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LA CONDITION DES SOIES

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La Condition des soies est un immeuble de 32 mètres de long et de 23 mètres de large. C'est un exemple d'architecture industrielle fonctionnelle du 19e sècle. Le plan est d'une grande symétrie et les seuls éléments décoratifs sont représentés par la variété des percements, les aisselles et le grand portail d'entrée. L'ensemble forme une composition sobre. Le bâtiment, à l'origine, est isolé des immeubles voisins pour éviter tout risque d'incendie et faciliter les circulations. L'édifice, à l'origine, se présente comme un volume rectangulaire à deux niveaux (rez-de-chaussée et premier étage) surmonté d'un troisième niveau constitué d'un corps en forme de U ouvert à l'est. La pente des toits converge vers l'intérieur du bâtiment. En 1856, c'est la surélévation d'un étage du bâtiment principal. L'aspect général reste homogène malgré l'exhaussement d'un troisième étage et la pose d'une verrière sur la toiture. Depuis 1884, la Condition des soies se présente comme un corps massif et cohérent à quatre niveaux.

 

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Historique

Au 17e siècle, la soierie lyonnaise est réputée dans le monde entier pour l´importance de sa production et la finesse de ses ouvrages.

 

Il n´existe pas de structure publique réglementant la soie. Or le poids de la soie peut varier considérablement (jusqu´à 5%) selon la quantité d'eau absorbée. Il suffit alors d´augmenter la quantité d´eau contenue dans la soie pour faire monter les prix.

 

C´est ainsi que Rast de Maupas, industriel lyonnais, propose en 1779 de créer une Condition des soies à Lyon, la première en France, s´inspirant de la Condition des soies de Turin fondée en 1684.

 

Le but de l´établissement est de déterminer et garantir, de façon scientifique un poids loyal et marchand, en chauffant la soie pour en évacuer l´humidité. Maupas obtient le monopole d´exploitation d´un établissement pour trente ans et les industriels sont obligés de conditionner leurs soies avant de les mettre sur le marché. Puis d´autres Conditions ouvrent leurs portes.

 

Au début du 19e siècle, afin de contrer la concurrence de ces établissements qui engendre un appauvrissement du marché lyonnais, est décidé la fermeture de toutes les Conditions existantes. Par un décret du 23 germinal an XIII (5 avril 1805), la Condition publique et unique des soies de Lyon est créée.

 

Napoléon accorde le monopole du conditionnement de la soie à la Chambre de commerce qui achète alors un terrain sur les anciennes propriétés des Capucins et fait construire de 1809 à 1814 le bâtiment de la Condition des soies.

 

D'autres conditions sont en place : celle d'Avignon en 1801-1802, celle de Saint-Etienne en 1808, la condition de Marseille en 1859, celle de Valence en 1864... En 1925, sont répertoriées en France 12 Conditions des soies : Amiens, Aubenas, Avignon, Calais, Lyon, Marseille, Paris, Roubaix (laine et soies), Saint-Chamond, Saint-Etienne, Tourcoing, Valence.

 

En Europe, on en dénombre 12 en Italie, deux en Suisse, deux en Allemagne, une en Autriche et une à Londres.

 

Le bâtiment est construit sur les plans de l´architecte Joseph-Jean Gay (1775-1832), alors architecte de la ville. La direction des travaux quant à elle est assurée par l´architecte Jean-Joseph Pilliet.

 

Jusqu´en 1814 la Condition des soies est installée place Saint Pierre, l´actuelle place Meissonier, dans le quartier des Terreaux. L´édifice s´installe ensuite au bas des pentes de la Croix-Rousse, rue Saint-Polycarpe, coeur de l´industrie et du commerce des soies à Lyon.

 

Les étuves de conditionnement mises au point par l'ingénieur Talabot et décorées par le peintre-émaillé Antoine Vollon (archives musée des tissus de Lyon), sont installées dans le bâtiment en 1853.

 

Devant l´accroissement des tonnages, les locaux de la Condition des soies sont agrandis et modernisés. En 1856, le bâtiment est réhaussé d'un étage. En 1884, une campagne de travaux est effectuée par l´architecte de la ville Pascalon.

 

L'usage du bâtiment est complexe, des aménagements répétés seront entrepris afin de s´adapter au mieux aux circonstances de l´industrie grandissante. Jusqu´à la Première Guerre mondiale, l´activité de la Condition des soies est très soutenue, atteignant des records de tonnages en 1913. Mais avec le déclin économique au début du XIXe siècle puis le progrès de la chimie et de l´apparition des fibres artificielles, elle subit un fort déclin : un quart de tonnes de soie conditionnée en 1955.

 

Elle abrite dans les années 1950 le Centre de Recherche de la Soierie et des Industries Textiles (CRSIT) qui devient en 1958 le gestionnaire du conditionnement de la soie, sous la responsabilité de la Chambre de commerce.

 

En 1976, le CRSIT déménage à Ecully, laissant le lieu désaffecté jusqu´en 1982 où il est réhabilité par le cabinet d´architectes lyonnais Mortamet-Vidal-Manhes (inscrit dans la politique de réaménagement des pentes de la Croix Rousse).

 

En 1980, le bâtiment est inscrit au titre des monuments historiques (toitures, façade sur rue et escalier monumental).

 

Aujourd'hui, le lieu est animé par la bibliothèque municipale du 1er arrondissement, le centre social et culturel la Condition des soies, un centre médico-social, un service social ménager, les bureaux de la retraite mutualiste du combattant et la Maison des combattants de la Libération.

 

Suite au dépôt de bilan de 2001 du centre-social, principal gestionnaire du bâtiment, un réaménagement des lieux est effectué : depuis 2003, le centre social Quartier Vitalité, l´antenne de la bibliothèque municipale (1er), la ludothèque Croc´aux jeux, la Maison des Combattants de la Libération, la retraite mutualiste et l´association Familles Rurales font vivre le lieu.

 

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21/04/2018
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