Bienvenue dans mon Univers

Bienvenue dans mon Univers

HISTOIRE

 

Cette catégorie évoquera des personnages, des lieux, des faits qui appartiennent  à notre passé commun :

 

L'HISTOIRE

 

 

Qui peut prétendre appréhender l'avenir  sereinement sans  se pencher au préalable  sur le passé.

 

Le passé est riche d'enseignements, il renseigne les pourquoi, il explique les

comment, il permet la réflexion, l'analyse puis, il autorise ou interdit  le cheminement vers le futur

 

Martine

 


L'AGE DE LA PIERRE : L A NAISSANCE DE L'HUMANITE

A l'échelle de l'histoire de l'humanité, et plus encore de la Terre, les recherches sur l'origine de l'homme, sur son évolution  et sur les liens qu'il entretient avec ses pairs sont relativement récentes.
 
Jusqu'au XVIII°  siècle, dans de nombreuses parties du monde, on croit fermement à la doctrine créationniste telle qu'elle est décrite dans la  Bible " Dieu créa l'homme à son image, à l'image de Dieu il le créa Mâle et femelle


 
La Source Principale  de l'article : Histoire  visuelle du Monde - National Géographic

 
Aujourd'hui encore , ,nous n'avons aucune certitude  quant aux origines de l'humanité. En 1871, contestant  cette doctrine Charles Darwin, naturaliste,   met en  avant  la théorie de l'évolution, s'appuyant  sur l'idée que l'homme descend des Anthropoïdes. 
 
C'est l'Afrique, considéré comme le berceau de l'humanité, qui a livré  les plus anciens  hominidés fossiles.
Les ossements, les outils et les vestiges de campements  - notamment les peintures rupestres des différentes  époques ont permis de retracer l'évolution de l'actuel Homo Sapiens.
 
Grâce aux technologies modernes, ces éléments ont pu être étudiés, classés et datés, un travail qui a permis aux scientifiques de mieux cerner les origines de l'Homme.
 


Les peintures Rupestres
 
c46e857aa133fbe9e28a142ec97eac54.jpg


De 25000 à 10000 avant J.-C., l'Europe, et plus particulièrement la France, va connaître une période de floraison artistique, où la peinture, le dessin, la sculpture acquièrent leurs premières lettres de noblesse.
 
C'est à Laugerie-Basse, en 1864, que fut découverte la première statuette de femme, à qui l'on donna le nom de « Vénus impudique »
 
venus-impudiques.jpg
 
 
Depuis, plus d'une vingtaine de ces Vénus, sculptées dans des matériaux divers, ont été retrouvées : à Grimaldi, la Vénus dite « le losange » est en stéatite verte, celle de Tursac provient d'un galet de calcite, la Vénus à la corne est en bas-relief, quant à la Dame à la capuche, la seule sur laquelle apparaissent les traits du visage, elle est en ivoire.
 
 
Toutes ces Vénus datent de 25000 à 20000 avant J.-C. et la majorité d'entre elles révèle une femme aux hanches larges, au ventre souvent gonflé, ce qui permet de supposer qu'il s'agissait-là d'une évocation de la femme enceinte ou d'un hymne à la fécondité.
 
Source d'inspiration des temps anciens, la femme ne va pas garder bien longtemps ce monopole : les scènes de chasse, les animaux ornent désormais seuls le fond des cavernes.
 

Lorsque furent découvertes, en 1875, les premières peintures rupestres, elles ne suscitèrent, de la part des préhistoriens, qu'un immense mouvement de scepticisme. En effet, comment l'homme préhistorique, décrit alors comme un être bestial et primitif, aurait-il pu produire de tels chefs-d'oeuvre ?
 
Il faudra attendre 1940 et la découverte de la grotte de Lascaux pour convaincre les préhistoriens que« l'homme des cavernes » était un artiste...
 
 
Lascaux_painting.jpg

Depuis, la vision des sites d'art rupestre fascine les amateurs comme les spécialistes. Mais, pour ces derniers, nombre de questions restent en suspend.
 

La première concerne la situation géographique des sites rupestres : la grande majorité d'entre eux se situent entre le sud-ouest de la France et le nord de l'Espagne et pour y accéder, du moins dans de nombreux cas, il faut parcourir toute une série de boyaux.
 
Il ne fait donc aucun doute qu'ils n'ont pas été sélectionnés au hasard. Quant à savoir ce qui a pu motiver ses choix, l'énigme reste entière.
 
Certains spécialistes ont voulu voir dans la multitude des motifs animaliers -scènes de chasse ou de la vie animal- la pratique d'un rituel précédant les grandes périodes de chasse ?
 
La présence, sur certains sites, de dessins suggérant une influence magique ou chamanique, comme « le sorcier » de la grotte des Trois-Frères, pourrait confirmer cette hypothèse.
 
Mais comment expliquer que les animaux les plus chassés -cerf et renne- ne soient pas les plus représentés ?
En effet, les bisons et les chevaux sont ceux qui apparaissent le plus, sans parler des autres animaux évoqués : aurochs, mammouths, phoques et pingouins, comme à Cosquer, des ours et même une panthère tachetée à Chauvet.
 
grotte-sous-marine-cosquer-marseille.jpg
 
De plus, pourquoi, dans ce cas, avoir placé certaines scènes tout en hauteur ou même sur les plafonds ce qui a dû nécessiter l'emploi de cordages ou d'échafaudage ? On le voit, la théorie des rituels de chasse pêche par bien des côtés et seuls certains aspects en ont été retenus.
 
En effet, il est pratiquement certain que ces sites étaient le cadre de rituels -sans que l'on sache lesquels- ou, plus probablement, étaient des sanctuaires religieux, des lieux de culte.
 
