Bienvenue dans mon Univers

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DE CHAMPOLLION A CHRISTIANE DESROCHES NOBLECOURT

L’esprit scientifique des Lumières (XVIIIe siècle) s’est révélé dans toute sa beauté dans un domaine inédit, l’égyptologie. L’Égypte, réduite à la vallée du Nil, comptait trois ou quatre millions d’habitants (près d’une centaine aujourd’hui), sous la férule d’une caste militaire d’origine caucasienne ou albanaise, les Mamelouks, eux-mêmes soumis au sultan ottoman qui régnait à Constantinople.

 

 

On ne connaissait l’Égypte des pharaons qu’à travers les récits des historiens et voyageurs grecs de l’Antiquité et ses monuments étaient à l’abandon, souvent enfouis sous le sable. Ils allaient tout d’un coup surgir à la lumière par la vertu d’une expédition française à la fois militaire et scientifique ! Les archéologues et savants français furent de la sorte à l’origine d’une science nouvelle, l’égyptologie. Ils occupent depuis lors en son sein une place éminente.

 

 

Planche extraite de la Description de l'Égypte ou Recueil des observations et des recherches qui ont été faites en Egypte pendant l'expédition de l'armée française (imprimerie impériale, 1809-1813)

Bonaparte livre l'Égypte à la curiosité des savants

Cet improbable miracle trouve son origine dans la guerre sans merci que se livrent la France de la Révolution et l’Angleterre.

 

Après la conquête de l’Italie par le général Bonaparte, en 1797, le gouvernement du Directoire se sent pousser des ailes.

 

Il poursuit sa politique expansionniste aux Antilles (guerre de course), en Irlande (expédition de Humbert) et même aux Indes (soutien à Tippou Sahib, sultan du Mysore, en lutte contre les Anglais).

 

Il a enfin l’idée de gêner les relations entre Londres et les Indes en occupant l’Égypte. L’idée ravit Bonaparte qui réunit en secret une armée et une flotte.

 

Il choisit aussi de se faire accompagner de scientifiques, naturalistes, ingénieurs, artistes et humanistes, en vue d’étudier les vestiges de l'ancienne Égypte.

 

Adjoindre des savants à une expédition militaire n'est pas chose nouvelle mais c'est la première fois qu'on en compte autant : 169 !

 

Parmi eux le mathématicien Gaspard Monge, le naturaliste Geoffroy Saint-Hilaire, etc.

 

Ils sont placés sous l’autorité de l'artiste aventurier Vivant Denon.

 

Bonaparte les rassemble dans un Institut d'Égypte dont il est membre actif, sur le modèle de l'Institut de France.

 

Dessinateur et graveur talentueux, Vivant Denon publie en 1802 le recueil de son travail, pas moins de 300 dessins et croquis, sous l'intitulé : Voyage en basse et Haute-Égypte.

 

L’ouvrage répand dans les cercles cultivés la passion de l'égyptologie et vaut à son auteur d'être nommé directeur général du Musée central des Arts (futur musée Napoléon puis musée royal, aujourd'hui musée du Louvre).

 

Quant aux résultats des travaux de l’ensemble de l’expédition scientifique, ils paraissent en 1809 sous le titre : Description de l'Égypte ou Recueil des observations et des recherches qui ont été faites en Égypte pendant l'expédition de l'Armée française.

 

Durant la campagne d’Égypte, un soldat a découvert à Rosette, dans le delta du Nil, une pierre en basalte noir d'un mètre de longueur sur laquelle est gravé un décret d'un pharaon de l'époque hellénistique, Ptolémée V, rédigé en trois versions : la première en hiéroglyphes, l'écriture sacrée des premiers pharaons, la deuxième en démotique, une écriture égyptienne tardive datant du 1er millénaire av. J.-C., la troisième en grec ancien.

 

 

Carnet de notes de Champollion

Champollion perce le secret des hiéroglyphes

La pierre de Rosette tombe peu après entre les mains des Anglais mais des copies circulent dans toute l’Europe. L’une d’elles arrive en 1808 en possession d’un jeune homme originaire de Figeac, Jean-François Champollion (1790-1832).

 

Ce surdoué, qui parle de nombreuses langues anciennes, se prend de passion pour la civilisation des pharaons et rêve de déchiffrer l'écriture hiéroglyphique, ces idéogrammes aux formes stylisées d'animaux, d'humains ou d'objets, conçues au IVe millénaire et qui demeurent une énigme.

