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LES TRADITIONS DU MARIAGE - LA REVUE FRANCAISE DE GENEALOGIE

L’Église, avec les conciles de Latran de 1215 et de Trente de 1563, définit le mariage comme un sacrement indissoluble, par lequel deux personnes se jurent, de leur propre volonté, fidélité, protection et obéissance. Le mariage est donc bien un engagement « pour la vie » passé librement par les deux époux.

À cette approche spirituelle s’oppose la pratique, plus matérielle, de nos aïeux. Nombre de mariages étaient arrangés, conclus entre les deux pères des futurs conjoints, à tel point que, parfois, les mariés se connaissaient à peine avant leur mariage. En témoignent les contrats de mariage, quasiment systématiques sous l’Ancien Régime et retenus quelques semaines avant la bénédiction nuptiale, auxquels les épouses ne sont parfois même pas présentes… La dimension financière y tient une place prépondérante. Ainsi, le mariage symbolisait bien plus l’alliance de deux familles, de deux fortunes, que l’union de deux époux. Si le mariage se veut aujourd’hui guidé par l’amour, il n’en était pas de même autrefois.

Quand nos aïeux épousaient leur voisin

Caricatural ? Certes, mais pas tant que ça. Le choix du conjoint était loin d’être aléatoire. En effet, la population étant très peu mobile, le futur conjoint était généralement choisi dans un rayon géographique restreint. J’ai constaté, au travers d’analyses statistiques dans le Lot, que, dans les trois-quarts des cas, les époux résidaient à moins de 8 kilomètres l’un de l’autre et que dans près de la moitié des cas, ils étaient originaires de la même paroisse ! Par ailleurs, le mariage étant le fruit d’un accord entre deux pères de famille, les mariés étaient presque toujours issus du même milieu social et professionnel : un laboureur épousait une fille de laboureur, un artisan une fille d’artisan, un notaire ou clerc de notaire une fille de notaire. L’endogamie, géographique, sociale, professionnelle était ainsi omniprésente. Il n’est donc pas étonnant, au vu des critères de sélection du conjoint, que la plupart des mariés soient cousins jusqu’à la seconde moitié du XIXe siècle. Qui n’a pas observé ces phénomènes dans sa généalogie ?

C’est pourquoi l’Église a réglementé le mariage pour contrecarrer cette tendance et éviter les mariages consanguins : deux cousins issus d’issus de germains (et donc cousins au 4e degré canonique) ne pouvaient contracter mariage, sauf dispense.

Une union célébrée chez la mariée

La tradition voulait que le mariage soit célébré dans la paroisse ou commune d’origine, voire de résidence, de la mariée. Cette coutume était très souvent respectée (dans 6 à 9 cas sur 10) et est toujours de mise.

En revanche, tordons de suite le cou à une idée reçue : non, on ne se mariait pas à 15-20 ans ! De même qu’on ne mourrait pas à 30 ans… Le graphique ci-dessous présente les différents âges liés au mariage : l’âge minimal requis, l’âge moyen observé et l’âge en-dessous duquel le consentement des parents était requis pour se marier. La confrontation des deux dernières lignes permet de confirmer que la plupart des mariages étaient contractés sous la volonté paternelle.

L’âge relativement élevé des hommes lors de leur premier mariage s’explique aisément : ils n’étaient aptes à se marier que lorsqu’ils avaient accumulé suffisamment d’économies et de biens pour entretenir une famille.

En réalisant, à l’aide de votre logiciel de généalogie, la statistique de l’âge moyen à la première union, vous serez surpris de constater à quel point votre famille est dans la norme.

En début d’année

Peut-être avez-vous également constaté, au cours de vos recherches dans les registres paroissiaux, que les actes de mariage figuraient pour la plupart en début d’année ? Là encore, le choix du mois et du jour du mariage était soumis à plusieurs règles.

D’une part, pour des raisons pragmatiques, on avait l’habitude de se marier en morte saison, principalement en janvier et février. D’autre part, pour des questions religieuses, il était interdit de convoler en noces pendant certaines périodes, appelées « temps clos », telles que le Carême (46 jours précédant Pâques, de février à avril selon les années), la Pentecôte, la Toussaint, l’Avent (mois de décembre)…

Si, actuellement, les mariages sont principalement célébrés le samedi, il n’en était pas de même autrefois. En France, on privilégiait le mardi, même si chaque région avait ses propres coutumes. Le vendredi était évité (jour de crucifixion du Christ) ainsi que le dimanche (jour de messe).

La dot et le trousseau de la mariée

La dot était une somme d’argent que les parents donnaient à leur fille lors de son mariage en guise d’héritage. Elle ne pouvait ensuite plus prétendre aux biens de ses parents, comme indiqué dans les contrats de mariage via la formulation courante : « pour tout droit de légitime et supplément d’icelle qui pourrait lui appartenir sur leurs biens ». Il va de soi que la dot était d’autant plus conséquente que la famille de la mariée était aisée. Une telle coutume accentuait l’aspect mercantile du mariage puisque certains cherchaient avant tout une belle dot plutôt qu’une belle épouse… Il faut savoir que cette tradition de l’Ancien Régime a été maintenue après la Révolution et n’a été abolie qu’en 1956 !

La mariée apportait, en sus de la dot, un trousseau, constitué de meubles, de vêtements, de nappes… pour que le jeune couple puisse « se monter en ménage ». Dans l’acte présenté, la mariée apporte ainsi « la somme de douze cens livres, ensemble une robe de burat noir, quatre brebis avec suite, quatre linseuls toile mistisse de deux branches, deux napes, six servietes et un coffre fermé a clef ».

Et la robe de la mariée n’était pas nécessairement blanche ! Cette exigence ne s’est répandue que dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle, même si le blanc était depuis longtemps le symbole de la pureté pour l’Église. Auparavant, la couleur de la robe variait selon les régions. Il n’était pas rare de se marier en noir, ce qui paraîtrait impensable de nos jours…

Pour approfondir



02/12/2020
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