La présence, à Chauvet par exemple, d'un crâne d'ours, posé intentionnellement sur une pierre comme sur un autel, suggère fortement l'existence d'un culte des ours, déjà pressenti chez les  Neandertaliens.
 
 
crane-ours-grotte-chauvet-caverne-pont-arc-ardeche.jpg
 
Mais quelle est la signification des multiples signes géométriques retrouvés dans les grottes : points alignés ou en amas, traits, courbes, stries, triangles, cercles, arborescences, pentagones ? Que dire également des représentations humaines : silhouettes féminines, mains, parfois mutilées, visages, personnages masqués ou à l'allure fantomatique, être mi-homme mi-animaux, comme « le sorcier » des Trois-Frères ?
 
BEGOUENMAGIE0001.jpg
À tout cela, l'étude préhistorique n'a pas encore su apporter de réponses...
   Source : HISTORIA NOSTRA

 
Les Premiers Hominidés

D'après les découvertes les plus récentes, les origine de l'homme remonteraient  à 7 millions d'années.
 
Les premiers  hominidés ont évolués par  paliers, en développant  progressivement  des aptitudes dans différents domaines.
Ils ont ensuite  commencé  à quitter le continent Africain.

Se conformant à la théorie évolutionniste , les scientifiques ont cherché "le chaînon manquant "  qui ferait le lien entre l'homme et le chimpanzé, son plus proche parent du monde animal.

Depuis cette époque, de nombreuses espèces  d'hominidés ont été découvertes, qui ne sont pas toutes des ancêtres directs de l'Homo sapiens moderne.

En juillet 2001 a été  retrouvé dans le désert du Djourab, au Tchad,  Sahelanthropus Tchadensis.



sahelanthropus_tchadensis.jpg
 
Ce fossile d'hominidé, nommé  Toumaî , aurait vécu il y a environ 7 millions d'années.  il est donc considéré  aujourd'hui  comme le plus vieux représentant  de cette famille. 
 
 
 
Il précède  "Orrorin  tugensis"  découvert en 2000 au Kenya.



hqdefault.jpg

 Orrorin Tugenensis


Deux lignées suivent ces hominidés : Les Ardipithèques

index.jpg


qui ont donné la branche des singes anthropoïdes
 
008.jpg

Le site de fouilles de Gona, en Ethiopie, a livré de nouveaux fossiles d'un très ancien hominidé, Ardipithecus ramidus, décrit pour la première fois au début des années 90.
 
ramidus_illustration_KC_sq.jpg
 
 
 
Sileshi Semaw et ses collègues annoncent aujourd'hui dans la revue Nature la mise au jour de plus de 30 fossiles qui auraient appartenu à neuf individus différents- vieux d'environ 4,5 millions d'années. Ces fossiles, essentiellement des dents, des fragments de mâchoires, de mains et de pieds, ont été trouvés à As Duma dans la région de l'Afar, une zone très riche en pour les paléo-anthropologues.

Les premiers fragments d'Ardipithecus ramidus ont été découverts en 1992 par l'équipe de Tim White (Université de Berkeley). Les chercheurs les avaient d'abord décrits sous le nom d'Autralophitecus ramidus avant de le renommer Ardipithecus

 L'Ardipithèque possède des caractères proches des australopithèques mais aussi des grands singes actuels.

Les découvertes de Semaw permettront peut-être d'affiner le profil d'Ardipithecus ramidus, pour lequel les chercheurs ne disposent que de fossiles fragmentaires. L'étude des couches dans lesquelles les fossiles de As Duma ont été retrouvés révèle la présence de nombreux animaux, notamment des singes, des ruminants, et des rongeurs du type rat-taupe (hétérocéphale).
 
Cependant les chercheurs poursuivent leurs investigations pour savoir dans quel environnement vivaient ces neuf individus,  une savane
ou une forêt ?
 
Ces éléments sont importants pour comprendre comment les hominidés ont évolué vers la bipédie.
 

Les Australopithèques
 
 
L'Australopithèque fut le premier hominidé découvert. Son poids était d'environ 40 à 45 kg, l'homme adulte mesurait entre 1,25m et 1,45m. Son cerveau avait une capacité de 450cm3. Ils mangeaient surtout des fruits, des tubercules, agrémentés de larves et d'insectes puisqu'ils étaient végétariens avec un mode de vie pré-agricole. Ils avaient des pieds préhensiles qui ressemblent aux mains comme les singes.


Cette lignée  a évolué progressivement vers l'Homo sapiens d'abord avec  :

Homo habilis qui vivait il y a 1.5 à 2.3 millions d'années  et qui possédait un cerveau plus volumineux  et un régime alimentaire  plus diversifié que ceux de ses prédécesseurs végétariens. Premier hominidé à quitter la forêt  pour chasser dans la savane, il a inventé  les outils en pierre taillée, comme le galet aménagé qu'il utilisait probablement  pour casser les os d'animaux afin d'en extraire de la moelle.

habilis01.jpg

 
 
C'est en 1961 que Mary Nicol et Louis Leakey découvrent à Odulvai (Nord de la Tanzanie) les restes d'un individu accompagnés d'outils primitifs en pierre : Homo habilis.
Le plus vieil outil retrouvé... le Chopper

Un chopper - Gona - Ethiopie
 
Les plus anciens outils ont été utilisés il y a 2.3 à 2.6 millions d'années, au Paléolithique archaïque, en Afrique. On les retrouve principalement sur les sites de Gona Hadar (Ethiopie), Koobi Fora, Vallée de l'Omo et Oldoway (Tanzanie). Ils sont regroupés sous la dénomination de culture ou de civilisation Oldowayenne.

Ces premiers outils, identifiés comme tels, sont des choppers, ce sont des galets (ou des blocs anguleux) présentant un bord tranchant. Si l'ouvrier travaille l'outil et dégage 2 faces de tranchant on nomme alors l'outil chopping-tool.