 

Jean-François Champollion en habit égyptien (1828, pastel de Giovani Angelelli)


Grâce à sa familiarité avec la culture pharaonique et à sa maîtrise de la langue copte, proche de celle des anciens Égyptiens, Champollion observe que le texte hiéroglyphique de Rosette contient trois fois plus de signes que le texte grec ne compte de mots.

 

Il en déduit que les hiéroglyphes (on en recense environ 5 000) ne sont pas seulement des idéogrammes mais peuvent dans un même texte servir de signe phonétique comme nos lettres de l'alphabet.

 

 

Après plusieurs années de recherches harassantes, il repère le nom de Cléopâtre. Ayant reçu des dessins d'un archéologue, il obtient confirmation de la justesse de sa découverte en reconnaissant les noms de Ramsès et Thoutmosis. « Je tiens mon affaire ! » s'exclame-t-il avant de sombrer dans un état d’inconscience.

 

 

Le 27 septembre 1822, Champollion expose devant l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres les résultats de ses travaux sur le déchiffrage des hiéroglyphes. Il est ovationné et la publication de sa Lettre à M. Dacier relative à l'alphabet des hiéroglyphes phonétiques lui vaut une immense notoriété.

 

 

Un peu plus tard, le roi Charles X confie au jeune savant la création d'un musée égyptien dans le palais du Louvre. Pour lui, Champollion achète d'un coup les 4000 pièces de la fabuleuse collection du consul anglais du Caire, Salt. Le 15 décembre 1827, le musée est inauguré dans l'aile Sully par le roi qui lui donne son nom et place Champollion à sa tête.

 

Dès lors, afin d'enrichir les collections de son musée, Champollion visite les collections égyptiennes de Turin et, enfin, parcourt en 1828-1829 le pays de ses rêves, l'Égypte, en remplissant ses carnets de notes et de croquis.

 

 

Napoléon III et l'impératrice visitent la reconstitution du temple d'Edfou lors de l'Exposition universelle de 1867

Auguste Mariette protège les Antiquités égyptiennes

Champollion meurt d'épuisement à 42 ans, au milieu des honneurs, sans avoir eu le temps d'achever sa Grammaire égyptienne et son Dictionnaire égyptien. Mais déjà l'égyptomania s'est emparée des esprits. Elle transparaît dans le style du mobilier Empire. Elle transparaît dans la poésie, avec les Orientales du jeune Victor Hugo (1829). Elle culmine en 1867 avec la reconstitution du temple d'Edfou lors de l'exposition universelle de Paris, inaugurée par Napoléon III. 

 

 

Symbole de cet engouement : l'érection de l'obélisque de Karnak sur la place de la Concorde, au lieu le plus prestigieux de Paris.

 

Auguste Mariette (11 février 1821, Boulogne-sur-Mer ; 18 janvier 1881, Le Caire)Le parcours exceptionnel de Champollion inspire de nombreuses vocations d'égyptologues parmi lesquels Auguste Mariette (1821-1881).

 

 

Employé au département des Antiquités égyptiennes du musée du Louvre, il est envoyé en Égypte pour entreprendre des fouilles sur la nécropole de Saqqarah. C'est là qu'il découvre en 1850 la fameuse statuette du Scribe accroupi, aujourd'hui au Louvre.

 

 

Il met au jour l'allée des sphinx de Memphis ainsi que le Temple d’Horus (Edfou), le deuxième sanctuaire le plus important d'Égypte après Karnak.

Soucieux de mettre un terme au pillage des sites pharaoniques par les traficants d'antiquités, il fonde en 1858, au Caire, le Service des Antiquités de l'Égypte qui deviendra plus tard le prestigieux Musée égyptien.

 

 

Enfin, en prévision de l'inauguration du canal de Suez, dont le creusement a été entrepris à l'initiative de la France, il écrit le livret d'un opéra « pharaonique » destiné à être joué au Caire. Ce sera Aïda, une oeuvre de Giuseppe Verdi. Les décors ayant été bloqués à Paris du fait de la guerre franco-prussienne de 1870, la première représentation aura finalement lieu le 23 décembre 1871 dans l'opéra flambant neuf du Caire.

 

 

Le grand temple d'Abou-Simbel (Égypte)

Christiane Desroches Noblecourt sauve les temples de Nubie

Plus près de nous, Christiane Desroches Noblecourt (1913-2011) se prend de passion pour l'Égypte ancienne à 9 ans, à l'annonce de la découverte du tombeau de Toutankhamon.

