périodes, appelées « temps clos », telles que le Carême (46 jours précédant Pâques, de février à avril selon les années), la Pentecôte, la Toussaint, l’Avent (mois de décembre)…

Si, actuellement, les mariages sont principalement célébrés le samedi, il n’en était pas de même autrefois. En France, on privilégiait le mardi, même si chaque région avait ses propres coutumes. Le vendredi était évité (jour de crucifixion du Christ) ainsi que le dimanche (jour de messe).

La dot et le trousseau de la mariée

La dot était une somme d’argent que les parents donnaient à leur fille lors de son mariage en guise d’héritage. Elle ne pouvait ensuite plus prétendre aux biens de ses parents, comme indiqué dans les contrats de mariage via la formulation courante : « pour tout droit de légitime et supplément d’icelle qui pourrait lui appartenir sur leurs biens ». Il va de soi que la dot était d’autant plus conséquente que la famille de la mariée était aisée. Une telle coutume accentuait l’aspect mercantile du mariage puisque certains cherchaient avant tout une belle dot plutôt qu’une belle épouse… Il faut savoir que cette tradition de l’Ancien Régime a été maintenue après la Révolution et n’a été abolie qu’en 1956 !

La mariée apportait, en sus de la dot, un trousseau, constitué de meubles, de vêtements, de nappes… pour que le jeune couple puisse « se monter en ménage ». Dans l’acte présenté, la mariée apporte ainsi « la somme de douze cens livres, ensemble une robe de burat noir, quatre brebis avec suite, quatre linseuls toile mistisse de deux branches, deux napes, six servietes et un coffre fermé a clef ».

Et la robe de la mariée n’était pas nécessairement blanche ! Cette exigence ne s’est répandue que dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle, même si le blanc était depuis longtemps le symbole de la pureté pour l’Église. Auparavant, la couleur de la robe variait selon les régions. Il n’était pas rare de se marier en noir, ce qui paraîtrait impensable de nos jours…

Pour approfondir


02/12/2020
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UNE INITIATIVE SOLIDAIRE ( 1914 /1918)

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Source /  La Gazette du vendredi


27/11/2020
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