Dans les 2 cas ils ont été fabriqués par percussion avec une pierre ou un galet. C'est la culture sur galet ou "pebble-culture". Les campements de l'Oldowayen sont le plus fréquement installés près d'un fleuve et donc près de la matière première : le galet.
 


Homo, ergaster ou Homo erectus
 
erectus_JC_Recon_Head_CC_f_sq.jpg
 
 

Il est apparu  il y a 1.9 million d'années. Premier hominidé  à ressembler  par ses proportions à l'homme moderne, il se déplaçait debout, stockait des victuailles et fabriquait ds outils en pierre.

Il a mis au point une hache  qui faisait aussi fonction de pioche.




Une image exclusive de Lucy sur Hominides.com



Plus que celle de tout autre hominidé fossile, la découverte de Lucy, squelette d'une femelle Australopithecus afarensis d'environ 107 cm découvert en 1974  au nord est de l'Ethiopie, a crée l'événement.

Appartenant à l'arbre phylogénétique de l'homme, elle était dotée d'une anatomie qui lui permettait de se déplacer debout. Ses os et ses dents ont livré de précieuses indications sur son mode de vie.


Un site remarquable qui reprend une grande partie des travaux du sculpteur : ses études sur les insectes, les fourmis, les homo sapiens, les dinosaures, les mammifères marins...
Une petite préférence personnelle pour les photos d'Australopithecus Afarensis, autrement dit Lucy...
 

Les différentes ères préhistoriques

On distingue l'ancien âge de la pierre ou paléolithique, l'âge de la pierre polie ou Néolithique, l'âge du Bronze et l'âge du fer.

Paléolithique inférieur  2 500 000  à 250 000 ans av.JC

Paléolithique moyen        250 000 - 30 000 ans  av JC

Paléolithique supérieur      30 000 - 10 000  ans av JC

Néolithique                         10 000/8000 - 4000/1800 ans  av JC

Âge du Bronze                       4 000- 700  ans av JC  ( Moyen Orient)

                                              1 800- 800 ans av JC  ( Europe )
 Âge du fer                              1 100 - 800 ans  av JC

Cette évolution de l'homme  s'inscrit dans l'ère  quaternaire d l'évolution géologique :

Pléistocène  inférieur : 1 800 000 - 800 000  ans av JC

Pléistocène moyen      :   800 000 - 127 000  ans av JC

Pléistocène  supérieur  :   127 000 - 10 000 ans av JC

Holocène                    :     10 000 ans av JC à nos jours
          

                  



 



02/10/2009
0 Poster un commentaire

DES HISTOIRES DU TEMPS PASSE



Qu'il est doux, qu'il est doux d'écouter des histoires,
Des histoires du temps passé,
Quand les branches d'arbres sont noires,
Quand la neige est épaisse et charge un sol glacé !
Quand seul dans un ciel pâle un peuplier s'élance,
Quand sous le manteau blanc qui vient de le cacher

L'immobile corbeau sur l'arbre se balance,
Comme la girouette au bout du long clocher !
Qu'il est doux, qu'il est doux d'écouter des histoires,
Des histoires du temps passé,
Quand les branches d'arbres sont noires,
Quand la neige est épaisse et charge un sol glacé !

Alfred de VIGNY (1797-1863)

 


19/02/2012
0 Poster un commentaire

100 ANECDOTES INSOLITES SUR PARIS



Cliquez sur le lien ci-dessous :


07/03/2013
0 Poster un commentaire

1459 - LE MANUSCRIT SECRET DU MOYEN AGE

<
A l'abri dans une bibliothèque poussiéreuse, sous clé, se cache un manuscrit étrange et obscur qui recèle
les secrets oubliés du monde médiéval.

Composé de 150 feuillets en papier et écrit en dialecte souabe, le livre sur le Combat de 1459 est un des plus mystérieux
manuscrits du Moyen-Âge au monde.

Dans ses magnifiques pages illustrées est regroupée une collection unique d'images de combats sanglants, de machines de guerre,
d'inventions insolites et de duels.
Aujourd'hui, la majorité de son histoire et de son contenu reste inexpliqué.

Grâce à une interface dernier cri et une restauration pas à pas, les pages de ce manuscrit inconnu sont ramenées à la vie.

La véritable histoire de l'Europe durant le Moyen-âge se révèle être violente, secrète, spirituelle et contient une mine de connaissances.

Nous vous révèlerons des détails surprenants, preuves que la société médiévale était bien plus sophistiquée et étrange que nous le pensions.

10/08/2012
0 Poster un commentaire

ALAN TURING

En l'honneur de leurs génies disparus, les hommes érigent des statues, attribuent des prix, brodent des légendes. Le Britannique Alan Turing (1912-1954), père de l'informatique, co-inventeur de l'ordinateur, visionnaire de l'intelligence artificielle, a eu droit à tous ces signes posthumes, comme autant de regrets de n'avoir compris de son vivant à quel point il était important. Décerné chaque année, un prix qui porte son nom est considéré comme le Nobel de l'informatique. Des palmarès, comme celui du magazine Time en 1999, l'ont classé parmi les 100 personnages-clés du XXe siècle. Des livres et des pièces de théâtre lui ont été consacrés. Sur Internet, qu'il contribua à rendre possible, toutes sortes d'histoires, vraies ou fausses, circulent sur son compte.

Mais ces masses de textes, ces flots de paroles ne pesaient rien, tant que quelques mots leur manquaient. Le premier ministre britannique les avait écrits, il y a quelques années, en réponse à une pétition qui a rassemblé plus de 30 000 signataires, à l'initiative de l'informaticien John Graham-Cumming. Au nom de son gouvernement, Gordon Brown a présenté, le 10 septembre 2009, ses excuses pour le « traitement effroyable » que son pays a réservé à l'un de ses plus grands scientifiques. Suivra, en 2013, un « Royal pardon », accordé le 24 décembre.