 

Elle a 25 ans quand elle se rend au Caire pour diriger des campagnes de fouilles. L'arrivée d'une jeune femme, la première égyptologue de l'Histoire, fait sensation mais par son tempérament teigneux et du haut de ses 1,50 mètres, elle a vite fait de remettre chacun à sa place.

 

Après un passage dans la Résistance, elle relève un nouveau défi avec le sauvetage de 24 temples pharaoniques de Haute-Égypte menacés de submersion par la construction du barrage d’Assouan.

 

 

Christiane Desroches Noblecourt (17 novembre 1913, Paris ;23 juin 2011, Épernay)

 

À l’UNESCO, Christiane Desroches Noblecourt sensibilise chacun à la notion inédite de « patrimoine de l’humanité » et obtient le soutien de cinquante pays pour le plus grand déménagement de l'Histoire : les deux temples géants construits par Ramsès II à Abou Simbel sont découpés à la scie en blocs de 20 tonnes et remontés 64 mètres plus haut, hors de portée des eaux.

 

Un travail proprement pharaonique. S'engage ensuite le sauvetage des autres temples de Nubie, en particulier le transfert du ravissant temple de Philae d'une île à une autre.

 

Reste le cas d'un temple trop délicat pour être découpé, le temple d'Amon à Amada.

 

Christiane Desroches Noblecourt demande une entrevue au président de Gaulle et lui avoue avoir annoncé par anticipation à la tribune de l'UNESCO que la France sauverait ledit temple !

 

Le général se raidit : « Comment avez-vous osé dire que la France sauverait le temple, sans avoir été habilitée par mon gouvernement ? »

 

Et Christiane Desroches Noblecourt, terrorisée, de répondre : « Comment, Général, avez-vous osé envoyer un appel à la radio, alors que vous n’aviez pas été habilité par Pétain ? » Le Général sourit, plus admiratif qu'indigné.

 

Finalement, le temple a été à son tour sauvé.

 

Le général de Gaulle a lui-même tiré profit de l'inépuisable énergie de l'égyptologue en lui confiant l'organisation en 1967 d'une exposition Toutânkhamon à Paris. Cette exposition, avec plus de 1,24 millions de visiteurs, est restée pendant plus de cinquante ans l’exposition la plus fréquentée en France (record battu en 2019 par l’exposition Toutânkhamon, le Trésor du Pharaon, organisée à la Grande Halle de La Villette).

 

 

 3100 à 30 av. J.-C.

L'Égypte... en mode chronométré

 

 

15 secondes par siècle !

Dans cette vidéo, on se propose de retracer toute l’Histoire de l’Égypte antique par le biais de cartes animées, avec une contrainte temporelle : on va consacrer exactement 15 secondes par siècle, ce qui permettra de bien sentir le rythme des évolutions.

 

 

Avant de lancer le chrono, voici déjà la situation de départ : en 6000 av. J.-C., le blé et l’orge du Croissant Fertile gagnent l’Égypte et la Mésopotamie grâce à la maîtrise de l’irrigation.

 

Puis vers 3500, le début de la désertification crée une pression croissante qui accélère le rythme des innovations. L’Égypte est sur le point d’entrer dans l’Histoire, et il est temps pour nous de démarrer le chrono.

 

 

En 3500 av. J.-C., le pays est soumis à de nombreux conflits entre cités-états dominées par la puissance de Bouto et de Nagada. Peu à peu, le pays se structure ainsi en deux royaumes : la Basse et la Haute Égypte.

 

Au sud, l’hégémonie de Nagada finit par être renversée par une dynastie de Hiérakonpolis. Bien qu’ils règnent depuis cette ville, les rois se font enterrer à Abydos : ça entraîne l’essor progressif de la ville de Thinis située juste en face.

 

C’est à Abydos qu’apparaissent les premiers éléments d’écriture vers 3300. Ils sont probablement destinés à garantir l’immortalité des morts et ont donc une fonction essentiellement magique.

 

C’est ainsi qu’on a connaissance de plusieurs rois du sud, dont un Scorpion qui semble avoir mené une première tentative d’unification. Celle-ci est finalisée par le roi Narmer qui conquiert la Basse Égypte vers 3150 et fait de Thinis sa capitale. C’est le début de l’époque thinite.