Un "Sorry Alan !" pour celui qui, en 1952, avait été condamné par la justice anglaise pour "indécence manifeste". Son délit : être homosexuel. Sa peine : deux ans d'emprisonnement ou un traitement aux hormones féminines revenant à une castration chimique. Le mathématicien choisit les injections, qui le rendirent impuissant. Ses seins se mirent à pousser, sa silhouette athlétique (il était si doué pour le marathon qu'il faillit être sélectionné pour les Jeux olympiques de Londres de 1948) s'en trouva irrémédiablement déformée.

« Châtiment inhumain »

image: //s2.lemde.fr/image/2009/08/31/204x0/1234053_8_ab78_la-statue-a-la-memoire-d-alan-turing_77de90cbcaeafc41bbe2f9caf0e685e0.jpg

La statue à la mémoire d'Alan Turing, inaugurée en 2001 à Manchester.
La statue à la mémoire d'Alan Turing, inaugurée en 2001 à Manchester. KGGucwa

Ce traitement était achevé depuis un an lorsque, le lundi de Pentecôte 1954, Alan Turing croqua une pomme avant de se coucher, comme il en avait l'habitude. Celle-là avait macéré dans du cyanure. Le scientifique venait de mettre fin à ses jours en s'inspirant de Blanche-Neige et les sept nains, le dessin animé de Walt Disney qu'il aimait tant qu'il en psalmodiait souvent les paroles prononcées par la sorcière, dans sa scène favorite : « Plonge la pomme dans le bouillon, Que la mort qui endort s'y infiltre. »

La loi qui a brisé la carrière de Turing, après avoir envoyé Oscar Wilde en prison, ne fut abrogée en Angleterre qu'en 1967, et pas avant 1980 en Ecosse et en Ulster (en France, l'homosexualité a été dépénalisée en 1981). Dans sa lettre, Gordon Brown exprimait ses regrets pour « les milliers d'homosexuels qui furent condamnés par cette législation homophobe » et pour « les millions d'autres qui vécurent dans la crainte d'être confondus ». Dans le cas d'Alan Turing, ce « châtiment inhumain » s'alourdit toutefois d'une injustice supplémentaire.

Le génie était aussi un héros. « Il n'est pas exagéré d'affirmer que, sans sa contribution exceptionnelle, l'histoire de la seconde guerre mondiale aurait pu être très différente, écrit M. Brown. Il est l'un de ces individus dont on peut dire que leur apport unique a fait basculer la guerre. »

Durant le conflit, Alan Turing a su casser Enigma, la machine utilisée par les Allemands pour crypter leurs communications. Il a ainsi donné aux Alliés un avantage décisif, notamment dans la bataille de l'Atlantique. Ce rôle est aujourd'hui son plus grand fait de gloire. Mais, tenu secret pendant plus de trente ans, il ne put plaider en sa faveur au moment de ses déboires judiciaires et, sans doute même, contribua à aggraver son cas. Aussi à l'aise dans les théories de pointe que maladroit dans le jeu social, Alan Turing n'a de toute manière jamais su se défendre.

Ce décalage avec ses semblables est apparu dès l'enfance de ce second fils de fonctionnaires coloniaux, placé dans des familles d'accueil en Angleterre pendant que ses parents demeuraient aux Indes. Son inadaptation aux règles de sa public school était toute proche de l'installer dans une réputation de mauvais élève, voire de le menacer de renvoi, si une première manifestation de son don ne l'avait sorti de ce mauvais pas. A 16 ans, Alan Turing se montre capable de démontrer par ses seuls moyens l'une des lois les plus ardues de la relativité d'Einstein. En 1929, une passion platonique pour un de ses camarades, surdoué en sciences, cristallise sa vocation. La mort brutale de ce modèle le décide à prendre le relais et place sa vie sous le signe de l'amour des mathématiques théoriques et des garçons.

Résumées à grands traits, les années 1930 de Turing auraient toutes les apparences de la consécration précoce, si elles n'avaient été compliquées, dans le détail, par son caractère difficile et ses comportements déroutants. Rien ne manque : l'entrée au prestigieux King's College de Cambridge et le passage à Princeton, l'université qui a fait basculer le centre de gravité de la recherche fondamentale vers l'Amérique depuis qu'Einstein l'a rejointe. Et la publication, qui justifierait à elle seule la notoriété du scientifique.

La « machine de Turing »

Une machine Enigma, utilisée par l'armée allemande pour crypter ses communications durant la seconde guerre mondiale.
Une machine Enigma, utilisée par l'armée allemande pour crypter ses communications durant la seconde guerre mondiale. Bundesarchiv/Grupp

En 1936, Alan Turing dénoue l'une des questions de logique les plus brûlantes de l'époque, en démontrant que certains problèmes mathématiques ne peuvent être résolus. Pour cela, il postule l'existence théorique d'une machine programmable, capable d'effectuer vite toutes sortes de calculs. Même si elle reste purement abstraite, cette « machine de Turing », passée sous ce nom à la postérité, est un saut crucial vers la fondation de l'informatique. Elle est la première affirmation qu'un appareil peut effectuer toutes sortes de tâches à condition d'être programmé pour cela. Elle porte aussi l'intuition que des mécanismes peuvent se montrer aussi « intelligents » que l'homme, s'ils reproduisent son activité mentale. Cette idée signe l'originalité de la démarche de Turing, capable de lancer des ponts entre les problèmes de logique pure et la réalité physique.

La guerre allait lui offrir l'occasion, unique pour un mathématicien, d'avancer en éclaireur sur ces ponts. A Bletchley Park, le manoir victorien, entre Oxford et Cambridge, qui abrite les services de décryptage du renseignement anglais, Turing s'attaque en 1939 à un jeu de logique et de mécanique qui peut sauver des milliers de vies : construire une machine capable de déterminer chaque jour parmi les 159 milliards de milliards de clés possibles du système de codage Enigma laquelle donnera accès aux messages des Allemands. Pour y parvenir, il bénéficie des percées effectuées par des mathématiciens polonais dans les années 1930. Et, dès 1941, ses inventions, les « bombes Turing », des armoires d'un mètre agitées par un fracas équivalent à celui de milliers d'aiguilles à tricoter, ne mettent que quelques heures à décrypter les communications entre l'état-major allemand et ses sous-marins dans l'Atlantique.

Au centre de ce jeu de stratégie mondial, un homme d'à peine 30 ans, qui traverse parfois la campagne anglaise à vélo, un masque à gaz sur le visage pour se protéger du rhume des foins. A Bletchley Park, personne ne se moque des extravagances d'Alan Turing, de ses gestes saccadés, des mots qui lui restent parfois comme bloqués dans la gorge, de son pantalon qui tient par des bouts de ficelle. « Dans cette sorte d'université secrète rassemblant les meilleurs mathématiciens britanniques, des notions comme la tradition et les usages, le rang, l'âge, les diplômes et autres détails superficiels étaient ignorés : seule importait la faculté de penser », écrit son biographe, Andrew Hodges. Dans le secret de Bletchley Park, le chercheur est protégé des absurdes pesanteurs de l'armée britannique, encore rétive à la révolution du renseignement de masse. Le manque de moyens devient criant ? Il suffit à Turing d'écrire directement à Winston Churchill, qui, lui, a très bien compris l'intérêt de l'entreprise de décryptage, pour débloquer les choses.

Tenu au secret

La fin de la guerre marque le retour aux pesanteurs administratives et aux conventions sociales. Considérant que ses recherches en vue de « la fabrication d'un cerveau » sont entravées, Turing quitte le grand projet d'ordinateur mené près de Londres pour celui d'un autre prototype à Manchester. Toujours entre abstraction et monde physique, ses travaux sur la formation des êtres vivants ne lui attirent que de la commisération. Ces intuitions ont pourtant commencé à être validées par des biologistes ces dernières années. Pour s'expliquer désormais, Alan Turing doit composer avec une autre difficulté que sa gêne relationnelle : le secret militaire l'empêche de faire état de ses découvertes pendant la guerre.

Ce secret lui vaut aussi une attention soupçonneuse des services de renseignement sur sa vie sentimentale. En cette période de guerre froide et de maccarthysme triomphant, les homosexuels sont souvent considérés comme les « maillons faibles », trop facilement manipulables par des agents étrangers, des systèmes de défense occidentaux. La liaison mouvementée qui conduit à son procès ne peut qu'accroître ces craintes. D'autant qu'au silence auquel il est tenu sur son oeuvre de guerre, Turing oppose une franchise absolue sur sa sexualité, qu'il n'a jamais cherché à cacher. Après sa condamnation, cette sincérité se transforme en bravade : deux fois, le détenteur d'innombrables secrets d'Etat voyage hors d'Angleterre pour mener ostensiblement des aventures avec des étrangers. Dernier défi à l'ordre établi avant de croquer sa pomme. Ce fruit empoisonné qui alimente aujourd'hui une jolie légende urbaine qu'aurait aimée l'amateur de contes pour enfants : Apple aurait choisi son logo, représentant une pomme croquée, en hommage, toujours démenti par la firme et son designer, au génie si maltraité de l'informatique.

Lire : « Imitation Game » : Alan Turing, génie tragique


Source : Le Monde - 28/01/2015 - Jérome Fénoglio

31/03/2015
5 Poster un commentaire

ALEXANDRIE : LA CITE DU SAVOIR

 

Recherche des vestiges de l'ancienne cité Alexandrie de son histoire et de celle d' Agnodice (Hagnodikè) l'une des premières femmes en médecine.


De la série Métropolis, Le Berceau de l'Occident(2005)


14/08/2017
0 Poster un commentaire

AMBROISE PARE

ambroise.jpg

Souvent décrit comme le père de la chirurgie moderne, il a effectivement énormément contribué à l’apport médical via la chirurgie en particulier sur le plan traumatologie. Il est aussi célèbre car il n’était pas médecin de formation mais barbier-chirurgien et s’est opposé aux dogmes médicaux de l’époque. C’est une des grandes figures médicales de la fin de la Renaissance.

Biographie

On situe la naissance d’Ambroise Paré vers 1509 ou 1510 au Bourg-Hersent près de Laval en Mayenne. Il est fils d’agriculteur et artisan et eut 2 frères et une soeur.

 

Son éducation est assez sommaire, avec notamment l’exploitation par le chapelain qui devait s’occuper de lui et qui l’utilisa comme domestique au lieu de lui enseigner le grec et le latin. Il exerce de petits travaux et entre comme apprenti chez le barbier du comte de Laval, puis à Angers et Vitré avec son frère lui-aussi barbier-chirurgien. On remarque à cette époque de l’adresse et de l’intelligence dans son travail.

 

En 1529, il entre à l’Hôtel-dieu comme compagnon chirurgien et se forme à la médecine et l’anatomie. Il aurait dit « ce n’est rien de feuilleter les livres, de gazouiller, de caqueter en chaire de la chirurgie, si la main ne met en usage ce que la raison ordonne ».Il devient maître barbier-chirurgien en 1536.

 

Il va participer à la médecine de guerre dès 1537 pendant la huitième guerre d’Italie, à la bataille du Pas de Suse. C’est là qu’il observe les souffrances des blessés du champ de bataille, par la blessure même mais aussi par les remèdes qu’on utilise à l’époque. Après cette campagne il rentre à Paris.

 

En 1543 il assiste au siège de Perpignan, occupée par les Espagnols, et continue d’élaborer des techniques chirurgicales novatrices. Avec le soutien du roi il publie la « Methode de traiter les plaies faites par les arquebuts et autres bastons à feu, et celles qui sont faites par la poudre à canon », puis un traité sur l’accouchement et l’anatomie.