 

 

La ville de Memphis est fondée afin de mieux contrôler le delta. Un énorme travail est fait pour unifier les cultures du nord et du sud et pacifier le pays.

 

C’est à cette époque que le système de hiéroglyphes arrive à maturité et qu’une religion égyptienne cohérente se construit. Les pharaons mènent alors des campagnes de plus en plus loin, jusqu’en Palestine.

 

 

Cet essor exceptionnel perdure jusqu’au règne de Semerkhet vers 2900 qui voit réapparaître les rivalités entre le nord et le sud. La paix est finalement rétablie par le roi Hotepsekhemoui qui fonde la 2e dynastie, mais ça se fait au prix de concessions vis-à-vis du nord : peu à peu, la nécropole de Saqqarah près de Memphis prend de l’importance aux dépens d’Abydos.

 

 

Malgré ça, la Basse Égypte se soulève à nouveau vers 2750 et les rois de la 2e dynastie sont obligés de se retrancher plus au sud à Hierakonpolis. Finalement, le roi Khasekhemoui organise la riposte et réunifie tout le pays au prix d’une guerre sanglante.

 

 

Sa mort marque le début de l’Ancien Empire. Son successeur Djeser déplace la capitale à Memphis et entame de grands travaux pour son tombeau de Saqqarah avec l’aide de son vizir Imhotep. C’est ce qui donne naissance à la première pyramide.

 

 

C’est alors la course au gigantisme, d’abord avec Snefrou, puis Kheops qui marque l’apogée de l’âge des pyramides. Son successeur Khephren fait en plus construire le célèbre sphinx qui garde l’entrée de sa nécropole. La dynastie en place s’éteint peu après :

 

 

Une nouvelle dynastie s’impose vers 2470 avec le soutien du clergé de Rê basé à Heliopolis. Cette influence croissante du clergé se manifeste dans les nécropoles : les pyramides perdent alors en hauteur au profit des temples solaires.

 

 

Une longue paix s’installe dans le pays, caractérisée par de vigoureux échanges commerciaux avec Byblos au Proche Orient et jusqu’au lointain Pays de Pount au sud de la Mer Rouge.

 

Le royaume étend son emprise en Nubie jusqu’à entrer en contact avec la ville de Kerma. Cependant l’autorité des pharaons continue de décliner face aux pouvoirs locaux et des conflits de palais apparaissent.

 

Le très long règne de Pépi II n’arrange pas les choses en compliquant la succession.Sa mort vers 2180 entraîne d’innombrables luttes de pouvoir qui plongent brutalement le pays dans l’anarchie : c’est le début de la Première Période Intermédiaire.

 

Tandis que des bédouins envahissent le delta, 2 villes tentent de réunifier le pays : Hérakléopolis et Thèbes.

 

 

C’est Thèbes qui finit par triompher : son roi Montouhotep II parvient à réunifier l’Égypte, fondant le Moyen Empire. Il innove en se créant un majestueux temple funéraire en face de Thèbes. Les anciennes relations commerciales sont restaurées, mais ses successeurs sont très vite confrontés à de nouvelles révoltes.

 

Profitant de la faiblesse du pharaon, le vizir Amenenhat s’empare du pouvoir, fondant la XIIe dynastie. Il déplace la capitale à Licht, plus centrale que Thèbes, et renoue avec les traditions de l’Ancien Empire en reprenant le concept de la pyramide.

 

L’Égypte rayonne de plus belle en amorçant de nouveaux échanges commerciaux, notamment avec la Crète. La Palestine est conquise par le pharaon Sesostris III et la Nubie est pacifiée.

 

 

L’absence d’héritier mâle met fin à la dynastie vers 1780 et les pharaons défilent alors à grande vitesse sur le trône. L’Égypte reste correctement administrée mais des nomades en profitent pour s’installer dans le delta tandis que le royaume de Kerma progresse en Nubie :

 

C’est la fin du Moyen Empire. Vers 1650 se produit une nouvelle vague d’invasions venues du Proche Orient menée par les Hyksos : ils fondent un royaume dans le delta avec Avaris pour capitale et vassalisent le reste de l’Égypte, sauf le royaume de Thèbes au sud qui conserve son indépendance au prix d’un tribut aux Hyksos.

 

C’est de là que se fait la reconquête vers la Nubie, puis vers la Basse Égypte. En 1535, Ahmosis Ier chasse définitivement les Hyksos du pays, ce qui pose les bases du Nouvel Empire.