 

Au cours d’autres interventions sur les champs de bataille, il innove dans les traitements des blessures par la ligature des vaisseaux plutôt que la cautérisation. Prisonnier au siège de Hesdin, il doit son salut aux traitements qu’il procure à l’occupant. Progressivement il entre au service du roi de Navarre puis d’Henri II roi de France et sa carrière sera alors toujours liée aux souverains.

 

Essayant d’obtenir une reconnaissance auprès des médecins de l’époque, malgré les oppositions il obtient le titre de docteur en chirurgie avec l’appui du roi en 1554.


Régulièrement employé pour les soins médicaux aux armées, il continue entre deux ses publications. En 1564 « Dix livres de la chirurgie : avec le magasin des instruments nécessaires à icelle » utilise le mot bistouri pour la première fois (écrit bistorie au féminin, dans le texte).

 

En 1559 il prodigue avec Vésale des soins au roi Henri II, victime d’un accident de joute dont il décèdera.

 

On lui prête cette échange avec le roi de France Charles IX : « J’espère bien que tu vas mieux soigner les rois que les pauvres ?
– Non Sire, c’est impossible
– Et pourquoi ?
– Parce que je soigne les pauvres comme des rois »

 

Persécuté comme tous les protestants lors des guerres de religion, il échappe grâce à Charles IX au massacre de la Saint Barthelemy en 1572. Il reste premier chirurgien du roi auprès d’Henri III. Mais de son vivant, hormis cet épisode, ses oeuvres littéraires plus que sa personne furent critiquées.


La phrase « Je le pansai, Dieu le guérit » est en fait une contraction d’une citation un peu plus nuancée. A propos de soins apportés à un officier de la garnison, atteint d’une fracture du crâne, lors du siège de Metz en 1552 « … Il fut trépané à costé du muscle temporal, sur l’os coronal. Je le pensay avec autres Chirurgiens, et Dieu le guarit, et aujourd’hui est encore vivant, Dieu merci ».

 

Il meurt le 20 décembre 1590 à Paris, et reçoit de grandes funérailles à L’Eglise Saint André des Arts. On ignore ce qu’est devenu son corps à la destruction de l’Eglise en 1807.

Apports en médecine et chirurgie

Apport inestimable dans les plaies de guerre, les amputations puisqu’il donne la préférence à la ligature sur la cautérisation et la suppression de l’utilisation de l’huile bouillante. Il permet ainsi des amputations précoces, directement sur le champ de bataille, ce qui sauvera de nombreux blessés.


C’est devant l’afflux de blessés et par manque d’huile bouillante lors de la bataille du Pas de Suse qu’il va appliquer sur les plaies un mélange de sa composition avec du jaune d’oeuf, de l’huile de rosat et de la térébenthine et observera que les résultats ne sont pas plus mauvais et que les blessés ont moins de souffrances qu’avec l’huile bouillante.

 

Il préconise l’extraction précoce du projectile lors des plaies par balles notamment, et le nettoyage soigneux de la plaie avec extraction de toutes les souillures et corps étrangers. Puis l’application d’onguents divers et le pansement de la plaie.


Pour autant père de la chirurgie militaire, il portera un regard désabusé sur la folie des hommes qui perfectionnent sans cesse les armes, qui figurera en introduction aux dernières éditions de son traité des plaies d’arquebuses.


Ses idées malheureusement ne furent pas mis en application tout de suite et les tenants de la théorie de la vénénosité des balles, les partisans de la cautérisation étaient encore nombreux au XVIème voire au début du XVIIème siècle.

 

Dans la continuité des handicaps causés par les amputations, il a inventé un certain nombre de prothèses métalliques articulées. Il fait aussi une des premières observations de cicatrisation de certaines plaies par asticothérapie.


Paré a également amélioré le traitement de la lithiase urinaire (« la pierre ») en empruntant à Pierre Franco. Mais peu de réelles découvertes chirurgicales.


En anatomie, il s’oppose sur quelques descriptions à l’autre grande figure de l’époque qu’est André Vésale.

 

Il est aussi l’auteur d’un assez curieux livre « Des monstres et prodiges « avec beaucoup de descriptions

 

Le fait qu’il ait publié ses livres en français (avec le soutien des rois quand même) par rapport aux publications classiques en latin, a contribué d’une certaine façon au développement du savoir médical.

 

Quelques oeuvres représentant Ambroise Paré :

C’est assez amusant de constater qu’à part la barbe, aucun des Paré représentés ne se ressemble !

 

Ambroise Paré par James Bertrand

 

 

Théobald Chartran : Paré pratiquant la ligature sur un blessé au siège de Metz

 

 

Chartran a aussi représenté René Laënnec auscultant ses patients.

 

Paré et la blessure du roi Henri II

 

gravure portrait d’Ambroise Paré

Références

Wikipedia, Ambroise Paré

Comité d’Histoire du Service de Santé, Histoire de la médecine aux Armées, Tome 1 de l’Antiquité à la Révolution, éditions Lavauzelle

Ambroise Paré and the birth of gentle art surgery

site sur le vieil Hesdin à propos du siège de la ville, avec le récit d’Ambroise Paré

Oeuvres 1585 à consulter en Flash (ne fonctionne pas sur tous mobiles et tablettes)

Les oeuvres complètes disponibles en différentes version sur Gallica

Traité de la peste et de la petite verolle & rougeolle, avec une briesque description de la Lepre

Illustrations en rapport avec Ambroise Paré sur le site de la BIU Santé Paris Descartes

« Main de fer » prothèse

 

« pessaire pour tenir le col de la matrice ouvert, par le bénéfice d’un ressort »

 

et parmi les illustrations sur « Des Monstres et prodiges »

« Des monstres et prodiges », par Ambroise Paré

 


08/12/2015
0 Poster un commentaire

ASSASSINAT D'UN ARCHIDUC A SARAJEVO

Le 28 juin 1914, l'héritier de l'empire austro-hongrois et son épouse sont assassinés à Sarajevo par un terroriste serbe, Gavrilo Princip (19 ans).

Imputé non sans raison à la Serbie par le gouvernement autrichien, l'assassinat de ces personnalités quasi-inconnues, dans une ville des Balkans dont l'immense majorité des Européens ignoraient jusqu'au nom, va servir de prétexte au déclenchement de ce qui deviendra la Première Guerre mondiale.

 
Assassinat de l'archiduc François-Ferdinand et de sa femme Sophie Chotek à Sarajevo (gravure d'époque)

UN ATTENTAT AUX RAMIFICATIONS TROUBLES

Tout commence à Belgrade, capitale de la Serbie, où le chef des services de renseignements, le colonel Dragutin Dimitrievitch (« Apis ») pilote une organisation secrète terroriste, La Main Noire  ), forte de plusieurs milliers de militants, entraînés à la guérilla et aux attentats. Elle prône l'extension de la Serbie à l'ensemble des territoires peuplés de Serbes, en Autriche-Hongrie  en Bulgarie ou dans les résidus européens de l'empire ottoman. 

À l'étranger, elle encourage des mouvements politiques comme Jeune Bosnie, en Bosnie-Herzégovine. Cette ancienne province ottomane majoritairement serbe, dont Sarajevo est la capitale, était devenue un protectorat de Vienne avant d'être formellement annexée par l'Autriche-Hongrie le 5 octobre 1908, au grand mécontentement de la Serbie et des nationalistes serbes.

Jeune Bosnie milite pour le rassemblement de tous les Slaves du Sud (Serbes, Croates, Slovènes...) à l'intérieur d'une Yougoslavie . Son rêve se réalisera à la fin de la Grande Guerre... au prix de plusieurs millions de morts. En attendant, le mouvement s'est fait connaître lorsqu'un de ses membres, Bogdan Zerajic, a tiré sur le gouverneur de Bosnie à l'ouverture du Parlement, le 3 juin 1910. Ayant manqué sa cible, il s'est suicidé sur le champ et sa tombe est devenu un lieu de pèlerinage pour tous les nationalistes serbes.

Gavrilo Princip n'a pas manqué de s'y rendre le 28 juin 1914, peu avant de tuer l'archiduc, car lui aussi appartient à Jeune Bosnie.

Il a projeté avec cinq autres membres du mouvement, dont un Bosniaque musulman, d'assassiner un haut fonctionnaire autrichien. Mais quand ils ont appris au printemps l'arrivée à Sarajevo de l'héritier de l'empire d'Autriche, ils se sont dits qu'il ferait encore mieux l'affaire...

UN VOYAGE OFFICIEL RESSENTI COMME UNE PROVOCATION

 

L'archiduc François-Ferdinand (51 ans) a décidé de visiter la Bosnie-Herzégovine en qualité d'inspecteur général des forces armées. Il participe pendant deux jours à des manœuvres militaires près de la frontière serbe. Puis, le dimanche 28 juin, il est rejoint par sa femme et prévoit d'assister avec elle à une parade à Sarajevo, capitale de la province.

Cette visite officielle, le jour de la fête nationale serbe, anniversaire de la mythique bataille de Kossovo Polié , est comprise comme une provocation par les nationalistes de la région et d'ailleurs. Belgrade ne s'est pas fait faute d'aviser Vienne du risque d'attentat de la part de la Main noire. Malgré cela, la police locale assure seule la sécurité de l'héritier du trône impérial !

À 9h35, le couple princier est accueilli par le général Oskar Potiorek, gouverneur de Bosnie, à la gare de Sarajevo. Le cortège officiel de six voitures se dirige vers l'hôtel de ville. L'atmosphère de la ville est à la liesse, démentant les inquiétudes des officiels. Il est vrai que l'immense majorité des Bosniaques n'a guère à se plaindre de la tutelle autrichienne. Leur sort est beaucoup plus enviable que celui des habitants de la Serbie.

Mais dans un café de la ville se retrouvent les six conspirateurs de Jeune Bosnie, avec pistolets, bombes... et capsules de cyanure pour se suicider dans le cas où ils seraient capturés. Ils se postent en différents endroits sur le trajet que doit emprunter le cortège. 

Le premier n'ose agir quand le cortège passe à sa hauteur. Trente mètres plus loin, sur le quai Appel, une large artère d'où chacun peut jouir du beau panorama montagneux qui entoure la ville, le second n'hésite pas et lance sa bombe. Mais elle rebondit sur la capote de la voiture de l'archiduc et blesse un officier et un garde de la voiture qui suit. Le conspirateur Gabrinovitch est arrêté. Il croque sa capsule de cyanure mais celui-ci étant éventé ne fait pas d'effet. La parade se poursuit comme si de rien n'était.

À l'hôtel de ville, le maire de la ville essuie la colère de l'archiduc. Décision est prise enfin d'interrompre les festivités de bienvenue. L'archiduc et son épouse choisissent de se rendre à l'hôpital pour visiter les blessés mais les chauffeurs ne sont pas informés du changement d'itinéraire... À 11h15, le chauffeur de la voiture de tête, qui transporte le maire adjoint de la ville, reprend le quai Appel. Conformément à ses premières instructions, il tourne brutalement à droite dans la petite rue François-Joseph, près du pont Latin (Latinski Most) sur la rivière Miljacka.  La voiture suivante, qui transporte le couple princier, le suit. Le général Potiorek apostrophe le chauffeur : « Pas par là ! Il faut continuer sur le quai ».

La voiture s'arrête et, comme elle n'a pas de marche arrière, est repoussée sur le quai par les agents. L'un des comploteurs, Princip, qui se trouve opportunément à proximité, perdu dans la foule, y voit une ultime occasion d'agir. Il sort son revolver et tire deux coups... L'archiduc est touché puis sa femme, qui s'était jetée sur lui pour le protéger.