 

Thoutmosis Ier conquiert intégralement le royaume de Kerma, et il amorce la conquête du Levant qui sera achevée par Thoutmosis III. La ville de Thèbes connaît des embellissements sans précédent avec l’érection de nombreux temples.

 

Vers 1350 av. J.-C., le pharaon Akhenaton et son épouse Nefertiti décident d’abandonner les cultes traditionnels au profit d’un dieu unique Aton, ce qui sème le trouble dans le pays. Celui-ci plonge dans la guerre civile tandis que les Hittites progressent au Proche Orient.

 

Finalement, Toutankhamon restaure les anciens cultes, puis Horemheb rétablit l’emprise égyptienne sur le Proche Orient.

 

Ce nouvel apogée est incarné par le très long règne de Ramsès II. Peu après sa mort, les Peuples de la Mer commencent leurs attaques sur l’Égypte qui amorce un long déclin. Ramsès III est le dernier à mener de grandes constructions, et Ramsès VI est le dernier à pénétrer dans le Sinaï.

 

Le pouvoir du pharaon s’effrite au profit du Grand-Prêtre de Thèbes et l’Égypte se retrouve coupée entre ces 2 influences, avec Tanis et Thèbes pour capitales.

 

Au sud, le Pays de Koush en profite pour prendre son indépendance tout en conservant sa culture égyptienne.

 

Les Libyens multiplient leurs raids sur l’Égypte, et beaucoup s’égyptianisent en s’installant sur place. L’un d’eux, Sheshonq Ier, s’empare du pouvoir en 943 av. J.-C. et contribue à revitaliser le pays.

 

L’Égypte est réunifiée, il restaure son influence sur le Proche-Orient, et les constructions de temples reprennent un peu partout. Pourtant ce nouvel apogée ne dure pas : le pouvoir du pharaon s’affaiblit face aux chefferies libyennes du delta. Le Grand-Prêtre de Thèbes reprend son autonomie tandis que la Basse Égypte replonge dans la guerre civile.

 

 

Pendant ce temps plus au sud, un nouveau royaume émerge au Pays de Koush, centré sur Napata. Profitant du chaos en Égypte, son roi Piankhy progresse vers le nord et achève la conquête du territoire en 716 av. J.-C.. C’est le début de la Basse Epoque.

 

 

Des pyramides sont construites près de Napata en retour aux vieilles traditions. Cette nouvelle prospérité est mise à mal par l’empire assyrien qui envahit l’Égypte ; mais très vite, les princes de Saïs rejettent la suzeraineté assyrienne et restaurent l’indépendance du royaume, avec l’aide précieuse des mercenaires grecs.

 

Peu après, l’Égypte conquiert la Nubie et retrouve un nouvel apogée. Elle parvient à résister à l’empire babylonien, mais ne peut rien faire face à l’empire perse qui s’empare du pays en 525 av. J.-C..

 

 

L’unité de l’empire perse est favorable au commerce et le pays connaît une certaine prospérité économique. Mais les Egyptiens se révoltent régulièrement avec l’aide des Grecs jusqu’à restaurer leur indépendance en 404 av. J.-C..

 

 

L’érection des temples peut enfin reprendre, mais pour peu de temps : en 342, les Perses reprennent le contrôle du pays. Dix ans plus tard, leur empire est conquis par Alexandre le Grand. Sa mort entraîne des guerres entre ses généraux et l’Égypte revient à Ptolémée Ier. Celui-ci fonde la dynastie des lagides et les grandes constructions reprennent tels que le Phare et la Bibliothèque d’Alexandrie, ou le temple d’Edfou.

 

 

En parallèle, le Pays de Koush perpétue la tradition des pyramides depuis sa nouvelle capitale Méroé. Les royaumes hellénistiques finissent pourtant par s’épuiser dans leurs guerres incessantes tandis que Rome devient une nouvelle puissance en Méditerranée. L’Égypte doit lui verser de plus en plus de blé pour pouvoir conserver son indépendance.

 

 

L’Égypte connaît un ultime sursaut sous la reine Cléopâtre qui obtient un enfant de Jules César, puis s’allie à Marc Antoine dans sa lutte contre Octave. Mais la défaite d’Actium en 31 av. J.-C. marque la fin de l’Égypte indépendante et l’arrêt de notre chronomètre.

 

Dorénavant, le pays sera pleinement intégré à l’empire romain réunifié et il va se fondre dans la culture romaine.

 

Les vieilles traditions se maintiennent davantage à Méroé, jusqu’à ce que ce royaume succombe en l’an 345.

 

Un nouveau coup est donné en l’an 391 avec la fermeture de nombreux temples païens en Égypte, ce qui fait sombrer la vieille religion dans l’oubli.

 

Dernier héritage de l’ancien monde, la langue finira par disparaître à son tour après la conquête arabo-musulmane de l’an 641. Il ne restera alors plus rien de l’antique civilisation qui va sombrer dans l’oubli, jusqu’à ce qu’un certain Champollion la fasse ressurgir en pleine lumière...

 

 

Préhistoire et haute Antiquité en cartes animées

Un récit de Vincent Boqueho en 22 épisodes

 

31 août 2021 : je vous propose une incursion dans la Préhistoire et la Haute Antiquité, aux racines de l’Histoire, là où tout se met en place, là où émerge de par le monde le fil des civilisations qui se déroule jusqu’à aujourd’hui.

Égypte : l'Ancien Empire, une carte animée de Vincent Boqueho pour Herodote.net

 

La Haute Antiquité, c’est aussi 2800 ans d’Histoire, de 3300 à 525 av. J.-C. : c’est-à-dire une durée plus longue que celle qui nous sépare de ces époques reculées.

 

Lorsque le pharaon Psammétique III est détrôné par le Perse Cambyse II, les grandes pyramides de Gizeh sont déjà dressées depuis plus de 2000 ans : tout autant qu’aujourd’hui elles semblent issues du fond des âges, comme érigées par les dieux.

 

Car la Haute Antiquité, c’est avant tout l’éclat de deux civilisations d’une précocité remarquable, héritières du Croissant Fertile : la Mésopotamie et l’Égypte.

 

La civilisation chinoise, qui est la plus ancienne civilisation ayant perduré jusqu’à aujourd’hui, n’entrera dans l’Histoire que 2000 ans plus tard, que l’on s’en tienne à l’apparition de l’écriture ou aux premiers vestiges monumentaux. Il en va de même pour la civilisation olmèque, mère de toutes les civilisations de Mésoamérique.

 

Vincent Boqueho

 
 
Préhistoire et haute Antiquité en 22 épisodes
 

Vincent Boqueho (Herodote.net, 2014)Notre collaborateur Vincent Boqueho enseigne les sciences à Nice. En cette rentrée 2021-2022, il se propose de parcourir avec vous la Préhistoire et la Haute Antiquité semaine après semaine. 

Le voyage se déroulera en 22 épisodes :

 

1 – La Préhistoire
2 – Mésopotamie, premières cités-états (-6000 à -2340)
3 – Egypte – Du néolithique à la période thinite (-6000 à -2650)
4 – Egypte – L’Ancien Empire (-2650 à -2020)
5 – Mésopotamie – Les premiers empires (-2350 à -2004)
6 – Inde – la civilisation de l’Indus (-2600 à -1900)
7 – La protohistoire dans le Monde (jusqu’en -2000)
8 – Egypte – le Moyen Empire (-2020 à -1535)
9 – Mésopotamie – la naissance de l’Assyrie et de la Babylonie (-2004 à -1595)
10 – Crète – la civilisation minoenne (-2000 à -1450)
11 – Anatolie – l’empire hittite (-2000 à -1180)
12 – Egypte – Le Nouvel Empire (-1535 à -1070)
13 – Babyloniens et Assyriens en quête d’un nouveau souffle (-1595 à -1070)
14 – Grèce – la civilisation mycénienne (-1650 à -1200)
15 – La Chine pré-impériale (-2200 à -700)
16 – Mésoamérique – les Olmèques (-1200 à -400)
17 – Mésopotamie – la gloire des derniers empires (-1070 à -539)
18 – Egypte – La Basse Epoque (-1100 à -525)
19 – Levant – la naissance d’Israël (-1040 à -587)
20 – Levant – l’âge d’or des Phéniciens (-1200 à -572)
21 – La Grèce archaïque (-800 à -550)
22 – L’essor des Mèdes et des Perses (-750 à -525)

 

Vous aurez peut-être du plaisir à lire l'une de mes poésies  en cliquant sur le lien ci-dessous :

 

https://www.blog4ever.com/gestion/articles/composer/12332716



30/09/2022
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