Elle meurt sur le coup tandis que François-Ferdinand décède au bout de dix minutes. Ses derniers mots sont pour sa femme : « Sophie, Sophie, ne meurs pas. Reste en vie pour nos enfants ». C'était leur quatorzième anniversaire de mariage.

 

François-Ferdinand et sa femme Sophie Chotek à Sarajevo, une heure avant l'attentat

LA SITUATION DERAPE

La mort tragique de François Ferdinand de Hasbourg  et de son épouse Sophie Chotek, duchesse de Hohenberg, émeut l'opinion publique occidentale, même si les victimes n'étaient guère connues et encore moins populaires.

Par contre, les nationalistes serbes et même certains Hongrois cachent mal leur jubilation. Les uns et les autres en voulaient à l'archiduc de projeter d'émanciper les Slaves d'Autriche-Hongrie au risque de mettre à bas les privilèges de la noblesse magyare et de ruiner le projet de « Grande Serbie ».

À Belgrade, l'annonce de l'attentat relance les festivités liées à la commémoration de la bataille de Kossovo Polié. À Budapest, on se réjouit tout bas du mauvais sort fait à l'archiduc. Plus loin dans la mer du Nord, le Kaiser Guillaume II apprend la nouvelle de l'attentat alors qu'il est en croisière. Il rentre immédiatement à Berlin. Rien de tel à Paris ou plutôt à Longchamp où le président de la République française assiste au Grand Prix. Il attend la fin des courses pour en étudier les implications. À Vienne, l'empereur François Joseph 1er  ne montre guère plus d'émotion. Il est vrai qu'il appréciait son neveu et son épouse moins que quiconque.

L'archiduc François-Ferdinand est enterré à Vienne en catimini, selon le protocole inhérent à un inspecteur général des forces armées !

 

L'archiduc François-Ferdinand de Habsbourg en 1910
 

Pendant ce temps, la police fait son travail. L'assassin a été arrêté aussitôt après l'attentat et a rejoint en prison son ami Gabrinovitch ainsi que plusieurs suspects.

L'enquête montre très vite que Princip a fomenté son attentat avec six complices. Ces derniers seront exécutés mais lui-même, qui n'a pas atteint l'âge de 20 ans requis pour être exécuté, sera condamné à 20 ans de prison. Il mourra quatre ans plus tard victime de la tuberculose !

arrestation mouvementée d'un suspect (Gavrilo Princip ?) à Sarajevo, après l'assassinat de l'archiduc François-FerdinandEn attendant, dès le 2 juillet 1914, trois membres du groupe assassin ont avoué avoir reçu leurs armes de Serbie avec la complicité de gardes-frontières.

Des indices convergents conduisent les enquêteurs à soupçonner des membres de la police serbe et des services secrets, y compris « Apis », d'avoir participé à l'organisation du complot.

Et l'on est aujourd'hui pratiquement certain que le Premier ministre serbe Nikola Pasic avait eu vent de la préparation d'un attentat contre l'archiduc (*).

Son gouvernement en a même discrètement averti les autorités austro-hongroises mais de façon trop évanescente pour que l'avertissement ait été pris au sérieux. Il a aussi pu donner des instructions pour l'empêcher mais elles sont restées lettre morte, de nombreux gardes-frontières ayant eu partie liée avec la Main Noire.

Il apparaît dès lors raisonnable à la plupart des chancelleries européennes - à l'exclusion notable de Saint-Pétersbourg - que Vienne exerce son droit de suite contre la Serbie et punisse celle-ci pour son implication dans le terrorisme bosniaque. Personne en Europe n'imagine que puisse déraper un conflit local entre le prestigieux empire des Habsbourg et la Serbie archaïque, que l'on qualifierait aujourd'hui, à juste titre, d'« État-voyou ».

Le comte Berchtold, ministre austro-hongrois des Affaires étrangères, est lui-même impatient d'en finir avec l'agitation serbe. Le 4 juillet, sitôt acquises les preuves de l'implication serbe dans l'attentat de Sarajevo, il envoie un émissaire à Berlin solliciter l'appui de l'empereur Allemand Guillaume II

Mais le vieil empereur François-Joseph 1er (84 ans) et le comte Tisza, Premier ministre hongrois, ne veulent à aucun prix de complications. Ils craignent avec quelque raison qu'une intervention contre la Serbie n'entraîne l'intervention du tsar de Russie aux côtés de Belgrade.

La dynastie des Habsbourg a tout à y perdre de même que les Hongrois de l'empire, qui doivent faire face aux revendications des autres minorités : Tchèques, Polonais, Serbes, Italiens, Roumains... Le comte Tisza, soucieux de ses seuls intérêts, veut avant toute chose s'assurer que la Roumanie du roi Carol ne basculera pas du côté des Serbes et des Russes, ce qui pourrait entraîner un soulèvement des Roumains de la province hongroise de Transylvanie !

Pour ces raisons, c'est seulement quatre semaines après l'attentat que Vienne se décidera à envoyer un ultimatum à Belgrade, quand l'émotion sera retombée et que les Russes auront pris activement fait et cause pour les Serbes


27/01/2015
0 Poster un commentaire

ASSIMILATION DES INDIENS D'AMERQIUE DU NORD

Indiens.jpg

 

Pour lire ce fichier cliquez sur le lien ci-dessous

 

Assimilation-des-Indiens-d--Am--rique-du-Nord-.pdf


30/12/2015
0 Poster un commentaire

Aube Templiers 2012 - Reconstitution d'une commanderie en 3D

<>
La reconstitution en 3D d'une commanderie templière est basée sur les découvertes effectuées lors du sondage archéologique de Payns (Aube) en 1998. Les sites aubois de Fresnoy et Avalleur ont servi à la réalisation des bâtiments.

Production : Conseil général de l'Aube

02/08/2012
0 Poster un commentaire